L’écrivain Jean-Pierre Santini enfin libéré sous contrôle judiciaire

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Era ora ! L’operata pè Santini, engagée par ses amis artistes et gens de lettres dès son incarcération, peut enfin se terminer.

La cour d’appel de Paris qui avait confirmé, le 23 octobre, le placement en détention de Jean-Pierre Santini, a infirmé, le 9 décembre, le rejet, par les juges en novembre, de sa première demande de mise en liberté.

L'écrivain et éditeur, incarcéré à la prison de Fresnes (Val-de-Marne) depuis le 10 octobre 2020 est donc désormais en liberté sous contrôle judiciaire depuis ce jeudi 10 dècembre.

«C'est évidemment l'issue espérée pour cet homme de 76 ans qui n'a jamais été condamné», a réagi -selon l’AFP- Me Raphaëlle Rischmann, son avocate, «tant au regard des éléments du dossier que des critères pouvant justifier un placement en détention provisoire».

61 jours de détention préventive

La Justice avec cette dernière décision de la cour d’appel de Paris affirme ainsi cette évidence que nous n’avons jamais cessé de faire entendre depuis le 12 octobre dernier: Rien ne justifie le maintien en détention de l’écrivain Jean-Pierre Santini.

Soixante et un jours de prison, pour en arriver là ?

Les défenseurs de la doxa sont-ils si fragiles ?

En France, les murs qui les protègent ont-ils besoin d’enfermer un homme -fut-il un idéologue- deux mois durant ? 

Voilà une question qu’elle est bonne !

Les membres du collectif qui s’était constitué pour soutenir Jean-Pierre Santini remercient tous les policiers de la pensée de nous la poser, en permanence et au quotidien.


Les motifs de 70 maires de Corse pour la libération d’un écrivain

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Occulté par les médias, le soutien des maires de l’île de Corse pour la libération sous contrôle judiciaire de l’écrivain Jean-Pierre Santini va s’amplifiant : il est passé en un mois de 20 à 70 communes.

L’appel aux 359 maires de l’île, lancé , le 2 novembre dernier, au nom du collectif Operata pè Santini par le poète Norbert Paganelli, ne cesse de prendre de l’ampleur. Il a été entendu à ce jour dans soixante et dix communes.

Les premiers magistrats de soixante et dix communes de Corse demandent en effet la libération sous contrôle judiciaire de l’écrivain-éditeur Jean-Pierre Santini, 77 ans, en détention préventive à Fresnes depuis le 10 octobre dernier.

Les « considérants » des maires de Corse

« Considérant qu’il n’existe pas en France de délit d’opinion et que les opinions de Jean-Pierre Santini ne sont pas obligatoirement les nôtres,
Considérant que des faits établis sont reprochés à cette homme, il appartient à un tribunal de le juger et de le condamner après avoir entendu sa défense,
Considérant que, pour cela, il n’est nul besoin de le priver de sa liberté en l’attente d’un procès équitable,
Considérant que si ces faits ne sont pas encore établis, il est permis de douter sérieusement de leur matérialité,
Considérant enfin qu’une justice digne de ce nom ne saurait pratiquer l’acharnement répressif envers une personne âgée de 77 ans, souffrant de diverses pathologies et ayant poursuivi une grève de la faim de trois semaines,
Par ces motifs, demandons la mise en liberté immédiate sous contrôle judiciaire de l’écrivain et éditeur Jean Pierre Santini. »

L’operata pè Santini se poursuit  et les médias l’occultent

Dans une indifférence médiatique tant régionale que nationale qui ne manque pas de faire s’interroger nombre de citoyens, en Corse autant que sur le continent, la montée en puissance des divers soutiens à l’écrivain-éditeur emprisonné se poursuit: « On continue » souligne le poète Norbert Paganelli avec le collectif Operata pè Santini.  « Merci à toutes celles et ceux qui sont directement intervenus auprès des maires pour obtenir leur soutien. »

