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extrait sur les Juges anti-mafia Giovanni Falcone et Paolo Borselino

Le juge Giovanni Falcone a passé onze années de sa vie, enfermé dans un bureau-bunker du Palais de justice de Palerme. Il est la figure emblêmatique de la lutte anti-mafia. Pour combattre efficacement Cosa Nostra, il lui a fallu d'abord la comprendre " de l'intérieur ", découvrir le sens de chaque mot, de chaque geste, le rapporter à ce tout d'une implacable rationalité que constitue le monde mafieux. Il ne comparait pas Cosa Nostra à une pieuvre mais à une panthère, « animal fort et féroce, vigilant et rancunier ». Giovanni Falcone a tout sacrifié, même sa vie, pour un seul et noble but : La Justice.

" La vie est une mission, le devoir est sa loi suprême " - Giovanni Falcone

Son combat et celui de " Paolo Borsellino ":

Sa première grande enquête concerne le mafieux Spatola. Falcone fait saisir pour la première fois une série de documents bancaires et des feuilles de change. Les directeurs de banque essayent dans un premier temps de lui répondre de manière évasive. Mais cela contribua à renforcer la conviction de Falcone que la méthode traditionnelle d'enquête était dépassée. Le procès Spatola s'achève sur une sentence dure, sans précédent. La technique Falcone semble au point.
C'est alors qu'il commence à recevoir des menaces, des avertissements avec une régularité d'horloge, à son nom, des cartes postales où figuraient des cercueils et des croix. Les débutants y avaient tous droit et malgré ces menaces, Falcone n'en a jamais été particulièrement troublé.

Cette plongée rapide dans Cosa Nostra a été passionnante, intense, formatrice. Sa curiosité pour la Mafia qui était déjà forte, s'est accrue au cours de l'enquête.
Son combat commence vraiment le jour des aveus de Tommaso Buscetta le premier grand repenti de Cosa Nostra.

Parenthèse sur Tommaso Buscetta : Se trouvant dans le camp des « perdants » lors de la guerre de Mafia qui éclata en 1981-1982, il se résigna à collaborer avec la justice après son arrestation au Brésil en 1984. Sa contribution fut l'une des plus importantes dans l'histoire de la lutte contre la Mafia. Il fut en particulier le premier à dévoiler l'existence de la « Commission régionale », chargée de coordonner les activités des familles mafieuses siciliennes. Ses révélations et celles d'autres grands repentis de l'époque comme Antonino Calderone ou Salvatore Contorno conduisirent à la mise en accusation de 475 mafieux lors du maxi-procès qui se déroula à Palerme en 1986-1987. Il collabora aussi avec la justice américaine, en particulier pour l'opération pizza connection.

" Avant lui, je n'avais, nous n'avions, qu'une vision extérieure du phénomène mafieux. Avec Buscetta, nous avons commencé à le voir de l'intérieur. Il nous a livré une clé de lecture essentielle, un langage, un code. Il a été pour nous un professeur de langues. D'autres repentis ont été plus importants quant au contenu de leurs révélations, mais lui a été le seul à nous donner une méthode. Quelque chose de décisif, avec toute son épaisseur technique. Car sans méthode, on ne comprend rien. Tommasso Buscetta m'a donné les paramètres qui m'ont permis de mettre au point une méthode de travail. " - Giovanni Falcone

Lors du maxi-procès, Buscetta va donner les noms, les grades, mais aussi les agissements de chacun des membres de Cosa Nostra pour la Sicile... et désigne " l'animal " Salvatore " Toto " Riina comme le Parrain des Parrains. Les confessions de Don Masino durent plusieurs semaines, Falcone l'écoute et répertorie chacune des accusations portées par Buscetta et les relie aux affaires. Falcone monte son dossier aidé par son confrère et ami le Juge Borselino, tous deux travaillent sans compter leurs heures, Falcone se rend pratiquement chaque mois à Rome pour entendre Buscetta. Les deux juges ont mis bout à bout les témoignages, les faits, les accusations, mis des noms sur les crimes encore irrésolus.

De ces semaines d'exile ils en ressortiront avec un acte d'accusation impliquant 475 personnes du soldat au lieutenant jusqu'au sommet de la pyramide... avec Toto Riina. Tous seront arrêtés à l'exception de Riina.

L'État Italien a été obligé pour l'occasion de construire une salle d'audience, de fait, aucun tribunal en Italie ou dans le reste du monde ne permet la comparution simultanée de 475 accusés, de leurs avocats, des témoins, des traducteurs venus des 4 coins du monde poursuivre le procès...

