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juin 2010

A propos de La Vendetta de Sherlock Holmes: Elisabeth Milleliri interroge Jean-Pandolfi-Crozier

- Votre aventure de Sherlock Holmes préférée dans le Canon ? Pour quelle raison ? 

Jpcparcagnat_droiter Le Traité naval parce qu'il contient, comme dans l'Escarboucle bleue ou la Figure jaune, les merveilleuses présomptions du détective à partir d'un simple objet ou d'une trace infime. Mais aussi parce que, là, cet art de la lecture des indices permet de dénouer une intrigue ayant une dimension géopolitique. Les deux premiers chapitres d'Une étude en rouge sont, pour moi, des relectures indispensables. A la fois comme moment de la rencontre Holmes-Watson et comme exemple d'une narration audacieuse qui fournit au lecteur, dès le départ et de manière brutale, presque bâclée, la fiche signalétique du héros.

- Votre apocryphe ou pastiche préféré ? 

Le pastiche du tibétain Jamyang Norbu intitulé Le Mandala de Sherlock Holmes (Editions Philippe Picquier) est, pour moi, un pur chef d'oeuvre d'intelligence intertextuelle. Une merveille d'ironie qui a aussi une dimension militante, politique et morale.

- Le raisonnement, la déduction façon Holmes, vous y croyez ? 

Autant que le docteur Edmond Loccard qui, dès 1924, en publiant Policiers de roman et de laboratoire incita les policiers modernes à s'inspirer des méthodes de Sherlock Holmes.

- Vous arrive-t-il, parfois, d'utiliser ou de vérifier ses méthodes, que ce soit la déduction basée  sur l'observation et la mise en relation des éléments observés et le fameux "Une fois éliminé l'impossible, il reste l'improbable" ? 

Chevre cagnat holmes 
(2) Bien sur ! C'est ce que j'ai tenté de faire avec la découverte de l'incroyable manuscrit de mon arrière grand oncle Ugo Pandolfi. Il me fallait éliminer l'impossible et vérifier si l'improbable pouvait être la vérité. J'ai fait mon Sherlock Holmes. J'ai mené mon enquête. Mais avec les moyens de la modernité. L'informatique et les bases de données ont remplacé la loupe et les réactifs chimiques. J'ai fait comme les policiers d'aujourd'hui qui manient le décryptage automatique et la linguistique quantitative pour identifier les auteurs d'un message anonyme ou d'une revendication terroriste. C'est seulement après ces investigations que je pouvais présenter La Vendetta de Sherlock Holmes au lecteur.

 - Au fait, vous préférez, s'agissant de "La Vendetta de Sherlock Holmes", le terme de pastiche ou d'apocryphe ?
Bouc et holmes
Comment pouvez vous être aussi perfide et cruelle, vous, romancière, avec quelqu'un, comme moi, qui n'a aucune imagination ? Il me semble évident que la Vendetta ne peut être qu'apocryphe. Et au double sens du terme ! D'abord parce qu'au début, à la découverte du manuscrit, son authenticité même est douteuse. Ensuite parce qu'il est, selon moi, indéniable aujourd'hui que la Vendetta de Sherlock Holmes est désormais un texte biblique non canonique.

- Vous faites souvent allusion à Réouven. Un des meilleurs auteurs à avoir repris le récit des aventures de Holmes, selon vous ? 

L'assassin du boulevard et le Bestiaire de Sherlock Holmes comme toutes les Histoires secrètes de Sherlock Holmes (rassemblées en 2002 aux Editions Denoël avec une belle préface de Jacques Baudou) placent sans conteste René Reouven au sommet de l'holmésologie francophone et anglo-saxonne. Je crois même, et le manuscrit de mon ancêtre Ugo le confirme d'une certaine manière, que Reouven c'est parfois Holmes lui-même comme Glenn Gould affirmait être Bach en personne quand il interprete le Clavier bien tempéré. De plus il ne faut jamais oublier que c'est bien René Reouven qui a, le premier, exploré la piste corse en découvrant un lien entre Moriarty et l'école du crime de Sartène.

- Certains considèrent que pour écrire sur Holmes, il faut être anglais. Qu'en pensez-vous ? 

Chevre seule C'est d'autant plus faux que l'on sait maintenant grâce au manuscrit de la Vendetta que Watson et Conan Doyle n'ont pas hésité à quasiment plagier le journal du compagnon corse de Sherlock Holmes.


- Vous donnez à voir un Holmes qui tout en étant très Holmes ne ressemble pas au portrait qu'en dresse John Watson : plus enclin à apprécier la bonne chère et le vin du Cap (du Nicrosi ?), moins sujet à ces fameuses crises d'abattement souvent décrites par Watson, et loin d'être nul en littérature... Et littéralement fou de miel (je le savais féru d'apiculture, mais là...) Le bon Dr Watson aurait été un brin jaloux de son ami, croyez-vous ? 

