Operata: les Noirs de Corse à Paris
Un message de Sir Arthur

J’écris le nouveau « Guerre et paix » en version corse…par Denis Blémont-Cerli

DBC dessin mix mix deux Si vous trouvez moins de rubriques de ma modeste personne dans Corsicapolar, c’est parce que j’ai commencé à écrire le synopsis de  « Война и мир », le nouveau « Guerre et paix » en version corse. Comme je ne suis pas du genre à faire guère épais*, j’essayerai d’égaler Tolstoï, au minimum 14 volumes de 800 pages chacun. Hélas, à vivre dans un bouzin pire que les écuries d’Augias, je ne cesse de m’emmêler les pinceaux et je n’avance pas assez vite, je fais à peine un chapitre de 140 pages par jour…

Extrait du Guerre et paix corse

« A Corte, dans le Niolo central du sud/nord/centre de l’île merveilleuse, le commandant en chef Ugo Pandolfi passe en revue un régiment de zouaves où se trouve Ceccaldi, l’illustre colonel sanguinaire. Orsi, jeune homme zélé et observateur, est un aide de camp de Pandolfi. Aspirant hussard, Vasalucci se lie avec Denissov Cerli, un odieux individu dégradé pour esprit anti-militariste. On apprend la défaite du général Michele Jacchetti et la capitulation de son armée dans le nord, Pandolfi se charge de le faire quitter Bastiascouski, puis se rend chez Lyssya Ferrari dans le Cap… »

Le problème, selon l’extrait ci-dessus, serait de pouvoir déterminer s’il est possible d’élaborer une stratégie où Fabriski Albertinidréiévitch de Porticciogliolo (fils illégitime de Marie Catherine de Villaspelungatovna et d’Eric Patriski), peut prendre la tête d’une coalition de la franc-maçonnerie issue de la société Porticciogliololoise (où on a affranchi les serfs), afin de foutre une branlée définitive au Général commandant en chef Ugo Pandolfi ?

La question reste préoccupante, il est évident que pour équiper une armée Porticciogliololoise avec costumes de brocards et armes modernes à poudre noire, il faut banquer. Cela va obliger Fabriski Albertinidréiévitch (que sa mère a abandonné au berceau devant le domicile de Pierre-Paul Batteski) à rétablir le servage dans son canton de Porticciogliolo. On craint des révoltes de la piétaille, ainsi une partie de la troupe Porticciogliololoise s’occupera à mater ces traînes savates au lieu de combattre ce satané Pandolfi.

L’intérêt de ces observations limpides est de vous faire saisir la différence entre écrivain et écrivain…

Il y a les écrivains estimables et austères à pantoufles usées, à minou ronronnant sur la machine à écrire, les laborieux, les appliqués, ceux qui travaillent 18 heures par jour, établissent des synopsis de derrière les fagots à narrativité hyperréaliste et les glandeurs qui passent à la télé chez F O G et font de la représentation en sirotant une anisette.

Vous savez à présent quel genre d’auteur je suis…

 

* l’astérisque signale un jeu de mot fabuleux… donc à ne pas manquer.

************** Retrouver Michel Moretti dans Mal Chronique, Elèna Piacentini dans Elénarration, Thierry Venturini dans L'effet Venturini et Denis Blémont-Cerli dans Homo machinus sempre emmerdae

Commentaires

Jean-Paul

Nous venons d’apprendre que Denis avait formaté son ordinateur pour éviter toute nouvelle fuite sur sa réécriture de Guerre et Paix… Nous avons toutefois réussi, Inès très miss, à récupérer un fichier contenant la suite de ce plagiat qui devait porter le titre de « Guère épais » et qui apporte une révélation sur la morphologie du Prince Jacouille…
Par ailleurs, une note de lecture précise que Pandolfisow est le patronyme d’une vieille famille qui a fait fortune dans la commercialisation de leur propres œufs et d’ailleurs, à l’origine le patronyme complet était Pandolfilosof. Oeuf corse, l'Antéchrist Pandolfisow a d’abord fait carrière dans la poulaille et, parti d’une basse-cour, il a créé sa cour de roitelet à Poretto avant d’annexer Lama…
Ceci rapporté, revenons à la suite de « Guère épaix »…

« Que de fois n’ai-je pas été frappée de l’injuste répartition du bonheur dans cette vie, continua Denise Cerliovna, après un instant de silence. Elle se rapprocha du prince avec un aimable sourire pour lui faire comprendre qu’elle abandonnait le terrain de la politique et les causeries de salon pour commencer un entretien intime : « Pourquoi, par exemple, le sort vous a-t-il accordé d’être monté d’un pénis si long mais guère épais ? ajouta-t-elle avec la décision d’un jugement sans appel et en levant les sourcils.
- Vous savez l’apprécier. Vous ne le méritez donc pas … »

Et elle sourit de son sourire enthousiaste.

