Rien ne justifie le maintien en détention de l'écrivain Jean-Pierre Santini
Les mobilisations s’amplifient pour sauver l’écrivain Jean-Pierre Santini

Operata pè Santini : des auteurs interpellent la Ministre de la Culture

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Dans une lettre ouverte rendue publique le 14 octobre, un collectif d’auteur(e)s et d’artistes s’adresse à Roselyne Bachelot en faveur de l’écrivain Jean-Pierre Santini en détention « provisoire » et en grève de la faim depuis son interpellation le 6 octobre à l’aube.
A l’initiative des deux écrivains, Xavier Casanova et Pietr’Anto Scolca, qui ont assuré la direction éditoriale de l’ouvrage « Lire Santini » paru en septembre dernier, le collectif « Operata pè Santini »  qui rassemble déjà de très nombreux auteurs et créateurs, demande à Madame la Ministre de la Culture la liberté pour l’écrivain Jean-Pierre Santini : «Nous ne voulons pas d’une France qui détruit ses écrivains. Vous pensez comme nous et vous devez le faire savoir. Il en va de votre honneur ».
 
Le texte intégral de l’Adresse à Roselyne Bachelot
 
Madame la Ministre
 
Jean-Pierre Santini est en prison.
Jean-Pierre Santini dort à Fresnes.
 
On a pris cet homme de 76 ans, et on l’a jeté dans Fresnes la carcérale, lui, cet instituteur à la retraite, qui ne connaît que les livres et la poésie, lui, qui aime au-delà de son village, lui qui aide tous les gens qu’il rencontre sur sa route.
 
Ce qui vient tout d’abord, la sidération, l’incapacité totale de penser, d’échapper à la ronde incessante des mots.
 
Comment ? Pourquoi ?
 
Nous ne le savons pas, mais nous savons qu’il est notre ami, qu’il est un ami de la paix, un ami de la révolution aussi. La révolution des mots, la révolution des idées, l’arme des mots, rien de plus.
 
La révolution est-elle devenue un gros mot en France ?  Peut-on désormais mettre Voltaire en prison, parce qu’il pense autrement ? La pensée est-elle devenue une arme illicite en France, pays de Charlie et de Camus ?
 
Quoi qu’il en soit, nous avons peur pour lui, à son âge, dans son état de santé, avec le Covid-19 qui ravage l’Ile de France, alors qu’il entame une grève de la faim.
 
Nous, hommes et femmes de lettres, qui ne savons rien des arcanes de la justice, 
nous, qui ne voulons pas la violence, 
par lui nous sommes tous violentés et défaits, 
par lui nous sommes tous reniés dans nos droits, 
par lui nous sommes anéantis dans nos rêves et nos idéaux. 
 
Nous ne voulons pas d’une France qui détruit ses écrivains. Vous pensez comme nous et vous devez le faire savoir. Il en va de votre honneur.
 
Libérez Santini, il est homme de raison et se rendra à toute convocation de justice,
Libérez Santini, il est homme de parole et ne fuira pas ses responsabilités.
 
Laissez cet homme actif faire vivre sa maison d’édition et la culture en Corse.
Laissez cet homme paisible dans le silence de sa maison, laissez-le boire un café et raconter des histoires. Les histoires, c’est sa vie, c’est la nôtre.
 
Libertà pè Santini !
 
C’est tout ce que nous vous demandons, Madame la Ministre, et nous vous embrassons.
 

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