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Un prophète et le troll corse par Ugo Pandolfi

Wwwcorsicapolar_eu Vu le triste état des salles de cinéma en Corse, ce n'est pas facile, mais au cinéma le recul est toujours indispensable. L'embrasement polémique et médiatique autour du film Un Prophète de Jacques Audiard est une aubaine pour les médias, pour les attachés de presse des producteurs du film, comme pour certains responsables politiques. Un troll idéal, toujours récurrent, qui une fois lancé permet toutes les catharsis et toutes les confusions de genre. A chacun de se faire une opinion sur les diverses opportunités qui peuvent expliquer les apparitions de ces trolls qui, à mon avis, ne doivent jamais rien au hasard.

Un prophete dr ugcSoyons clairs et ne confondons pas les débats.
Sur la question de la liberté de création d'un auteur d'inventer les personnages de son choix, elle doit être totale et seulement comprises dans les limites de nos lois. Qu'un auteur fasse preuve d'ignorance et de mépris, c'est son affaire, celle de son éditeur ou de son producteur, celle de son public et non celle d'un législateur ou d'une assemblée politique. Ou alors il faut dire clairement que les œuvres de l'esprit doivent être contrôlées par un index officiel beaucoup plus contraignant que nos actuelles commissions accordant les visas d'exploitation.
Sur la question de savoir, si dans son œuvre cinématographique intitulée Un Prophète, le réalisateur Jacques Audiard fait preuve d'ignorance et de mépris envers les Corses,  il appartient, me semble-t-il, à chacun de se faire librement une opinion en allant tout simplement au cinéma.
Il reste à espérer qu'à Bastia en Haute Corse, par exemple, où un directeur de salle avait refusé, il y a quelques années, de programmer  La Dernière tentation du Christ de Martin Scorsese, la projection du dernier film de Jacques Audiard ne soit pas l'occasion de mettre en scéne de nouveaux troubles à l'ordre public.
Please do not feed the troll !

Faut-il préciser enfin que depuis les premiéres querelles iconoclastes, il est presque certain que les réalités d'une société nuisent plus efficacement à son image que les représentations que les arts peuvent en faire ?  Ce n'est sans doute par pour rien que de nombreux auteurs de polars préviennent leurs lecteurs que le réel est toujours plus cruel que la fiction.

Commentaires

Anna Livia

Eric Patris met le débat sur le bon plan et avec les arguments justes: il ne s'agit pas de vouloir censurer une oeuvre, surtout pas (erreur grossière de certains politiques) mais de réagir aux PROPOS d'Audiard et de son co-scénariste, qui, plus ils "s'expliquent" plus ils s'enfoncent (et enfoncent les Corses collectivement par la même occasion). Pour se faire une idée de ces propos, il n'y a pas à voir le film, il y a à lire et écouter leurs interviews et leurs "motivations" : une ignorance crasse, sidérante, et une vision caricaturale "des" Corses, de l'"entité" corse...Ont-ils des scrupules, eux, pour faire ces généralités "racistes"?
Exemple : ils se vantent d'avoir donné un "rôle important" à la langue corse. C'est pour expliquer immédiatement qu'elle "souligne l'enfermement des personnages"!! STUPIDE et terriblement parisien : sachez que l'on peut avoir une intercompréhension avec plus de monde (les locuteurs de langues latines) avec le corse qu'avec le français ; demandez donc aux Italiens, aux Catalans, aux Portugais et bien d'autres, quelle langue ils comprennent le mieux, du français ou du corse!

O Sgiò Pandolfi, inutile de leur servir la soupe, ils sont déjà assez bien servis par les media français et nous, nous continuerons à être traînés dans la boue collectivement. Certes, il existe des réalités de "Milieu(x)" mais pas de Maffia, cela c'est pour satisfaire leur besoin de sensations fortes que les media et les intellos parisiens veulent à tout prix faire croire que nous sommes la Sicile de la France, en plaquant sur nos "réalités" la Maffia et l'omertà, ou cinématographiquement parlant les schémas américains...Idem pour le racisme: certes il existe, mais va-t-on cesser de faire croire que la Corse en est le champion, quand on voit ce qui se passe dans toute la France et ailleurs?? BASTA! Mais vraiment,assez! Assez de faire de la Corse l'exutoire, l'épouvantail, le repoussoir de la France en crise...Quels media ont relayé la mobilisation des Corses, à plusieurs reprises, et avec succès, pour empêcher l'expulsion de Maghrébins par la Préfecture??