Sur la page FB du groupe de soutien à Jean-Pierre Santini, ce 5 décembre, Norbert Paganelli appelle a poursuivre  

« Si vous pensez que certains maires peuvent encore être convaincus, contactez les directement et faites moi connaître leur réponse. Il est possible que certains se décident. »

« De mon côté - conclut Norbert Paganelli- j'ai épuisé toutes les possibilités car certaines mairies ont été contactées deux, voire trois fois par plusieurs canaux. Je vais adresser cette liste aux parlementaires afin qu'ils "fassent aussi pression" de leur côté. Tout doit être tenté. »

La lente mais indéniable progression des soutiens accordés par les premiers magistrats des communes d’une île et leurs considérants seront-ils un signal assez fort pour réveiller la curiosité des rédactions et permettre aux journalistes d’exercer leur métier ?  


Soixante maires de Corse demandent la libération de l’écrivain Jean-Pierre Santini

8C292E46-8AB6-4045-AE56-A5099E2C775AL’appel aux 359 maires de l’île, lancé , le 2 novembre dernier, au nom du collectif Operata pè Santini par le poète Norbert Paganelli, ne cesse de prendre de l’ampleur. Il a été entendu à ce jour dans soixante communes.

Les premiers magistrats de soixante communes de Corse demandent en effet la libération sous contrôle judiciaire de l’écrivain-éditeur Jean-Pierre Santini, 77 ans, en détention préventive à Fresnes depuis le 10 octobre dernier.

La liste des 60 maires signataires à la date du 2 décembre 2020

Jean Alfonsi (Serra di Ferro), Jean-Christophe Angelini (Porto-Vecchio), Paul Antona (Frasseto), Fabien Arrighi (Noceta),Dominique Baccarelli (Barrettali), Jean-Marie Balesi (San Gavino di Carbini), Pierre-François Bellini (Carbuccia), Jean Biancucci (Cuttoli-Corticchiatto), Mireille Boncompagni(Olmeta di Capocorso), Mathieu Ceccaldi (Marignana),

Maurice Chiaramonti (Poggio-Mezzana), François Chiarasini(Tavera), Barthelemy Colombani (Costa), Fortuné Felicelli(Olmo), Ange Fraticelli (Aleria), Francis Giudicci(Ghisonaccia), Jean Giuseppi (Figari), Jean-Paul Guerrieri(Palasca), Christophe Graziani (Bigorno), Paul Innocenzi(Casalta),

Alexandre de Lanfranchi (Levie), Jean-Yves Leandri (Granace),Francis Marcantei (Talasani), Etienne Marchetti (Barbaggio), Pierre Martini (Sampolo), Jean François Mattei (Monte), Alain Mazzoni (Lento), Jean-Toussaint Morganti (Ogliastro), José-Pierre Mozziconacci (Olmeto), Séverin Medori (Linguizzetta),

Vincent Micheletti (Casalabriva), Jean-Luc Millo (Olivese),Lionel Mortini (Belgodère), Marc-Antoine Nicolai (Cervione),François Orlandi (Tomino), Stéphane Orsoni (Occhiatana), Jean-Charles Orsucci (Bonifacio), Antoine Ottavi(Bastelicaccia), Gisèle Pan-Colonna (Osani), Jean-François Paoli (Pianello),

Julien Paolini (Pietroso), Pierre-Jean Poggiale (Valle di Mezzana), Pierre Poli (Eccica-Suarella), Jean-Noël Profizi(Serra di Fiumorbo), Joseph Pucci (Viggianello), André Rocchi(Prunelli di Fiumorbu), Jean-Marc Rodriguez (Poggio-di-Venaco), Jean-Baptiste Santelli (Pietra di Verde), Anne-Laure Santucci (Luri), Alexandre Sarrola (Sarrola-Carcopina),

