Petits métiers de Shangaï par Arlette Shleifer
Du nouveau dans les stock-fiches

Les soldes ou comment foutre sa vie en l’air par Denis Blémont-Cerli

Window 2056 Faites confiance à la publicité, elle arrive toujours à nous faire croire que nous n’avons pas tout. Il faut bien se l’avouer on est des foutus consuméristes et quand on a absolument tout, on se fait piéger par les soldes attrape gogo.

DBC dessin mix mix deux Les soldes obéissent à un strict calendrier réglementaire et aussi à diverses règles implicites dont je me vois dans l’obligation de vous parler absolument afin de vous mettre en garde sur les périls qui vont s’abattre sur vous, surtout vous mesdames qui êtes les premières victimes de cet effrayant phénomène.

La première règle des soldes, c’est qu’on ne trouve jamais sa taille dans les articles soldés à 50%, cette règle s’applique dans 95,276% des cas.

Reste 4,734%...

Effectivement, il arrive parfois que l’on trouve sa taille dans un article à 50%, toutefois une étude du professeur Toucépadi, anthropo-consommateur à l’Université de Corti prouve que l’article qui n’a pas été arraché par les acheteuses compulsives, lesquelles attendent les soldes comme le starter de la finale du 100 mètres olympique, a forcément un problème. Pour un pantalon blanc, en général on découvre une tâche à l’entrejambe. Vous pouvez, à la rigueur, acheter tout de même ce pantalon, il faut alors se propulser dans l’avenir et considérer, mesdames, un prochain divorce comme certain…

Il va sans dire que votre conjoint va vous trouver à frotter énergiquement cette tache dans la cuisine avec une demi-douzaine de détachants, il va sans dire que vous n’oserez lui avouer cet achat stupide, il va sans dire que vous allez vous tordre de rire devant cette ridicule situation, bien entendu vous n’allez pas pouvoir vous retenir… Ensuite vous réfuterez devant lui votre incontinence et ça ira de mal en pis dans un engrenage infernal.

Selon le professeur Toucépadi, 98,858% (98,852 seulement à Bastia) des divorces proviennent d’un malentendu sur un achat. À la suite de ce malentendu, vous vous mettrez à boire, vous partirez en Asie du Sud-Est, vous y aurez un accident, on vous mettra en prison, vous demanderez un avocat : on vous apportera un ananas ou peut-être une mangue, c’est selon…

L’ultime étape sera de découvrir que votre fils s’est engagé comme taliban, que votre fille a épousé le petit fils d’Hitler et que vous êtes à présent vraiment incontinente par les yeux…

Mesdames, n’oubliez jamais que le consumérisme attaque de front la pauvre victime isolée. Dans les magasins joignez vos chariots en cercle, serrez-vous les unes contre les autres, faites front en poussant le cri du coyote ou du chien de prairie du Dakota du Sud, placez des sentinelles en tête de gondoles et attendez les renforts après avoir averti sur votre Apple iPhone 3G 16Go blanc, une association de consommateurs dûment armés de « répulsifs achalandaires ».

Et si vous êtes vraiment submergées, adoptez la tactique « du mort Sioux » écroulez-vous au sol, chéquier et Carte bleue bien serrés en main et restez immobiles jusqu’à la fermeture du magasin ou l’arrivée des gentils pompiers.

Et puis, qui sait une idylle peut naître entre vous et l’un de ces beaux gosses ? Selon le professeur Toucépadi, 29,641%* des divorces des soldeuses se terminent par un mariage avec un pompier…

*(précisions : 28,987% à Ajaccio, 29,639% à Calvi)


* Retrouver Arlette Shleifer dans Trace, Figure, Passage ,  Michel Moretti dans Mal Chronique, Elèna Piacentini dans Elénarration, Thierry Venturini dans L'effet Venturini et Denis Blémont-Cerli dans Homo machinus sempre emmerdae


Commentaires

Jean-Paul

Denis déclare la guerre aux soldes. Pour élever vos filles avec soins, vous les mères, faites-en des soldates contre les soldes. La soldatesque contre la solderie ! Voilà le nouveau slogan denisiaque pour espérer un jour solder les comptes avec le consumérisme idionisiaque.

Soldeurs, soldeuses vous aurez des comptes à rendre au grand jour même si vous vous réfugiez sous vos parasoldes.
Vous pouvez toujours promettre des coups de fusil sur les prix, Denis n’a pas peur de la mitraille. Devant vos 20%, 30%, 40%, 50% et plus, il rendra sang pour sang. La guerre des prix est donc ouverte.

Denis ne brade pas ses convictions et il les met en chaire sur Corsicapolar. Par contre, il acceptera un rabais sur les prix littéraires qui lui seront décernés en 2009 pour les solderies du Goncourt et du Renaudot.
Nous le savons, en la matière, il est partisan de casser les prix pour faire la nique aux cons suméristes (terme venant du corse soit suméru = âne).

De plus, Il est dangereux de solder les livres. Pour ce faire, les libraires devront faire appel à des pompiers, présents en cas de coup de feu dans leurs rayons, pour éviter tout autodafé.
Le Professeur Toucépadi évalue à 3,14 % le risque d’incendie. On a vu Pi au Carré des écrivains auxquels nous ne jetterons pas la pierre contre leur feuille de papier qui ne craint que les ciseaux de la censure!...

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