« Que voulez-vous ? dit le prince. Vous avez tout de même découvert que j’ai la bosse de la paternité.

– Trêve de plaisanteries ! il faut que je vous parle sérieusement. Je suis très mécontente de votre rapidité, entre nous soit dit. On a à peine parlé et hop là ! (sa figure, à ces mots, prit une expression de tristesse), et hop là !…. »

Le prince ne répondit rien. Elle le regarda en silence et attendit.

« Je ne sais plus que faire, reprit-il avec humeur. J’ai fait ce que j’ai pu, même si cela a tourné court. »

Il sourit cette fois plus naturellement, plus franchement, et quelque chose de grossier et de désagréable se dessina dans les replis de sa bouche ridée.

« Les hommes comme vous ne devraient pas être frappé d’éjaculation précoce ; si vous n’étiez père de 22 enfants adultérins abandonnés par leurs mères et dont vous m’avez confié la garde, je n’aurais aucun reproche à vous adresser, lui dit d’un air pensif Mlle Cerliovna.

– Je suis votre fidèle esclave, vous le savez ; aussi est-ce à vous seule que je puis me confesser ; mes enfants ne sont pour moi qu’un lourd fardeau et la croix de mon existence ; c’est ainsi que je les accepte. Que faire ?… » Et il se tut, en exprimant par un geste sa soumission à la destinée.

Denise Cerliovna parut réfléchir.

« N’avez-vous jamais songé à divorcer. Les vieilles filles ont, dit-on, la manie de marier les gens ; je ne crois pas avoir cette faiblesse, et j’agis plutôt pour les divorces… en particulier le votre que vous me promettez depuis si longtemps…Vos enfants ont besoin d’un père.»

Le prince Jacouille ne dit rien, mais un léger mouvement de tête indiqua la rapidité de ses conclusions, rapidité familière à un homme du monde, et son empressement à enregistrer ces circonstances dans sa mémoire.

« Savez-vous bien que vous me coûtez quarante brebis et dix chèvres par mois pour entretenir la maisonnée et pour cela j'ai besoin de mon épouse? soupira-t-il en donnant un libre cours à ses tristes pensées.

– Vous êtes très riche et très avare ! Vous vivez à la campagne dans les biens de votre belle famille et votre épouse, ma meilleure amie, m’a fait savoir qu’elle avait songé au divorce…
– De grâce, chère Denisette, dit le prince en saisissant tout à coup la main de la Cerliovna, arrangez-moi cette affaire, et je serai à tout jamais le plus fidèle de vos esclafes, comme l’écrit mon starost au bas de ses rapports. Elle est de bonne famille et riche, c’est juste ce qu’il me faut. J’ajouterai une brebis et une chèvre par mois à votre pension alimentaire…»

Et là-dessus, avec la familiarité de geste élégante et aisée qui le distinguait, il baisa la main de la Cerliovna, puis, après l’avoir serrée légèrement, il s’enfonça dans son fauteuil en regardant d’un autre côté.

« Eh bien, écoutez, dit Denise Cerliovna, j’en causerai ce soir même avec votre épouse. Qui sait ? cela s’arrangera peut-être ! Je vais faire, dans l’intérêt de votre famille, l’apprentissage de mon métier de vieille fille.

Note de J.P: Drôle de lascar ce prince Jacouille. Quand à Denise Cerliovna, elle restera vieille fille avec 22 enfants dont elle est ni la mère ni le père alors qu'elle aurait pu être les deux. On aimerait en savoir plus si Denis veut bien nous fournir la suite... Quoique en lisant "Guerre et Paix" de Tolstoï, chacun peut l'écrire à sa façon.

Jean-Paul

Vous vous demandez ce qui s'est passé entre Denise Cerlovna et le Prince Jacouille... D'abord, pour ce qui connaisse le Prince et ses frisettes, il faut dévoiler qu'il s'agit d'une perruque et qu'il est chauve comme un oeuf... Pour le reste, nous avons pu nous procurer contre quelques canistrelli et une bouteille de muscat, la suite du récit de sa bouche...