José Sauli (Pietralba), Pierre Savelli (Bastia), Jean-Michel Simonetti (Canari), François Sorenti (Sainte Lucie de Mercurio), Jean Toma (Sari Solenzara), Marthe Tomi (Tasso),Bernard Vannucci (Pietraserena), Jean-Marie Vecchioni(Campile), Simon Venturini (Alzi), Antoine-Martin Versini (Cristinacce)

L’operata pè Santini se poursuit  et les médias l’occultent

Dans une indifférence médiatique tant régionale que nationale qui ne manque pas de faire s’interroger nombre de citoyens, en Corse autant que sur le continent, la montée en puissance des divers soutiens à l’écrivain-éditeur emprisonné se poursuit: « On continue » souligne le poète Norbert Paganelli avec le collectif Operata pè Santini.  « Merci à toutes celles et ceux qui sont directement intervenus auprès des maires pour obtenir leur soutien. »

La lente mais indéniable progression des soutiens accordés par les premiers magistrats des communes d’une île et leurs considérants seront-ils un signal assez fort pour réveiller la curiosité des rédactions et permettre aux journalistes d’exercer leur métier ? 


Cinquante maires de Corse soutiennent l’operata pè Santini

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L’appel aux 359 maires de l’île, lancé , le 2 novembre dernier, au nom du collectif Operata pè Santini par le poète Norbert Paganelli, a pris de l’ampleur. Il a été entendu à ce jour dans cinquante communes.

Les premiers magistrats de cinquante communes de Corse demandent en effet la libération sous contrôle judiciaire de l’écrivain-éditeur Jean-Pierre Santini, 77 ans, en détention préventive à Fresnes depuis le 10 octobre dernier.

La liste des 50 maires signataires à la date du 29 novembre

Jean-Christophe Angelini (Porto-Vecchio), Paul Antona(Frasseto), Dominique Baccarelli (Barrettali), Pierre-François Bellini (Carbuccia), Jean Biancucci (Cuttoli-Corticchiatto), Mireille Boncompagni (Olmeta di Capocorso), Mathieu Ceccaldi (Marignana), Maurice Chiaramonti (Poggio-Mezzana), Barthelemy Colombani (Costa), Fortuné Felicelli(Olmo),

Jean Giuseppi (Figari), Jean-Paul Guerrieri (Palasca),Christophe Graziani (Bigorno), Paul Innocenzi (Casalta), Jean-Yves Leandri (Granace), Francis Marcantei (Talasani), Etienne Marchetti (Barbaggio), Pierre Martini (Sampolo), Jean François Mattei (Monte), Alain Mazzoni (Lento),

Jean-Toussaint Morganti (Ogliastro), José-Pierre Mozziconacci(Olmeto), Séverin Medori (Linguizzetta), Vincent Micheletti(Casalabriva), Jean-Luc Millo (Olivese), Lionel Mortini(Belgodère), Marc-Antoine Nicolai (Cervione), François Orlandi(Tomino), Stéphane Orsoni (Occhiatana), Jean-Charles Orsucci(Bonifacio),

Antoine Ottavi (Bastelicaccia), Gisèle Pan-Colonna (Osani), Jean-François Paoli (Pianello), Julien Paolini (Pietroso), Pierre-Jean Poggiale (Valle di Mezzana), Pierre Poli (Eccica-Suarella),Jean-Noël Profizi (Serra di Fiumorbu), Joseph Pucci (Viggianello), Jean-Marc Rodriguez (Poggio-di-Venaco), Jean-Baptiste Santelli (Pietra di Verde),

Anne-Laure Santucci (Luri), Alexandre Sarrola (Sarrola-Carcopina), Pierre Savelli (Bastia), Jean-Michel Simonetti(Canari), François Sorenti (Sainte Lucie de Mercurio), Jean Toma (Sari Solenzara), Bernard Vannucci (Pietraserena), Jean-Marie Vecchioni (Campile), Simon Venturini (Alzi), Antoine-Martin Versini (Cristinacce).