Cochon avec holmes L'hagiographie de Sherlock Holmes par John Watson n'est que le résultat d'un travail romanesque commandé alors que le journal de Ugo Pandolfi décrit le Sherlock Holmes historique. Il est évident que Watson est jaloux de son ami détective et sans doute se venge t il en le décrivant comme il le fait, de la supériorité que lui impose Sherlock Holmes. Il est indéniable, par exemple, que Watson prête à Holmes une misogynie et une inculture qui n'appartiennent qu'à l'hagiographe.

- Maupassant est aussi, quoique mort, un personnage important de ce roman. But why ? 

Guy de Maupassant est un personnage central de cette aventure corse du célèbre détective parce qu'il relie tous les fils du périple de Sherlock Holmes dans notre île. Au fond, le criminel Moriarty, quelle que soit sa véritable identité, n'est-il pas « le Horla » de Sherlock Holmes ? Il faut savoir que Conan Doyle qui, lui-même, littérairement, avait tenté d'éliminer Sherlock Holmes, affirma à des journalistes américains : « si je ne le tue pas, c'est lui qui me tuera ». En 1887, Guy de Maupassant achève sa nouvelle « Le Horla » par cette phrase : « Il n'est pas mort...Alors..alors...il va donc falloir que je me tue, moi ! »

- Etre holmesien, selon les holmesiens, c'est notamment, sans sombrer dans la folie pour autant, se prêter au Jeu : contribuer à l'étude de la vie de Holmes en tant que personnage réel. On peut donc dire que vous êtes holmesien, ou à tout le moins que ce roman l'est ? 

Jpcparcagnat_droiter Jusqu'à la découverte du manuscrit de Ugo Pandolfi, je n'étais pas holmésien. Je croyais comme tout le monde que Sherlock Holmes n'était qu'un personnage romanesque. J'évite soigneusement de sombrer dans le délire. Mais je dois reconnaître que je crois sérieusement à l'authenticité du manuscrit de mon arrière grand oncle. Et du reste depuis la parution de la Vendetta, je ne me sens plus seul dans cette foi. Sans doute s'agit-il des effets de mon propre double-je(u) ! C'est contagieux me semble-t-il.

- Et Ugo Pandolfi, votre arrière-grand-oncle ? Est-il seulement une création ? Ou bien est-ce une re-création ? Je veux dire : Jean Crozier a-t-il réellement parmi ses aïeux un Ugo Pandolfi qui pour une raison ou une autre lui est cher, auquel il a voulu faire un clin d'oeil, un hommage, et qu'il a réinventé en fonction des besoins de son récit ? 

Si Ugo Pandolfi était une création ou une re-création, il ne figurerait pas sur la couverture du livre comme seul et unique auteur de la Vendetta de Sherlock Holmes. Sauf à imaginer que celle-ci ne soit qu'une vaste récréation... A vous et aux lecteurs d'éliminer l'impossible !

Sanglier cagnat

NDLR: Un grand merci à Elisabeth Milleliri, journaliste et romancière, à qui cet entretien recueilli en 2004 doit tout. Source: http://scripteur.typepad.com/corsicapolarfichier/2007/03/entretien_avec_.html

Pour une parole mal dite: un recueil d'Olivier Collard

Collard nouvelles Ronchonchons attention ! Le nouvel ouvrage d'Olivier Collard, c'est du poil à gratter. A paraître en juillet, Pour une parole mal dite est le premier recueil de nouvelles d'un auteur qui ne se prend jamais au sérieux. Un auteur qui a commencé petit et qui le restera affirme avec dérision et humour sa propre quatrième de couverture. Un recueil à trois francs six sous si l'on en croit l'auteur de ces "noires de Corse" ? A voir et d'abord parce qu'Olivier Collard qui est son propre éditeur le vend pour 7,50 euros. La preuve qu'il ne faut rien prendre à la lettre chez lui. Y compris quand il se lâche. A découvrir  avec ses précédents romans sous le label du Cursinu.

La pierre manquante de Marc et Claude Lusinchi

Pierremanquante Plus léger et plus drôle que le Da Vinci Code, La pierre manquante est un roman d'aventure de 490 pages sur fond de quête mythique. Quand Nathaniel Cohen, un rabbin new-yorkais, entre en possession d'un fragment d'une pierre gravée ancienne, il ne se doute pas que sa vie tranquille va brusquement s'écrouler. A découvrir aux éditions Edilivres en version imprimée ou en version numérique (trois fois moins chère). Ce roman est la première collaboration de Claude et Marc Lusinchi. A suivre...


