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GPSpopuli par Jacques Mondoloni

image from scripteur.typepad.com

Fidèle à sa généreuse et belle habitude, l'écrivain Jacques Mondoloni  offre chaque début d'année une nouvelle en guise de voeux à ses amis.

Pour 2020, il nous livre  "GPSpopuli". Merci Jacques.

 

Comme chaque année les tapis roulants s’arrêtèrent, les caméras de surveillance s’éteignirent, le GPSpopuli cessa d’encadrer la masse humaine de la planète.
Les tapis roulants hors service des super marché et des aéroports avaient pour conséquence l’impossibilité de consommer et de voyager.
Ies caméras de surveillance occultées laissaient la bride sur le cou aux délinquants, surtout aux refoulés tentés par le mal.
Le GPSpopuli, le système de guidage par géo localisation qui canalisait toutes les activités du globe, n’accompagnait plus la course du citoyen, et des marchandises. La circulation dans les villes connaissait dans les heures qui suivaient des embouteillages monstres.
Les autorités disaient que c’était la faute à un sabotage, à des grèves, ou à une panne de l’ordinateur central, voire ressortait la fable d’une Opposition, paralysante, intriguant dans l’ombre.
Les gens s’en foutaient de ce mensonge de l’Organisation. Chaque année c’était pareil : ils attendaient ce moment pour se défouler, se goinfrer de violence.
La violence se traduisait par l’incendie de banques, de voitures, n’importe lesquelles, dans les banlieues à problèmes et même aux abords des monuments du patrimoine, et des emblèmes du luxe: on savait par la télévision que les maîtres de l’Organisation se trouvaient aux sports d’hiver ou dans leur résidence secondaire, voire insulaire, protégés par la police.
La violence se traduisait par l’attaque du sexe féminin. Le mouvement #touchepasàmonclit était débordé, demandant aux femmes de rester chez soi mais la plupart passaient outre, ne voulant pas le retour de la femme au foyer d’autrefois.
La violence faisait exploser le porno, les hommes se ruaient sur les boutiques où l’on proposait des vidéos vintange sur grand écran, interdites en temps normal. Le mouvement hotfuck distribuait des magazines trash, vendait des godemichés aux passants, les incitant à passer à l’acte. La frustration due à l’espionnage de l’intime se transformait en une sarabande de vengeance.
La violence contaminait les fêtes de la bière, les bacchanales urbaines, les saturnales campagnardes, les carnavals genre moyen age, autorisés, couverts par l’Organisation ce jour là. Il y avait des bagarres gigantesques, des dégâts faramineux coûtant des millions d’euros.
Chaque année on dénombrait 1 million de viols, 1 million de morts, et des millions de victimes collatérales dans le monde entier.
Mais le Défoulement consenti par le pouvoir garantissait l’Ordre sur la planète et la pérennité de l’Organisation.

©  Jacques Mondoloni, Janvier 2019.

A découvrir dans les récentes publications de Jacques Mondoloni, deux participations à des ouvrages collectifs : Catalans aux éditions Arcanes 17 et Corse.2.0  aux éditions Maia.

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