Quarante maires de Corse demandent la libération de Jean-Pierre Santini

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L’appel aux 359 maires de l’île, lancé , le 2 novembre dernier, au nom du collectif Operata pè Santini par le poète Norbert Paganelli, prend de l’ampleur. Il a été entendu à ce jour dans quarante communes.

Les premiers magistrats de quarante communes de Corse demandent en effet la libération sous contrôle judiciaire de l’écrivain-éditeur Jean-Pierre Santini, 77 ans, en détention préventive à Fresnes depuis le 10 octobre dernier.

La liste des 40 maires signataires à la date du 19 novembre

Jean-Christophe Angelini (Porto-Vecchio), Dominique Baccarelli (Barrettali), Pierre-François Bellini (Carbuccia),Jean Biancucci (Cuttoli-Corticchiatto), Mireille Boncompagni (Olmeta di Capocorso),

Mathieu Ceccaldi (Marignana), Maurice Chiaramonti (Poggio-Mezzana), Barthelemy Colombani (Costa),

Fortuné Felicelli (Olmo), Jean-Paul Guerrieri (Palasca),

 Christophe Graziani (Bigorno), Paul Innocenzi (Casalta), Francis Marcantei (Talasani),

Etienne Marchetti (Barbaggio), Pierre Martini (Sampolo), Jean François Mattei (Monte),Alain Mazzoni (Lento),Jean-Toussaint Morganti (Ogliastro), José-Pierre Mozziconacci(Olmeto), Sébastien Medori (Linguizzetta),

 Vincent Micheletti (Casalabriva), Stéphane Orsoni (Occhiatana), Jean-Charles Orsucci(Bonifacio), Antoine Ottavi(Bastelicaccia), Gisèle Pan-Colonna (Osani), Julien Paolini(Pietroso), Philippe Pescetti (Cervione), Pierre-Jean Poggiale (Valle di Mezzana), Jean-Noël Profizi (Serra di Fiumorbu), Joseph Pucci (Viggianello),

 Jean-Marc Rodriguez (Poggio-di-Venaco), Jean-Baptiste Santelli (Pietra di Verde), Anne-Laure Santucci (Luri),Alexandre Sarrola (Sarrola-Carcopina), Pierre Savelli (Bastia), Jean-Michel Simonetti (Canari),

Jean Toma (Sari Solenzara), Bernard Vannucci (Pietraserena), Simon Venturini (Alzi),  Antoine-Martin Versini (Cristinacce).

De nouvelles signatures sont attendues par le collectif Operata pè Santini qui demande à chacun(e) de solliciter les élus de sa commune.


Des maires de Corse pour la mise en liberté sous contrôle judiciaire de Jean Pierre Santini

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Les premiers magistrats de trente communes de Corse viennent de soutenir l’appel pour la libération sous contrôle judiciaire de l’écrivain-éditeur Jean-Pierre Santini en détention préventive à Fresnes depuis le 10 octobre dernier.

Dans une lettre sollicitant les 350 maires de l’île au nom du collectif Operata pè Santini, le poète Norbert Paganelli s’adressait ainsi, le 2 novembre dernier, aux élus communaux:

« Nous ne partageons pas obligatoirement les idées politiques de Jean Pierre Santini, si des faits répréhensibles sont établis, il est normal qu’il soit jugé.

Par contre, il est, aujourd’hui, toujours présumé innocent c’est pourquoi il nous semble disproportionné de le maintenir entre quatre murs alors qu’il pourrait bénéficier d’une liberté sous contrôle judiciaire.

Tout récemment, les parlementaires insulaires, toutes tendances confondues, ont pris position en faveur d’une telle mesure.

