Les silences d’Ogliano dans la première sélection du Prix de La Closerie des Lilas

E8BC54C8-6FC3-48A4-A872-2428D804435D
Le Prix de la Closerie des Lilas qui a pour mission de soutenir et faire connaître une littérature féminine de qualité, fête en 2022  ses 15 ans sous la présidence, cette année, de Laure Adler.

Une première sélection de 6 romans de femmes parus à la rentrée de janvier a été établie par le jury permanent, Anne Nivat et Josyane Savigneau.

Le remarquable et magnifique roman d’Elena Piacentini « Les silences d’Ogliano » publié par Actes Sud est l’un des six romans sélectionnés le 31 janvier dernier par le jury permanent, Anne Nivat et Josyane Savigneau.

Une seconde liste sera rendue publique le mardi 8 mars. Le Prix sera remis le 12 avril 2022.

Précipitez-vous dans « Les silences d’Ogliano ». Entrez vite en littérature !


#2022 : Les calendriers, la nouvelle de Jacques Mondoloni

70FB1F30-C4A3-4AB8-A489-ECEE0E196CD0
Fidèle à sa généreuse et belle habitude, l'écrivain Jacques Mondoloni  offre chaque début d'année une nouvelle en guise de voeux à ses amis.

Pour 2022, il nous livre  "Les calendriers". Merci Jacques.

 

Dans sa voiture il branchait le GPS pour ne pas être seul. Que quelqu’un parle.  Pourtant la voix féminine du guidage lui déplaisait, trop « froide et directrice »,  il aurait préféré la voix des idoles de sa jeunesse cinéphile : Jeanne Moreau ou Lauren Bacall, qui enrobait n’importe quel mot de chaleur intime, de sensualité élémentaire.

Les pirates de la bande du Val Brouette, toujours le nez dans les ruines numériques qu’ils avaient investies à la suite de « l’extinction » de léquipe de maintenance d’ Orange, tous morts du virus,  disaient qu’on pouvait changer la voix, opter par exemple pour une gorge masculine, mais on n’avait pas trouvé le moyen de le faire.

Mais il s’en foutait : c’était une présence, une musique d’ambiance, d’ailleurs il n’écoutait pas les indications, tout était FAUX, parfois même un trajet se faisait entendre dans une langue étrangère inconnue, de la pure poésie. Une fois il avait capté du chinois, et une fois la voix de la femme titulaire lui avait conseillé, de manière incisive, de prendre par la rue Rivoli alors qu’ils étaient à 1000 kms de Paris, dans les basses Alpes, au lieu dit Le Val Brouette.

Un voix féminine au moins n’était pas synonyme de catastrophe, de pandémie –tous ces professeurs qui s’étaient querellés sur les ondes sur la propagation du mal, qui avaient lancé sur les routes les habitants des villes dans un mouvement de panique.

Il avait eu de la veine de s’accrocher à un groupe de jeunes gens, étudiants en informatique pour la plupart, qui savait où se réfugier, et surtout qui avait su prévoir la crise, bourrant une camionnette de ravitaillement et de carburant avant de se diriger vers une fermette à flanc de colline, entourée de moutons, qu’on ne touchait pas en principe : la majorité des garçons et des files du groupe étaient végétariens, pour le moment (une minorité avançait l’idée d’un prochain méchoui).  

Il remonta vers Val brouette  par le chemin caillouteux des bouleaux et gara la voiture devant l’ancienne bergerie. Dans la salle commune qui sentait le fromage, il remarqua Victor devant le poste de télévision, qui ne captait plus les chaînes de la TNT, elles avaient disparu des écrans, mais on avait déniché dans un débarras une cassette vidéo d’une émission de naguère : « Accusé Levez vous ! » Elle était consacrée à l’affaire de l’étrangleur tueur d’enfant qui avait terrorisé plein de parents en ces années là, et Victor, ayant nettoyé le lecteur, s’en repaissait tous les jours, en boucle.

Plus loin dans l’escalier qui montait aux combles, les marches croulant sous les calendriers découverts dans une malle du grenier,  il assista à la dispute habituelle, stimulée par Sylvie, une virago, concernant la recherche de la date : depuis la panne du téléphone,  d’Internet, des objets connectés,  on ne savait plus quel jour on était   c’était l’hiver, par recoupements, encore que la température qui frisait les 20 degrés dans ce coin de France parasitait l’esprit de  déduction. Dans ces conditions pouvait on se souhaiter bonne année ?  Avait-on passé la date ou existait-il une attente à respecter ? Deux clans à ce sujet s’affrontaient, et les plus vociférants, c'est-à-dire partisans d’un réveillon gourmand, affirmaient tous les jours que c’était l’heure   mais on les soupçonnait de vouloir tuer un mouton et la résistance était forte pour contrecarrer ce « crime ».