Du Château à la Bastille par Michel Moretti

Mal Chronique par Michel Moretti Tant était grande la rage du prince que la vie du Château s'est arrêtée mercredi et jeudi : convocations du personnel, bachelotage, réception de l'henrythierry cueilli par coche spécial à sa descente d'aéronef, annulation de rencontres préparatoires au G20... Quand le foot, "solution à la crise" est en crise, c'est la crise. Reste plus que la convocation des Etats Généraux.

Le Château tressaille des calomnies dont il est assailli. La dénonciation fauche à tout va : la boutin, le woerth, le joyandet, la yade, le bonnet, l'amara, la bachelot, le baroin... se font mettre en pièces pour diverses largesses, facilités, concussions... Comme un goût de "désastre moral" sur fond de désastre tout court. Ça sent la douve qui se néglige !

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Comment les éditeurs nous vendent du papier et les boulangers de l’eau…par Denis Blémont-Cerli

Denis blemont cerli portrait etroit La pandémie gagne du terrain et chaque jour on peut en constater le résultat chez les libraires. Ne me dites pas que vous n’avez pas remarqué le nouveau syndrome qui fait de nos chers livres des bouzins boursouflés, obèses et, disons le tout net, ridicules comme la grenouille de la fable :

 

Elle qui n'était pas grosse en tout comme un œuf,

Envieuse s'étend, et s'enfle, et se travaille

Pour égaler l'animal en grosseur

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Vuvuzela, footue planète par Michel Moretti

Moretti by mmichel 2 J'ai cru un moment retrouver mes abeilles. Ce n'était qu'un gros nid de frelons ellipsoïdal, plein de larves ivres badigeonnées en tricolore... Ca m'a flanqué le bourdon, j'te dis pas.
Foot + vuvuzela = de l'invention de l'insupportable. Déjà que le foot s'épuise à réinventer l'ennui, à plus de 130 décibels c'est diabolique ! Ca couvre même les injures et les insultes.
Et puis ce 17 juin, pour l'anniversaire de la Débâcle, comme en 40, on s'en est pris 2 par l'armée mexicaine. Putain ! La Honte ! Minable de chez minable. Quand on gagne, c'est "la France qui gagne", quand on colle du foot partout la défaite est lourde. Symbole du pouvoir footu. Anal cas ?
Côté affaires, c'est inégal. L'action en Bourse de TF1 ne s'y trompe pas. Ca va mieux chez Bouygues et Veolia qui fabriquent de beaux stades bien juteux. Ca va très bien pour la FIFA qui engrange les pépites de l'hystérie.

Quand Baballe 1er ramène l'organisation du prochain Euro de Foot au lendemain de l'annonce de la fin du droit à la retraite à 60 ans, il ramène des os à ses maîtres.  Il va finir par avoir droit de se représenter. Tu le vois ce bel avenir fait de magnifiques stades au milieu des townships et des lotissements électrifiés ? La FIFA nous le  montre. On nous cache rien. C'est quand l'âge de la retraite chez Mad Max ?

* Retrouver Arlette Shleifer dans Trace, Figure, Passage ,  Michel Moretti dans Mal Chronique, Elèna Piacentini dans Elénarration, Okuba Kentaro dans Kroniques d'OK, Thierry Venturini dans L'effet Venturini et Denis Blémont-Cerli dans Homo machinus sempre emmerdae


Une anthologie hors des sentiers battus

Elogelitteraturecorse G Dans les nouveautés des éditions Albiana, la collection Prova présente l'anthologie hors norme d'une littérature à découvrir. Cet ouvrage original et stimulant de François-Xavier Renucci et du blog Pour une litterature corse propose d'aller à la rencontre de plus de deux cents cinquante auteurs corses. 300 pages et un post-scriptum critique de Marie-Jean Vinciguerra à découvrir.

Janis Otsiemi: de la littérature blanche au polar de la brousse

VieSaleBoulot L'auteur de Tous les chemins mènent à l'Autre et de Peau de balle sera à Ajaccio du 9 au 11 juillet parmi les nombreux auteurs invités de la quatrième édition du festival du polar. Romancier, poète et essayiste, Janis Otsiemi est le secrétaire général adjoint de l’Union des Ecrivains Gabonais (U.D.E.G). Il dirige la collection  "Polar d’Afrique" aux Editions du Polar. Il est également l'auteur de La vie est un sale boulot  publié dans la collection Grand format des éditions Jigal. Janis Otsiemi participera le 10 juillet à Ajaccio au débat D’ici ou d’ailleurs. Le génie des lieux influence-t-il les auteurs de polar ?