C’est pourquoi, en tant que membre du comité soutien, je vous sollicite afin d’obtenir votre accord pour que votre nom soit mentionné dans la présente déclaration qui sera publiée dans la presse. »

Rendant publique la liste des vingt premiers signataires ce 12 novembre, Norbert Paganelli renouvelle son appel et souligne le rôle que chacun peut jouer afin que celui-ci soit entendu:  « Tous les maires ont reçu le même courrier. Si vous estimez que votre édile se doit de signer: intervenez directement auprès de lui ! Merci à toutes et à tous. »

Au lendemain même de ce nouvel appel, les maires de cinq communes ont rejoint la liste des premiers signataires.

Il s’agit des maires de Sarrola-Carcopino, de Serra di Fiumorbu, de Valle di Mezzana, d’U Petrosu et de Bonifacio.

D’autres maires sont actuellement en train d’apporter leur soutien à cet appel.

La liste des premiers signataires

Dominique Baccarelli (Barrettali),

Pierre-François Bellini (Carbuccia),

Jean Biancucci (Cuttoli-Corticchiatto),

Mathieu Ceccaldi (Marignana),

Christophe Graziani (Bigorno),

Paul  Innocenzi (Casalta),

Etienne Marchetti (Barbaggio),

Pierre Martini (Sampolo)

Jean François Mattei (Monte),  

Vincent Micheletti (Casalabriva),

Jean Toussaint Morganti (Ogliastro),

José Pierre Mozziconacci (Olmeto),

Antoine Ottavi (Bastellicaccia),

Gisèle Pan-Colonna (Osani),

Joseph Pucci  (Viggianello),

Anne-Laure Santucci (Luri),

Pierre Savelli (Bastia),

Jean Toma, (Sari Solenzara),

Simon Venturini (Alzi),

Antoine Martin Versini (Christinacce),


Pour Jean-Pierre Santini, des écrivains renseignent les journalistes

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Dans le document de trois pages que le collectif Operata pè Santini vient d’adresser ce 4 novembre aux principales rédactions de la presse nationale, les auteurs et artistes qui protestent contre le maintien en détention de l’écrivain, s’efforcent de livrer aux journalistes quelques clés et précisions essentielles au traitement de cette affaire.

Secret de l’instruction oblige: on en sait peu

Sur les faits d’abord qui valent à Jean-Pierre Santini, écrivain-éditeur, âgé de 77 ans, d’être mis en examen pour «association de malfaiteurs terroristes correctionnelle». 

• Bastia, nuit du 13 au 14 juillet 2020, un groupe armé tire sur le mur de la gendarmerie de Montesoro. Les faits sont tellement anodins qu’il faudra attendre le lendemain et leur revendication par le groupe clandestin se réclamant du FLNC pour que les gendarmes s’en aperçoivent.


• 14 juillet 2020, rassemblement public de militants nationalistes corses, organisé par JP Santini, comme chaque année à la même date. Au cours de cette réunion/débat, un groupe d’hommes cagoulés et armés fait irruption pour revendiquer le mitraillage de la gendarmerie la veille, et disparaît.


• 6 octobre 2020, la brigade anti-terroriste interpelle à l’aube, à leur domicile, Jean-Pierre Santini et 11 autres militants. Emmenés à Ajaccio jusqu’au 8 octobre, ils seront tous déférés à Paris (menottés dans le dos et masque sur les yeux pendant environ 7 heures) et incarcérés le 10 octobre dans différentes prisons. Pour Jean-Pierre Santini, ce sera Fresnes.


• 8 d’entre eux ont depuis été libérés sous contrôle judiciaire. 4 sont encore emprisonnés dont JP Santini, 77 ans et en grève de la faim du 6 au 31 octobre.


• Présenté au Juge des Libertés, sa mise en liberté sous contrôle judiciaire lui a été refusée malgré son état de santé précaire, son âge et l’absence de flagrance des faits.

Cafards, COVID et fouilles à nu

Sur les conditions de détention ensuite. Le collectif Operata pè Santini en précise le caractère indigne et livre aux médias des détails.