On recherchait une preuve, un indice, dans les calendriers laissés par l’ancien propriétaire on prononçait le nom des saints correspondant à cette période, de mémoire on essayait de se rappeler les météores propres à cette saison, on étudiait chaque ligne des mois de décembre.

— On est à peine à Noël ! s’emporta Denis qui était une « tête ».

  Je le sens, c’est la St Sylvestre, dit le « viandard «  de la bande. 

La dispute se dissipa quand les filles se jetèrent sur les garçons pour les embrasser. Bonne année, chéri !


#Littérature: Elena Piacentini chez Actes Sud

4F13930E-A77D-48D5-B51E-ED0B0F315BF7
Depuis plus d’une décennie, nous l’affirmons ici : Elena Piacentini, c’est le meilleur du polar francophone, sa plus farouche voix. L’entrée de cette auteure dans la collection « Littérature - Domaine français » des éditions Actes Sud est un événement marquant et réjouissant de ce début d’année.

Avec « Les silences d’Ogliano », Elena Piacentini porte « la lumière d’une liberté possible ».

A l’heure où la rentrée littéraire de l’hiver 2022 pue le houellebeurk , l’œuvre littéraire d’Elena Piacentini qui n’oublie rien d’Antigone et de Sophocle, installe avec force l’été en hiver.

« Dans une époque où l’on est sans cesse sommé de choisir son camp, j’ai voulu rendre compte des nuances d’une humanité qui n’est pas là où on l’attend. Car -souligne Elena Piacentini -  tous, grands et petits, portent le poids de secrets, de renoncements, de silences. »

Un récit rapporté à la première personne. Dans un Sud imaginaire qui saute à la gorge tant il est vrai. Une aventure qui « s’achève sur le seul trésor qui vaille : reprendre possession de ses choix, refuser de se laisser réduire à sa naissance, devenir soi ».

Précipitez-vous dans « Les silences d’Ogliano ». Entrez vite en littérature !


Pour un geste historique, dire « je » par Ugo Pandolfi

FB857C54-CA16-4D02-BB4A-DEBC6B56BC24
Dire « je » quand il s’agit de l’intérêt général, du cours de l’histoire, d’un avenir commun, est dérisoire, inadéquat et certainement vain.

Cependant, comme le naufragé sur une île dont il sait la submersion inévitable, prétendre à l’espoir oblige à écrire le message que l’on jette à la mer.

Le mien est simple, légitime, sans arrière pensée, sans naïveté : je demande à Anne Hidalgo, Yannick Jadot et Jean-Luc Mélenchon d’assumer un geste historique, de saisir la chance d’une primaire populaire, de rendre possible une candidature gagnante, écologique, démocratique et sociale à la Présidentielle 2022.

En novembre 2020, comme plus de 262 000 personnes à ce jour, j’ai apporté mon soutien à la candidature de Jean-Luc Mélenchon pour une union populaire sur la base du programme L’Avenir en commun.

Aujourd’hui, comme plus de 213 000 personnes à ce jour, je soutiens l’appel de l’association « 2022 ou jamais » pour désigner le ou la candidate à la présidentielle capable de rassembler pour faire gagner l’écologie, la démocratie et la justice sociale sur la base d’un socle commun.

Parce qu’il y va de nous, il y a urgence à dire « je » . De tutoyer Jean-Luc Mélenchon, Yannick Jadot, Anne Hidalgo. De faire entendre l’exigence qui est notre à présent.

« Ne laisse pas mourir nos rêves » chante Joséphine Baker.


#ebook : La traduction italienne de Sherlock Holmes en Corse en exclusivité sur Kindle

2B77CF5F-59B7-43C6-A993-ED13D73031B0
Traduit par Vittoria et Bruno Bonis, le journal de l’ingénieur géologue Ugo Pandolfi (1852-1927), texte de « La Vendetta de Sherlock Holmes »  que les éditions Albiana ont publié en  2010 avec les illustrations du dessinateur Jean-Pierre Cagnat,  est désormais disponible en version digitale en exclusivité au format Kindle via Amazon.

