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juillet 2021

#Corse : comme l’ordre du jour d’une réunion anti-mafia

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Publié le 13 juillet dernier, l’arrêté préfectoral N°2A-2021-07-12-00003 portant organisation de la préfecture de Corse et de la Corse-du-Sud signé le 12 juillet 2021 par le préfet Pascal Lelarge mérite attention.

Son  Article 2 définit en effet avec précision les « deux priorités principales » du sous-préfet coordinateur de la sécurité en Corse :  

  • une approche renforcée de la délinquance économique et financière et de son impact sur l’économie locale,
  • le suivi de la criminalité organisée (analyses centrées sur les secteurs à enjeu  au plan local promotions immobilières, traitement des déchets, travaux publics, etc, suivi des procédures de contrôle en lien direct avec les services concernés et de l’éxécution des décisions judiciaires.)

A l’évidence, pour nombre  de militants des collectifs anti-Mafia insulaires,  le préfet de Corse sait ce qu'il conviendrait de faire. Il écrit ce qui ce pourrait être l'ordre du jour d'une réunion anti-mafia. Les priorités sont bien définies.

« Il ne parle pas de Mafia -commente un fin connaisseur de l’île- mais il cible la plupart de ses potentielles manifestations. Il va être confortable en s’appuyant sur ce texte de lui demander régulièrement des comptes sur les résultats obtenus ».

A suivre…


Grand Prix du 23 ème Salon du Livre Insulaire

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Réalisé par Caroline Parsi et Jacques Moretti et publié par les  éditions Albiana, l’ouvrage « Grandeur et misère des bandits de Corse » a reçu le Grand Prix du salon du livre insulaire 2021 
pour ses qualités, à la fois, littéraires et scientifiques.

L’ouvrage - souligne le jury- dit que ce bandit ne naît pas mais devient ; il montre ses regards intenses et fouille ses parcours. Les mille petites histoires de ces hommes hors la loi composent le bandit grand et misérable de la société Corse. Il a été le tenant tragique d’un code de l’honneur destiné à pallier les défaillances de la justice en Corse, qui une fois consolidée et affirmée, l’a éradiqué.

« Grandeur et misère des bandits de Corse » est un roman, un album, une bande dessinée, un journal, un chemin ramifié qui emmène le lecteur dans une grande randonnée. Il s’y engage, s’y perd, revient sur ses pas, s’interroge sur les pourquoi de ces vies tourmentées. « Grandeur et misère des bandits de Corse » se garde sous le coude pour être lu et relu comme un grimoire.

Parce qu’il est historique, humain, quotidien, il s’insinue comme le lierre dans l’esprit du lecteur, « Grandeur et misère des bandits de Corse » est une référence essentielle de la Corse et de l’insularité. Cette qualité portée par sa richesse historique, sa problématique et sa qualité éditoriale nous ont conduit à lui attribuer le Grand Prix du 23 ème Salon du Livre Insulaire.

A Ouessant, les éditions Albiana ont également obtenu une autre distinction à souligner : le jury du prix scientifique a en effet  décidé d’accorder son prix à l’enquête sociologique de Lizza Terrazzoni , « Les autres en Corse ». 


Le chercheur italien Paolo Persichetti cible de la police de l’histoire

image from insorgenze.files.wordpress.com

A Rome, le 8 juin dernier, divers services de police équivalents aux Renseignements Généraux, ont perquisitionné huit heures durant le domicile du journaliste et chercheur en histoire Paolo Persichetti, auteur de nombreux livres et articles importants sur les mobilisations politiques qui ont secoué l’Italie après 1968.

Officiellement  - souligne Politis- les policiers recherchaient des documents « confidentiels ». En fait, la police a surtout saisi toutes les archives de l’historien, patiemment dépouillées depuis des années. Elles provenaient de divers fonds d’archives d’État, pour lequel il avait demandé et reçu toutes les autorisations officielles.

Après la saisie de ses archives historiques et de la totalité de ses outils de travail, Paolo Persichetti a publié dans le blog  de la revue Insorgenze le 30 juin dernier  sa version et son analyse de cette accablante réalité digne d’Orwell.

In Italia esiste un organismo di Polizia che si occupa di storia. Proprio così, si intromette nell’attività di ricerca, sorveglia il lavoro dello storico, ascolta le sue conversazioni con le fonti, intercetta le caselle di posta elettronica, sequestra archivi. Come in una sorta di scenario orwelliano si erge a ministero della verità e con il suo occhio minaccioso amministra il passato, decide chi può scrivere, recinta gli argomenti, filtra i contenuti e sopratutto gli autori. Decide insomma come e chi può scrivere la storia. Questo nuovo organismo si chiama Polizia di Prevenzione, ex Ucigos, una struttura che nasce dalle ceneri della dissolta e famigerata Uar. Di sicuro non lo sapevate, a dire il vero nemmeno io ne ero al corrente fino a quando non ho letto l’informativa della Polizia di prevenzione del 21 dicembre 2020 (N.224/B1/Sez.2/18803/2020, procedimento penale nr. 93188/20). Un rapporto che fa seguito ad una lunga serie di indagini originate nel gennaio 2019 e da cui è scaturita una ulteriore ed intensa attività investigativa che ha radiografato l’esistenza della mia intera famiglia dalla fine del 2015 ad oggi, e ancora domani e dopodomani, poiché l’attività investigativa e “tecnica” è tuttora in essere. Un attacco frontale al mio lavoro di ricerca che ha portato, l’8 giugno scorso, a una lunga perquisizione nella mia abitazione e al sequestro del mio intero archivio digitale, dei miei strumenti di lavoro e di comunicazione, della documentazione amministrativa e medica di mio figlio disabile. Non è stato portato via solo il materiale d’archivio raccolto e prodotto negli ultimi 15 anni, ma la storia della mia famiglia, di mia moglie e dei miei figli, il nostro passato, la nostra intimità.

L’intégralité de l’article de Paolo Persichetti, intitulé « La polizia della storia » est à lire sur le site de la revue Insorgenze.

La traduction en langue française de cet article est  disponible depuis le 13 juin dernier sur un blog du Club Médiapart ICI .

Comprendre ce qui se trame, en Italie, derrière  de telles attaques frontales contre  les historiens des temps présents,  s’impose quand, en France, pas plus tard que le 30 juin dernier, le Sénat, contre l’avis de cinq groupes parlementaires, a adopté un article modifiant le régime d’accès aux archives secret-défense dans le cadre de l’examen de la loi relatif à la prévention des actes de terrorisme et au renseignement.  

Un choix qu’un collectif d’historiens et d’archivistes dénonce comme « une entrave à la liberté des chercheurs de documenter le passé de la France et d’exercer leur activité ».


Entendre Marie-Jean Vinciguerra

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Préfacé par Jacques Thiers, cet ouvrage livre cinq entretiens avec l’écrivain Marie-Jean Vinciguerra menés par François-Xavier Renucci ainsi que deux textes de l’écrivain : Journal interrompu et Portrait d’une salope.

Un buisson de paroles est publié par les éditions Albiana dans la collection Isule literarie.

A lire de toute urgence : ces paroles de Marie-Jean Vinciguerra sont « une indispensable célébration de la vie et de l'humanité ».