• Ses conditions de détention, comme celles des 11 autres prisonniers (pas de chauffage ni d’eau chaude dans les cellules, mais des cafards, et depuis le confinement, impossible d’apporter du linge propre de l’extérieur) sont indignes d’un Etat démocratique et outre les conditions sanitaires déplorables, le placement en isolement à 1200 km de chez lui, l’absence de toute information venant de l’extérieur (courrier des ses petites-filles rejeté), les fouilles à nu humiliantes lorsqu’il est présenté au Juge des Libertés (3 fouilles le même jour...) il subit une détention préventive illimitée dans les pires conditions.
Comprenez bien que c’est sur cette détention arbitraire effrayante, qui dépasse largement les limites d’une préventive, malgré l’âge, les pathologies et la grève de la faim de JP Santini, que nous nous élevons.

Le portrait d’un homme libre

Rappelant la dizaine actions engagées et les nombreux soutiens recueillis depuis le début de l’affaire Santini, le document adressé aux médias livre enfin et surtout un portrait de l’homme: « un homme libre » souligne son collectif de soutiens.

Jean-Pierre Santini, 77 ans, très affecté et affaibli par ses 25 jours de grève de la faim « a su se créer un espace de liberté du fond de sa cellule. Et il écrit», nous annonçait sa fille il y a quelques jours.

Accompagné d’un portrait de Jean-Pierre Santini réalisé par le photographe Guidu Antonietti di Cinarca, le document adressé par courriels à la presse française ainsi qu’à quelques grands médias étrangers francophones offre une riche et belle bio-bibliographie qui n’oublie rien de cet homme aujourd’hui maintenu en détention:

Pupille de la nation. – Jean-Pierre Santini est né en 1944, peu après le décès de son père, mort pour la France dans les combats préparant le débarquement de Provence.


Instituteur. – Jean-Pierre Santini endosse l’habit et l’idéal émancipateur des « hussards noirs de la République », comme disait Péguy.


Militant de la première heure. – Jean-Pierre exerce en Seine-Saint-Denis, et s’implique dans les cercles de réflexion réunissant à Paris des jeunes intellectuels vibrant à l’unisson du Riacquistu et du renouveau politique insulaire porté par le mouvement « régionaliste ».


Militant engagé. – La surdité de l’Etat entraine la radicalisation progressive du régionalisme. L’hostilité gouvernementale culmine dans la réponse apportée lors des événements d’Aleria. Jean-Pierre Santini participe à la fondation du FLNC et en alimente les débats internes, notamment par des notes exposant par écrit ses analyses politiques.


Militant critique. – Jean-Pierre Santini s’élève contre les dérives du mouvement clandestin et les luttes fratricides qu’elles entrainent.


Ecrivain. – Jean-Pierre Santini, agissant désormais à visage découvert, traduit cette désagrégation des utopies fondatrices, notamment dans trois romans noirs, aux limites de la dystopie : Corsica clandestina, Isula blues et Nimu. Aujourd’hui, sa bibliographie comporte plus de 30 titres dispersés sur plusieurs catalogues. Tous reflètent le même mélange de sensibilité poétique, de puissance narrative et de lucidité politique. Les trois piliers du désespoir, auquel on n’échappe qu’en y glissant une pointe d’humour. Glissement ordinaire du dérisoire à la dérision.


Editeur et militant culturel. – Jean-Pierre Santini fonde les éditions À Fior di Carta et, en une décennie, publie 175 ouvrages de 62 auteurs. Son catalogue éclectique est ouvert à toutes sortes de sensibilités, notamment poétiques, stylistiques et linguistiques.


Homme de lettres. – Jean-Pierre Santini vit retiré, depuis des décennies, dans un village exsangue perché dans les hauteurs du Cap-Corse. Nid d’aigle, tour d’ivoire ou « Exil en soi » ? C’est bien en lui, au bout de sa plume et sur la feuille blanche que se trouve l’espace de liberté qui a transcendé tous les embrigadements, et qui transcendera tous les embastillements... C’est cette liberté qui, aujourd’hui, transforme une détention provisoire en détention dérisoire. Dans « L’arme de mots », il y a en effet plus fort que crier à l’injustice : sourire à l’ineptie.