Sur le Sofa, il s'adressa à Denise...

« Avant tout, chère amie, rassurez-moi, de grâce, sur votre santé, continua-t-il d’un ton galant, qui laissait pourtant percer la moquerie et même l’indifférence à travers ses phrases d’une politesse banale.

– Comment pourrais-je me bien porter, quand le moral est malade ? Un cœur sensible n’a-t-il pas à souffrir de nos jours ? Vous voilà chez moi pour toute la soirée, j’espère ?

– Non, malheureusement : c’est aujourd’hui mercredi ; l’ambassadeur de Poretto donne une grande fête, et il faut que j’y paraisse ; ma fille viendra me chercher.

– Je croyais la fête remise à un autre jour, et je vous avouerai même que toutes ces réjouissances et tous ces feux d’artifice commencent à m’ennuyer terriblement.

– Si l’on avait pu soupçonner votre désir, on aurait certainement remis la réception, répondit le prince machinalement, comme une montre bien réglée, et sans le moindre désir d’être pris au sérieux.

– Ne me taquinez pas, voyons ; et vous, qui savez tout, dites-moi ce qu’on a décidé à propos de la cave de Pandolfizow ?

– Que vous dirai-je ? reprit le prince avec une expression de fatigue et d’ennui… Vous tenez à savoir ce qu’on a décidé ? Eh bien, on a décidé que Michel Morettiev a brûlé ses vaisseaux sanguins avec du Blanc de Rogliano, et il paraîtrait que nous sommes sur le point d’en faire autant. »

Le prince Jacouille parlait toujours avec nonchalance, comme un acteur qui répète un vieux rôle. Mlle Cerlovna affectait au contraire, malgré ses quarante ans, une vivacité pleine d’entrain. Sa position sociale était de passer pour un travesti enthousiaste ; aussi lui arrivait-il parfois de s’exalter à froid, sans en avoir envie, rien que pour ne pas tromper l’attente de ses connaissances. Le sourire à moitié contenu qui se voyait toujours sur sa figure n’était guère en harmonie, il est vrai, avec ses traits fatigués, mais il exprimait la parfaite conscience de ce charmant défaut, dont, à l’imitation des enfants gâtés, elle ne pouvait ou ne voulait pas se corriger. La conversation vinicole qui s’engagea acheva d’irriter Denise Cerlovna déjà frappé par la cirrhose que Pandolfizow ne manquait pas de lui rappeler en lui envoyant chaque jour six roses.

« Ah ! ne me parlez pas du vin de Rogliano! Ce Pandolfizow veut tout!… Vulé à butte piena è a moglie briaca… Avec moi, il gardera ses tonneaux pleins… Je ne bois plus que de l’eau de Zilia »

« L’eau vous rend de méchante humeur, constata le Prince. Vous devriez mettre un peu de vin dans votre eau… »

« Vous me voulez saoule et consentante... »

Elle s’arrêta tout à coup, en souriant doucement à son propre entraînement.

« Que n’êtes-vous à la place de Pandolfizow! Grâce à votre éloquence, vous auriez emporté d’assaut mon consentement ; mais… voulez-vous du thé ?

– À l’instant !… À propos, ajouta-t-il, j’attends ce soir deux hommes fort intéressants, le vicomte Albertinov , allié aux Figatelli par les Lonzi, une des plus illustres familles de Corse! L’autre, c’est l’Abbé Battesti, cet esprit si profond !… Vous savez qu’il a été reçu par Pandolfizow!

En entendant ces paroles, Denise Cerlovna donna à sa figure l’expression d’un profond et sincère mépris avec une teinte de mélancolie ; elle prenait cette expression chaque fois qu’on prononçait le nom de Pandoldizow, et son regard se voila de nouveau lorsqu’il ajouta qu’il était grand temps de passer à la bagatelle, ce pourquoi il était venu. Elle décida de le faire encore languir…

Le prince Jacouille se taisait, avec un air de profonde indifférence, et pourtant Denise Cerlovna, avec son tact et sa finesse de femme, et de femme de cour, venait de lui allonger un petit coup de griffe. Ni tenant plus, elle s’empressa aussitôt de le consoler...