Non seulement Borselino et Falcone ont mis la Mafia à genoux mais en plus ils ont donné une nouvelle envergure jamais atteinte par la Justice dans le domaine pénal dans le monde.

samedi 23 mai 1992 17h59 :

Une énorme explosion se répercute longuement. L'autoroute est éventrée sur plus de 100 mètres . La Fiat qui ouvre le convoi et la Fiat conduite par le Juge sont projetées comme par une main titanesque puis s'écrasent, disloquées, dans un cratère profond de huit mètres . Vito Schifani, Antonio Montinaro et Rocco De Cillo meurent aussitôt. Francesca ne survit pas et Giovanni Falcone, encore vivant mais dans un état désepéré, il s'éteint deux heures plus tard dans l'ambulance qui fonce vers l'hôpital palermitain.

Giovanni Falcone vivait toujours escorté. Il changeait souvent de domicile, de voiture de trajet. Il vivait dans le secret, annonçant ses déplacements à la dernière minute. Il n'embarquait jamais sur un vol régulier d'Alitalia mais toujours sur des appareils des services secrets. Quelqu'un au ministère de la justice ou à l'aéroport de Punta Raisi, avait prévenu les tueurs de Cosa Nostra, embusqués près d'une oliveraie sur les hauteurs de Capaci, du passage des voitures, indiquant leur marque, leur couleur. Personne, en principe, ne connaissait ni le jour, ni l'heure, ni la destination du dernier voyage du juge. Quelque part, au sein même du ministère, il y avait une « taupe »

" On meurt, généralement parce qu'on est seul ou parce qu'on est entré dans un jeu trop grand. On meurt souvent, parce qu'on ne dispose pas des alliances nécessaires ou parce qu'on est privé de soutien " - Giovanni Falcone

19 juillet 1992 :

Paolo Borsellino, son adjoint, qui avait hérité de ses dossiers et de ses enquêtes, est tué à son tour. Borsellino aussi, croyait avoir pris toutes les précautions pour assurer sa sécurité. Il croyait. Le juge n'avait pas pensé que Cosa Nostra avait mis le téléphone de sa soeur sur écoute et apprendrait ainsi, à la suite d'une communication, qu'il s'apprêtait à rendre visite à sa mère. Une voiture piégée contenant une puissante charge de tolite est garée devant l'immeuble de la signora Borsellino. Quand le juge redescend dans la rue, il y a, aussitôt, une terrible explosion. Dans un rayon de 500 mètres, les vitres des maisons et des magasins volent en éclats, des voitures sont renversées par le souffle. Paolo Borsellino et ses cinq gardes du corps meurent déchiquetés.

jpC

Source Wikipédia: Roberto Saviano

Titulaire d'une licence en philosophie à l'Université de Naples Federico II, où il a été l'élève de l'historien méridionaliste Francesco Barbagallo, Roberto Saviano fait partie d'un groupe de chercheurs de l'Osservatorio sulla Camorra e l'Illegalità et collabore avec l'hebdomadaire L'Espresso.

Ses récits et reportages ont été publiés sur Nuovi Argomenti, Lo Straniero, Nazione Indiana, Sud, et sont inclus dans différentes anthologies, dont Best Off, Il meglio delle riviste letterarie italiane (Minimum Fax 2005), et Napoli comincia a Scampia (L'Ancora del Mediterraneo 2005).

En 2006 pour son premier roman Gomorra il reçoit le Prix Viareggio, le Prix Giancarlo Siani et le Prix Stephen Dedalus. Suite à la sortie de ce livre sur la Camorra, l'organisation mafieuse napolitaine, Roberto Saviano est menacé de mort et bénéficie d'une protection policière.

Gomorra :

Roberto Saviano y évoque les collusions avec le pouvoir, les homicides et les affaires, les toxicomanes utilisés comme cobayes par les clans.

Il y révèle également l'extension des activité de la Camorra en Espagne. Dans une interview au quotidien espagnol El Pais, Roberto Saviano explique que Nuvoletta, Michele Zaza et d'autres membres de la Camorra recyclent massivement leurs gains illicites dans l'industrie touristique andalouse, acquérant ainsi hôtels, restaurants et night-clubs.

La Camorra aurait également pris le contrôle des importations en Europe de cocaïne colombienne par des filières installées à Madrid et Barcelone. Selon lui, l'Espagne serait «envahie par l'argent de la Camorra», mais «la classe politique locale n'en aurait pas encore pris conscience».

Citations [modifier]

«Je suis né dans une terre de Camorra dans le lieu d'Europe qui connaît le plus de morts par assassinat, un territoire où la férocité est liée aux affaires, où rien n'a de valeur s'il ne génère du pouvoir. Où tout a la saveur d'une bataille finale.»

Références [modifier]

* Le courage du jeune écrivain Roberto Saviano, Le Monde, 27 octobre 2006
* Italie: un écrivain antimafia sous protection, Libération, 3 novembre 2006
* La Mafia progresse en Europe, Le Figaro, 14 novembre 2006
* Le pourfendeur de la Camora", Le Monde, 19 octobre 2007

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