Dénonçant ainsi un « déni de justice, les membres du collectif Operata pè Santini se tiennent à la disposition de tous les journalistes et indiquent les courriels et téléphones permettant de prendre contact. Le document se termine ainsi: « vous remercions d’ores et déjà, de votre intérêt actif pour la protection des Droits de l’Homme dans notre pays ».

NDLR :Le texte intégral du document adressé aux médias est téléchargeable à  partir du lien ci-dessous:

Téléchargement LIBERER SANTINI communiqué


Jean-Pierre Santini se réalimente, le combat pour sa libération se poursuit

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En grève de la faim depuis son arrestation le 6 octobre dernier, l’écrivain Jean-Pierre Santini, détenu à Fresnes, a décidé de se réalimenter afin de « continuer le combat en préservant ses facultés physiques et intellectuelles ».

C’est Marie Santini, la fille de l’écrivain, qui a livré cette encourageante nouvelle sur le réseau social FB ce 31 octobre:

« Comme vous le savez, mon père a entamé une grève de la faim au matin du 6 octobre, jour de son interpellation au village.
Cette grève de la faim est pour lui un acte politique et une réaction profonde au traitement qu’il subit et qu’il vit comme une atteinte à tout ce qu’a été sa vie jusqu’à présent et à son idéal militant.
Cependant, pour la défense de ses convictions et par respect à l’égard de ceux qui le soutiennent, il a décidé de continuer le combat en préservant ses facultés physiques et intellectuelles.
Symboliquement, il interrompt donc aujourd'hui sa grève de la faim, à la veille des jours où l’on célèbre les disparus.
Il est toujours en détention provisoire à la prison de Fresnes, dans des conditions très difficiles et avec une santé précaire.
Malgré son affaiblissement physique, il reste vif intellectuellement et fort mentalement.
Les parloirs sont l’occasion de lui transmettre les nombreux soutiens et témoignages d’estime et d’amitié qu’il reçoit. Il en est très touché et il vous remercie de tout cœur.
Du fait du contexte sanitaire actuel, nous restons très inquiets pour lui et pour sa santé. Nous continuons à faire tout notre possible pour qu’il sorte de prison au plus vite. »

Le combat continue

Au grand soulagement de tous les amis et soutiens de l’écrivain, cette étape franchie donne de nouvelles forces à l’operata pè Santini pour la libération sous contrôle judiciaire de l’écrivain.

Après l’appel de la section corse de la Ligue des Droits de l’Homme, sept parlementaires, « soucieux d’éviter un drame humain », ont alerté le Ministre de la Justice.

Dans l’île, le collectif Operata pè Santini est actuellement en train adresser une lettre ouverte aux 359 maires de Corse.

Nous ne partageons pas obligatoirement les idées politiques de Jean Pierre Santini, si des faits répréhensibles sont établis, il est normal qu’il soit jugé.

Par contre, il est, aujourd’hui, toujours présumé innocent c’est pourquoi il nous semble disproportionné de le maintenir entre quatre murs alors qu’il pourrait bénéficier d’une liberté sous contrôle judiciaire.

Tout récemment, les parlementaires insulaires, toutes tendances confondues, ont pris position en faveur d’une telle mesure.

C’est pourquoi, en tant que membre du comité soutien, je vous sollicite afin d’obtenir votre accord pour que votre nom soit mentionné dans la présente déclaration qui sera publiée dans la presse.

Un Décameron 2.0. pour Santini

Pour sa part, la maison d’éditions Albiana, éditeur en Méditerranée, a lancé ce 30 octobre un appel aux écritures pour Santini :

« nous proposons à tous les auteurs déjà publiés ou non, à tous les lecteurs qui eurent à lire ses textes, à tous ceux qui aiment les poètes libres, les écrivains à leur tables de travail, les éditeurs à leur tâche, d'écrire à Jean-Pierre Santini, d'écrire pour Jean-Pierre Santini. Des lettres, des poèmes, des nouvelles, des récits, des hommages... À vos claviers !