« Se Holmes non fosse esistito neppure io sarei esistito: forse ha gettato soltanto un po’ di luce sulla parte più seria della mia vita. »

Cette édition  au format e book n’est pas parfaite : elle n’intègre pas, hélas, les illustrations de Jean-Pierre Cagnat et  déroge parfois à des règles typographiques élémentaires (mon cher Watson).

Elle a le mérite cependant d’offrir enfin aux nombreux holmésiens de langue italienne un texte non canonique qui bouleverse toute l’holmésologie connue à ce jour.

Et la découverte passe par le Kindle Store.


Okuba Kentaro : des lumières décalées sur le monde insulaire

D1B9481E-68C7-46D4-9488-F13FBC86A01F

Publié par les éditions La Trace,  le dernier opus d’Okuba Kentaro, Shima, est un superbe petit ouvrage de 140 pages qui tentent un pont entre Corse et Japon. Des textes lumineux, une vision décalée, pour les curieux des mondes insulaires.

Les îles ne sont pas des amies, mais des sœurs. Ce qui leur permet de se déchirer, de s’opposer, de s’ignorer, tout en restant proches. Leur aspect est différent, mais elles vivent les mêmes histoires, elles voient le monde de la même façon.

A découvrir au plus vite.

Pour en savoir plus sur Okuba Kentaro, consulter sans modération ce qu’en dévoile le très riche blog Isularama.


Piqûre de rappel en Corse contre la voyoucratie

F50072DE-F314-4B70-B828-385B0F2D4535
Deux ans après sa création et fort des soutiens qu’il rassemble, le collectif « Maffia Nò A  Vita Iė » a choisi le 1 octobre de rappeler son triple message : il s’adresse à l’Etat, aux élus et aux citoyens.

C’est devant le siège de l’assemblée de Corse à Ajaccio que Dominique Bianconi, présidente du collectif, a lu un appel solennel exhortant le pouvoir régalien et les élus insulaires à sortir des dénis.

A lire, à entendre, à partager.


La liberté dans le premier volume du magazine QUÌ

651276CD-9F20-4431-B4E3-DF0E0FB6E124
Édité par l’agence ajaccienne Totem, le premier volume de Quì Magazine ouvre ses 160 pages sur les chemins de la liberté et livre un long entretien avec Frédéric Lenoir.

Ce riche et passionnant premier volume de ce quadrimestriel est l’œuvre de huit contributrices: huit femmes dont les écritures éclairantes sont à découvrir.

Parmi ces auteures, Vanessa Codaccioni inscrit au sommaire de ce premier volume deux travaux hautement sensibles : un dossier sur le marché de la suspicion et la surveillance de masse et une réflexion sur la délation comme outil de la société de vigilance.

A lire sur les chemins de la liberté. Il y a urgence !


BD à Bastia : au coeur de la ville

A6F62302-5165-4425-A33A-81706B989993
Une trentaine d’auteur(e)s, une belle douzaine d’expositions/spectacles, des ateliers et des rencontres,  l’édition 2021 des Rencontres de la Bande-Dessinée et de l’Illustration – BD à Bastia s’éclate dans la ville du 16 au 19 septembre dans quatre lieux différents.

Pour tout savoir et ne rien perdre de la 28 ème édition de cette belle, grande et dynamique manifestation culturelle, consulter vite le site du centre culturel Una Volta.

Plonger au plus vite dans l’affiche de Gaëtan Dorémus s’impose. Toute affaire cessante ! 


#Céline : lire à rebours n’est pas inutile


18037168-67B7-4048-A05A-9089E6F56215

Le feuilleton des trésors manuscrits de Louis-Ferdinand Cèline retrouvés plus de 75 ans après leur vol  en 1944 ne va pas cesser d’alimenter l’actualité littéraire. 
Révélé par l’enquête du journaliste Jérôme Dupuis parue dans Le Monde le 4 août dernier, ce véritable polar dont les pistes passent  aussi par la Corse, n’a en effet pas fini de surprendre et de poser questions.

En attendant de pouvoir découvrir avec des textes inédits  tous les compléments de l’œuvre de  Louis-Ferdinand Céline, il n’est pas inutile de lire ou de relire comme à rebours  le travail sur Céline  de Hanns-Erich Kaminski : il livra en 1938 la première analyse lucide de celui qui "voulait être le plus nazi des collaborateurs".

« Céline en chemise brune » est disponible dans la collection 1001 nuits des éditions Fayard.