Découverte de la boîte noire
Clin d'oeil de Shangaï par Arlette Shleifer

Je suis HI-TECH, je vis dans une centrale nucléaire par Denis Blémont Cerli

Window_2056Je ne sais pas pour vous, mais moi je vis au milieu d’une centrale nucléaire. Je me demande parfois comment tout cela a pu m’arriver, juste à moi, un enfant des années 50, un minot Cro-Magnon d’un temps où n’existait qu’un yaourt nature en pot de verre consigné, une époque d’une effroyable famine visuelle ou la seule évocation d’un poste de télévision chez un voisin laissait supposer qu’il avait braqué une banque ou gagné le gros lot de la loterie nationale. Prononcer les borborygmes : ADSL, USB, WIFI, HDMI, Gigabit ou TNT HD vous aurait valu la camisole de force avec un aller simple vers l’hospice des brindezingues. Que s’est-il passé bon sang ?

Je me pose la question tous les matins en contemplant le maelström de câbles qu’est devenu mon salon. Pensez donc, j’ai tout le tintouin : l’ordinateur double cœur et mon ancien a un seul cœur (comment il a pas fait un infarctus celui-là sans cœur de secours ! je me le demande), deux écrans, l’imprimante jet d’encre et l’imprimante laser, le scanner à plat, le scanner de films, la palette graphique, la Freebox qui fait tout (à part éplucher les carottes) trois disques durs externes, le lecteur carte mémoire qui lit les CF, la SD, la MMC la XD etc, l’amplificateur RDS et les deux baffles BW. La seule littérature se rapportant à ces babioles demande un QI de 180 et dix ans d’étude dans une école d’ingénieur en informatique ! Vous voulez des exemples : c’est quoi un HD serial ata de 320Go et 7200 trs/m ? Les ports Firewire (ça doit être aux USA, mais Atlantique ou Pacifique ?), l’AGP 8X ti 4200 avec connect XL ? le Nero burning room en OEM ? Le pitch 0,26 réglable du menu OSD ?

Les soucis débutent dès qu’on essaye de comprendre quoi que ce soit à ce charabia : HD, c’est hard disc ou haute def ? Que fait le DOS dans le BIOS ?

Même un obstiné comme Champollion aurait renoncé à comprendre un pareil galimatias.

Si un jour, je rencontre un des types qui a inventé ce jargon, je lui tire directement dessus à la chevrotine 12/76. De toute façon, je les soupçonne d’avoir l’encéphalogramme plat depuis longtemps, probable que ces illuminés soient déjà allongés dans un endroit frais et noir où un bail est inutile, ceci à force d’avoir trop agités leurs synapses.

Remarquez, pour démêler ce binz il y a l’aide en ligne, car de nos jours les ordinateurs ne sont plus livrés avec une notice papier : en clair, ça veut dire que dès que vous aurez réussi à faire fonctionner le truc on vous expliquera comment vous êtes parvenu à ce tour de force insensé !

Certaines fois l’aide en ligne ne fonctionne pas et on vous annonce pourquoi et vous avez droit à ce genre de message très explicite : erreur protocole : POP3, Port : 110, sécurisé (SSL) : Erreur de socket : 11001, Numéro d'erreur : 0x800CCC0D.

Ce langage de robots a pris notre destin dans ses tentacules métalliques, livrant nos existences aux affriolantes marchandises de l'hyper complexité.

On veut être dans le coup, faire comme les autres, surfer en Wifi, mailer avec pièce jointe, scanner sans vergogne, imprimer à tour de bras. Alors on achète et on renouvelle sans cesse tout un bazar qui sera périmé dans six mois. Le moindre vendeur de la Fnac vous prendra pour l’idiot du village si vous avouez vous contenter d’une connexion à 512 je sais plus quoi, si votre appareil photo payé une fortune il y a 2 ans, n’a qu’un capteur de trois millions de pixels (à moins de 10 millions, vous êtes un gros naze). Pareil pour les téléphones, le révolutionnaire Iphone d’Apple est indispensable, arrêtez tout ! vous ne pouvez vivre sans lui (499 € le 16 Go, plus l’abonnement minimum 49 € par mois, une broutille).

On doit communiquer et comme notre bonne vieille terre est peuplée de 7 milliards d’humains, les besoins sont énormes, surtout que l’on s’acharne à vous envahir de propositions dont on se fout comme d’une guigne : acheter le dernier bidule de machin truc, se faire allonger et grossir le pénis (si, si !) investir dans une banque en Colombie, faire un voyage au Liban (sans doute pour comprendre le maniement d’un kalachnikov).

Comment résister à ce rouleau compresseur ?