Faisons taire le silence ! Combattons avec nos armes l'impuissance dans laquelle l'arbitraire nous plonge... "Défendons l'homme, toujours !", aurait clamé le plus célèbre des avocats corses.

À ceux qui ne se sentent pas de le faire, par pudeur, par gêne ou par manque d'inspiration, nous demandons de relayer simplement ce message.

Nous recevrons dès aujourd'hui tout ce que vous voudrez nous envoyer à cette fin, pour une mise en ligne dès les prochains jours. »

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Entendre : Le témoignage de Laurent Santini, fils de l’écrivain

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Enregistré à Bastia le 28 octobre dernier lors de la conférence de presse tenue par la section corse de la Ligue des Droits de l’Homme, ce témoignage du fils de Jean-Pierre Santini est le seul document sur l’état de santé et les conditions de détention  de l’écrivain, détenu à Fresnes et en grève de la faim depuis plus de trois semaines.

Ce document est disponible à partir de You Tube à cette adresse: https://youtu.be/sCrCs1gASP8 

Partagez ce témoignage, faites le entendre, écouter-voir.

L’urgence absolue interdit le silence et il appartient à chacun(e) de faire son « travail d’Homme ».

 


Le cri des auteur(e)s, des artistes et des écrivain(e)s pour Jean-Pierre Santini

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Déclaration du collectif Operata pè Santini lors de la conférence de presse tenue ce 28 octobre avec la section corse de la Ligue des Droits de l’Homme.

Ce 28 octobre, a la fin de la troisième semaine de la grève de la faim engagée par l’écrivain Jean Pierre Santini depuis le jour de son arrestation le 6 octobre dernier, ce que nous avons à vous dire, haut, fort et clair, est bref, très bref et très simple, comme le sont les messages de détresse.
 
Pour Jean Pierre Santini il y a urgence.Et cette urgence est vitale. Le poète, le romancier, le militant Jean-Pierre Santini ne doit pas mourir en prison. Nous ne voulons pas d’une France qui détruit ses écrivains.
 
C’est ce que nous avons dit publiquement et écrit officiellement  il y a deux semaines a la Ministre de la Culture, Mme Roselyne Bachelot, dont les services n’ont toujours pas accusé réception de l’Adresse rendue publique le 14 octobre dernier.
 
Depuis, un choix de la justice est intervenu et a prononcé le maintien en détention provisoire à Fresnes de l’écrivain.
Ce choix est Incompréhensible, scandaleux, honteux.
Il est inutile, injuste et dangereux comme l’ont dit les deux présidents de Corse.
 
Aujourd’hui 28 octobre, l’urgence vitale s’est aggravée.
Il s’agit à présent d’une urgence absolue.
Et cette urgence absolue pour la vie d’un homme interdit le silence, interdit d’ignorer, interdit de se taire.
 
C’est parce que l’urgence interdit le silence que nous crions aujourd’hui.
 
Nous crions haut fort et clair : 
 
Que La justice doit passer pour tous, mais elle ne doit pas prendre la forme d’un traitement inutile, injuste et éminemment dangereux.
 
Nous demandons que Jean Pierre Santini soit placé sous contrôle judiciaire jusqu’à son procès.
 
Nous demandons que la mesure et la proportionnalité encadrent désormais le cours de l’action judiciaire.
 
Nous crions qu’une personne , coupable ou non d’un délit, ne doit pas, ne doit jamais être niée dans son humanité, ni dans sa détresse. 
 
Tel est notre cri.
Tel est le sens de notre operata pè Santini. Pour qu’un poète, un écrivain, un éditeur, un militant ne meure pas en prison. Aujourd’hui, en France.