Jean-Paul

Vous auriez pu croire que la réécriture par Denis du volumineux Guerre et Pais était une galéjade... Que nenni! Un piratage de son ordinateur par La société des gens de l'être ou ne pas être a permis la diffusion inédite du début du premier chapitre que nous avons pu nous procurer et que nous vous livrons ci-dessous:
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« Eh bien, prince, que vous disais-je ? Lama et Poretto sont devenues les propriétés de la famille Pandolfizow. Aussi, je vous le déclare d’avance, vous cesserez d’être mon ami, mon fidèle esclave, comme vous dites, si vous continuez à nier la guerre et si vous vous obstinez à défendre plus longtemps les horreurs et les atrocités commises par cet Antéchrist…, car c’est l’Antéchrist en personne, j’en suis sûre ! Allons, bonjour, cher prince ; je vois que je vous fais peur… asseyez-vous ici, et causons … »

Ainsi s’exprimait en juillet 2008, Denise Cerlovna, travesti qui était demoiselle d’honneur de Sa Majesté l’impératrice Elena Piacentovna et qui faisait même partie de l’entourage intime de Sa Majesté. Ces paroles s’adressaient au prince Michel de Jacouille , personnage grave et officiel, arrivé le premier à sa soirée.

Mlle Cerlovna toussait depuis quelques jours ; c’était une grippe, disait-elle (le mot « grippe » était alors une expression toute nouvelle et encore peu usitée).

Un laquais en livrée rouge – la livrée de la cour – avait colporté le matin dans toute la ville des billets qui disaient invariablement : « Si vous n’avez rien de mieux à faire, monsieur le Comte ou Mon Prince, et si la perspective de passer la soirée chez une pauvre malade ne vous effraye pas trop, je serai charmée de vous voir chez moi entre sept et huit. – Denise Blemonskov-Cerlovna. »

« Grand Dieu ! quelle virulente sortie ! » répondit le prince, sans se laisser émouvoir par cette réception.

Le prince portait un uniforme de cour brodé d’or, chamarré de décorations, des bas de soie et des souliers à boucles ; sa figure plate souriait aimablement ; il s’exprimait en français, ce français recherché dont nos grands-pères avaient l’habitude jusque dans leurs pensées, et sa voix avait ces inflexions mesurées et protectrices d’un homme de cour influent et vieilli dans ce milieu.

Il s’approcha de Denise Cerlovna, lui baisa la main, en inclinant sa tête chauve et parfumée, et s’installa ensuite à son aise sur le sofa. [.../...]


Michel jacquet

Hips ! Il est des notres ...
Tu finis l'année en beauté et en forme soldat Denissov Cerli. Sache que moi, Michele Jacchetti, hips ! l'homme de la défaite à cause des fêtes données à longueur d'année sera toujours présent pour branler les traites à la cause noble qui est la notre. (Je suis resté debout sans tomber pour cette tirade malgré la forte houle).
A la tienne... Hips !
Bon capu d'Annu!...
Dur cette fin d'année ! Hips !
C'est quoi un colonel sans guinaire ? Hips !

Ugo

Bonne et heureuse année à tous, Pace, Salute et tutti quanti, frutti compris. Cela dit, on va pas rire en 2009. L'année va être dure et cruelle.
Histoire de rester dans le sujet littéraire, il faut absolument lire ou relire une petite merveille de Rene Reouven, Le Cercle De Quincey (chez Denoel, collection Sueurs froides).
211 pages de bonheur qui répondent à cette question: la littérature pousse-t-elle au crime ?
Reouven rassemble Balzac, Jules Romain, Dostoïevsky, Shakespeare, Feydeau, Agatha Christie et André Gide au carrefour du passage à l'acte.
Basgi à toutes et à tous.

denis

bonne année à toi, colonel sanguinaire et à vous tous: webmestre, grosniqueurs et lecteurs.....

Jean-Paul


Lorsque l'on est guère épais, on ne devrait pas jouer au soldat de plomb, mon cher Denis Tolstoysrus.

Si tu veux refaire Guerre et pet, ce sera le pet mou qu'on te fera lâcher en Corse.

Par ma sagacité, tu ne me feras pas faire le zouave sous le pont de Lama, cité de ta saga. Zouave, je viendrai te l'écrire à la pointe de l'épée d'un Z sur ta culotte usée comme tes pantoufles d'écrivain assis...

Nous savons maintenant quel auteur tu es: un auteur plié en deux, un auteur du siège qui évacue laborieusement et avec application son oeuvre, dix-huit heures par jour.

Le colonel "sanguinaire" flamboie comme les îles au crépuscule de l'année 2008 et flamboiera à l'aube du Nouvel An!

Bon capu d'Annu!...


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