Eric Patris

Que la liberté d'expression artistique, de satire, de caricature, de création, d'invention, soit totale et sans contrainte autres que celles propres au respect de la dignité humaine, je ne songe nullement à le contester. Bien au contraire: je n'accepte pas plus la censure pour les œuvres que je ne l'accepte pour moi.
Ce n'est pas le film d'Audiard qui me dérange, et comment le pourrait-il? Je ne l'ai pas vu. Peut-être le verrai-je un jour, peut-être même lui trouverai-je de vraies qualités. Il n'est absolument pas envisageable de demander son interdiction ou son boycott.
En revanche, les déclarations des deux co-scénaristes, elles, sont fascinantes de bêtise et d'ignorance arrogante. L'exposé des motivations qui les ont conduits à écrire ce scénario sur des bases parfaitement erronées, et plus encore, le statut de justification sociologique qu'ils tentent d'obtenir pour ces élucubrations, en me -en te- taxant au passage de passéisme et de racisme, ne peuvent pas passer. Quant à l'hypocrisie qui consiste ensuite à se barricader derrière l'appellation de fiction pour désamorcer toute critique portant sur le contenu et les motivations, elle pue carrément la lâcheté, la veulerie, la petitesse, ou pour employer un mot vermoulu et pourrissant d'un idiome clos: a vigliacchàghjine.
Le film est peut-être un joyau du septième art, les stupidités mensongères qui ont présidé à sa conception laissent un goût plus qu'amer, d'autant plus qu'il est acclamé et véhicule lesdites stupidités sur le char de la gloire cannoise.

Certes, comme le disait une vieille dame de ma connaissance, "Qui parle dans mon dos parle à mon cul". Mais là, on ne parle dans le dos de personne: on étale complaisamment à longueur de JT et de talk-show les turpitudes de quelques personnages fictifs censés cristalliser les défauts et la culpabilité collectifs de tout un peuple.
Alors, même relookée en "Don't feed the troll", la vieille et pathétique antienne "le plus intelligent des deux c'est celui qui ne répond pas", si elle a fait les beaux jours des familles nombreuses et surtout des plus sournois de ses membres, ne tient pas: quand on m'insulte publiquement, quand on me diffame à grands renforts de mines concernées, que ce soit à titre collectif ou individuel, que l'écharpe de l'insulteur soit rouge ou tricolore, qu'il soit membre du Benito fan-club ou supporter du Staline Godillots Football Club, que l'ambiance soit glamour ou éthylique, je ne vois rien d'autre à faire que dire mon désaccord, tant que la chose est encore possible. Non pas que ma parole et ma position aient grande importance, mais parce que même si je ne me rase pas souvent, j'aime bien pouvoir me regarder dans une glace quand il m'arrive de le faire.
Et surtout parce qu'en ces matières, le silence a valeur d'acceptation, de complaisance, voire de complicité, et que, comme Elena, je me sens pousser des crocs devant l'accumulation des tares qu'on me prête, dont on affuble a priori ma famille, mes proches, mes amis, toute une population, que ce soit pour des motifs politiques, éditoriaux et/ou commerciaux.
Pourquoi devrais-je accepter que puisse se déverser sur nous tout ce qu'il est interdit à juste titre de balancer sur d'autres?
Il paraît qu'un pays -j'ai du mal à me souvenir lequel en ce moment- a inscrit des mots comme égalité et fraternité au fronton de ses édifices publics.
Peut-être serait-il temps de vérifier que ce ne sont pas que des mots… sous peine de donner raison à tous ceux qui estiment que les valeurs républicaines ne sont que l'incarnation moderne des commandements du troupeau.

Jean-Paul

Définition du troll sur Wikipédia:

Un troll est un utilisateur qui cherche à créer une polémique en provoquant les participants d'un espace de discussion (de type forum, newsgroup ou wiki) sur un réseau informatique, notamment Internet et Usenet.

Par métonymie, on parle de troll pour un message dont le caractère est susceptible de générer des polémiques ou est excessivement provocateur, sans chercher à être constructif, ou auquel on ne veut pas répondre et que l’on tente de discréditer en le nommant ainsi.

Le mot « troll » peut également faire référence à un débat conflictuel dans sa globalité. Dans la majorité des cas, l'évaluation repose sur l'aspect récurrent ou caricatural de l'argumentation, les participants peuvent alors tout aussi bien être qualifiés de « trolls » que de « trolleurs ».

Le terme troll provient de l’expression trolling ou pêche à la traîne qui est une ligne munie d’hameçons (à ne pas confondre avec trawling qui est la pêche au chalut à grand filet en forme d’entonnoir), les remarques polémiques constituant un troll étant considérées, métaphoriquement, comme des appâts destinés aux contributeurs qu’on veut hameçonner. Les personnes se rendant coupables de trolling ont été appelées, progressivement, des Trolls, en allusion aux monstres laids et déplaisants de la mythologie nordique ; par ailleurs, dans le jeu Donjons et Dragons, les trolls ont une capacité de régénération, les membres découpés repoussent en quelques heures, la comparaison avec les fils de discussion qui se multiplient est d’autant plus judicieuse.

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