François Gourand a dit ciao aux Adéliens
L'écrit du sud pour tout savoir et plus si affinités

Avez-vous acheté le dernier Ellroy ? par Denis Blémont-Cerli

Denis blemont cerli portrait Ce qu'il y a de jouissif dans les chroniques de Denis Blémont-Cerli, c'est qu'il veut toujours mettre son grain de sel dans la rubrique « fout la merde » et qu'il ne craint jamais d'égratigner son copain webmestre. En attendant d'écrire le Corsican Tabloïd qui cassera la baraque, Denis s'en prend cette fois à James Ellroy. C'est son avis et il le partage...

Denis blemont cerli portrait Le « Underworld USA » de James Ellroy est numéro un des ventes en France. Voilà c’était prévu et c’est arrivé aussi fatalement que le diamètre d'un cercle est deux fois plus long que son rayon. En vérité ce qui aurait été parfaitement stupéfiant c’est qu’il ne le soit pas ! Vous avez vu le bastringue autour de ce livre ! À croire que les autres polars sont des cochonneries tout juste bonnes à servir de papier-cu. Même notre bon webmaster a succombé à l’hystérie collective en publiant sur Corsicapolar une vidéo de l’auteur.

Bon sang, on ne pouvait pas ouvrir la télé ou un journal sans voir la bobine du type, sans oublier des extraits de ci et de là publiés dans les hebdos. Je ne pourrais pas vous dire si son livre est si bon qu’il justifie qu’on monopolise l’appareil médiatique au profil d’un seul parce que je ne l’achèterai pas. Ce n’est pas que je suis regardant à 24€50 mais franchement je trouve qu’on nous prend de plus en plus pour des tiroirs-caisses décérébrés. J’ai cherché partout, journaux, télés, sites web, radios le début d’une rognure d’un soupçon de critique négative : rien ! Partout des louanges consensuelles si apologétiques qu’elles renvoyaient à la notion de dogme religieux. Personne pour déplorer le style « coupé à la serpette/jamais entendu parler de complément d’objet direct ou pas », même si on ne peut demander à un auteur de polar d’avoir l’expressivité de Proust. Extraits même pas choisis avec intention néfaste : « Ils étaient tous dans le bar. Ils étaient tous armés. Ils étaient tous bourrés… [...] Ils laissèrent tomber les cartons. Ils visèrent et firent feu. Ils vidèrent leurs armes… »

Je le sais, il est interdit de s’en prendre à Dieu tout puissant, même dans l’écriture on risque l’excommunication ou l’inquisition des Torquemadas de l’édition alors je change vite de sujet.

Et l’Iphone ? Vous l’avez acheté l’Iphone ? Non dites-vous ! Alors si vous n’avez d’Iphone vous êtes le dernier des abrutis qui respire sur cette planète, on devrait vous fusiller sur-le-champ sans passer en Conseil de guerre. Vous la sentez la honte ? Le rouge au front ? Oui c’est humiliant je sais, je suis comme vous, j’ai résisté et je me demande jusqu’à quand. Il me semble que je suis le dernier à ne pas idolâtrer Steve Jobs, le gourou des pommes alors que ce serait plutôt celui d’un autre fruit qui lui ressemble mais en plus allongé. Si à cela vous rajoutez que vous n’avez pas participé comme moi à l’aliénation pour benêts du débat sur l’identité nationale on va penser de vous que vous êtes domicilié sur Véga dans la constellation de la Lyre ou bien que vous êtes proche de l’état fossile d’un coelacanthe.

Mais j’y pense, pour simplifier le tintouin ambiant, il serait peut-être utile d’imposer par la loi les trucs que l’on doit acheter comme l’Iphone ou le dernier livre à la mode, avec le gouvernement si démocratique que nous avons cela ne devrait pas poser de problèmes.

Je vois l’affaire comme ça : le 1er de chaque mois serait publié dans le Journal Officiel un objet ou un livre que l’on serait dans l’obligation d’acquérir, par exemple, au hasard, les mémoires de Johnny Halliday ou de Christian Clavier. Le hic pour l’achat obligatoire légal et mensuel d’un objet manufacturé ce serait d’en trouver un fabriqué en France, là on touche à l’invraisemblable, c’est triste à dire mais la seule fabrication qui fonctionne encore à plein chez nous c’est celle des chômeurs en fin de droit…

* Retrouver Arlette Shleifer dans Trace, Figure, Passage ,  Michel Moretti dans Mal Chronique, Elèna Piacentini dans Elénarration, Thierry Venturini dans L'effet Venturini et Denis Blémont-Cerli dans Homo machinus sempre emmerdae

Commentaires

Jean-Paul

"« Ils étaient tous dans le bar. Ils étaient tous armés. Ils étaient tous bourrés… [...] Ils laissèrent tomber les cartons. Ils visèrent et firent feu. Ils vidèrent leurs armes… »
On dirait une nouvelle en trois lignes de Felix Féneon. Peut-être un peu long! Felix Féneon faisait mieux: "Le Dunkerquois Scheid a tiré trois fois sur sa femme. Comme il la manquait toujours, il visa sa belle-mère : le coup porta."

L'utilisation des commentaires est désactivée pour cette note.