Pour ma part j’avais décidé de ne pas acheter de fax, outre que c’est un appareil passé de mode depuis les années 80, je n’avais pas envie de décorer mon salon avec une saleté de plus et puis j’ai déjà assez d’emmerdements comme ça avec window qui m’annonce des « fatal error » sans cesse, à croire qu’il m’en veut de vouloir l’utiliser pour ce qu’il est prévu qu’il fasse. Donc je renonce au fax en me disant qu’avec les mails et deux lignes de téléphones fixes et deux de mobiles, on arrivera bien à me joindre, sans compter que le courrier de la Poste fonctionnera sans doute encore quelques années. Mais voilà, l’autre jour mon distributeur de livre me demande de lui envoyer un fax, je me trouve tout penaud et j’avoue, le rouge au front, que je ne possède pas cet engin dans ma panoplie, et là il me cloue au pilori avec cette phrase assassine :

– Et comment vous voulez qu’on travaille ensemble correctement si vous n’avez pas de fax ?

 
Avertissement : Le présent écrit a pour but de vous présenter un état de fait personnel (de ma propre personne dans mon domicile, pour être plus précis), il n’a pas vocation à dénigrer la TECHNOLOGIE qui de toute façon à triompher puisqu’elle nous a rendu dépendant d’elle et dont l’ultime étape sera certainement de nous remplacer par des entités infiniment supérieures à celles que nous sommes, cela dit nous l’aurons bien cherché.

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Commentaires

Mister Bean erre et s'égare

C’est vrai que nous achetons de plus en plus de communication et plus nous en achetons, plus nous entrons dans un monde virtuel qui nous aspire dans des progrès techniques incessants. Nous sommes constamment frappés d’obsolescence…
Des mots barbares viennent heurter nos pauvres neurones. Les machines vont toujours plus hauts, toujours plus forts et toujours plus loin en nous faisant des pieds de nez, à nous pauvres humains incapables d’évaluer notre mémoire, de calculer des algorythmes en un temps si court que l’on ne peut même pas l’imaginer…
Heureusement, il existe le bouton on/off et là nous sommes les maîtres. Il faut bien réaliser qu’une machine fonctionne sur le principe basique de la transformation des énergies en électricité. L’ordinateur a un langage binaire symbolisé par les 1 et les 0 qui signifient courrant et absence de courant. Tout est le résultat de recherches scientifiques et mathématiques, donc production humaine. Finalement l’homme invente et produit mais ne maîtrise pas l’usage du progrés si ce n’est individuellement en appuyant sur le bouton on/off.
Ensuite tout cela a un coût. Si on ajoute aux achats de matériels les différents abonnements, il y a de quoi arrêter de fumer, ce qui n’est pas une mauvaise chose. Malheureusement, au lieu d’arrêter de fumer, les Internautes ont tendance à arrêter de lire, d’aller au spectacle et de se nourrir convenablement.
Et puis il faudrait que nos scientifiques évaluent un jour les risques sur la santé et l’environnement engendrés par tous ces rayonnements, ondes et autres pollutions invisbles.
En attendant, celui qui n’a pas son portable et son adresse courriel reste en marge de la société… Celui qui n’a pas Internet n’a pas toutes les informations à sa disposition et n’a pas la possibilité de se faire entendre en dehors des circuits autorisés…
Il y a toujours une contre-partie à toute chose et il faut bien dire aussi que des bigs brothers espionnent l’Internet et que l’individu n’a jamais été autant fiché et répertorié. Tant que l’on ne nous greffe pas des puces comme pour les animaux… mais c’est déjà en expérimentation pour des raisons médicales avec l'accord du patient… Vous pouvez portez votre dossier médical sous la peau. A quand votre casier judiciaire ?…

Et puis, peut-être qu’un jour on remplacera le cerveau par une unité central avec un disque dur. Quoique ce n’est pas peut-être pas la peine, il suffit de faire croire à chacun que l’on doit travailler plus pour gagner plus, mais aussi que l’on peut devenir un artiste sans le moindre talent ou millionnaire en grattant et que la solidarité est un frein au progrès. Nous n’en sommes pas à une contradiction près.

A croire que même des gens de gauche ont le cerveau et le portefeuille à droite. On peut se poser aussi la question de savoir si la liberté dont dispose l’Internet n’est pas finalement due au souhait de nous maintenir dans le virtuel, c’est-à-dire en dehors des réalités sociales et politiques. On assiste à l’éclosion de blogs et de journaux qui se regroupent par affinités politiques et leurs discours ne sont souvent que défoulement servant d’exutoire alors que les Syndicats et les partis d’opposition jouent en permanence le consensus, en pratiquant le marketing politique et social. Bon ! Je m’arrêt car je crois que je suis sorti du sujet… Mister Bean erre et s’égare.

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