La Blonde frappe toujours deux fois par Marie-Hélène Ferrari
Une tomate forcée reste une tomate forcée par Marie-Hélène Ferrari

Et si nous nous mettions à écrire ? par Ugo Pandolfi

Ugo_pandolfidrmilkaassaf La Corse, c'est par où s'il vous plait  ? C'est en gros la question que me pose une amie qui  a cette inestimable qualité de formuler les mots qu'il faut sur les interrogations qu'il m'arrive de me poser.  Pourquoi écrivons nous ? Ce blog en particulier ?  Pour nous congratuler ? Pour mettre en ligne les photos de nos derniers déjeuners sur l'herbe en soulignant que nous sommes tous trop top ? Les outils numériques qui mettent à notre disposition interactivité et multimédia ne doivent ils servir qu'à montrer nos tronches et à faire mousser on line nos bibliographies ? Et si nous inventions, libérions autre chose ?

Voyons d'abord ce que disent les sondages sur la vocation même de notre modeste blog: 

30.15% Echanger des idées
20.63% Promouvoir des auteurs
12.69% Créer un évenement
14.28% Se faire plaisir
3.17% Bloger à part
1.58% Se prendre au sérieux
4.76% Blaguer souvent
12.69% Ecrire tout simplement

A l'évidence depuis sa création en novembre 2006 nous avons tenu le cahier des charges: promotions, événement, plaisirs, blagues. Les missions, en rouge, moins attendues, idées, sérieux, écriture, ne sont pas absentes pour autant des 10 325 pages vues depuis le début de l'expérience.

Mais imaginons à présent l'arrivée d'une personne étrangére à l'île qui débarque sur ce blog. Qu'y voit elle ? Qu'on échange des amabilités sur la dernière manifestation où l'on s'est réunis, qu'on fait circuler des chouettes infos ouvertes sur le monde.

Mais la Corse, celle qui fait, finalement, qu'il existe un polar corse, elle est où, dans tout ça ?  Les questions, les crises, les enjeux qui la traversent, qui font notre quotidien non pas seulement d'auteurs mais de citoyens lambda, c'est par où siouplaît ? Ils en disent quoi, ces auteurs corses que je ne connais pas encore, que je suis là pour découvrir, apprendre à apprécier, qui promettent dans leurs bouquins de me donner une autre vision de la réalité insulaire ? Faut-il croire, et surtout laisser croire, que la Corse n'est qu'un décor plaqué, un simple cadre à ces fictions ? Auquel cas, quellle est cette fameuse spécificité du polar corse qu'il s'agit de défendre et promouvoir ?

Telles sont les  sévéres questions de mon inestimable correspondante. Elles sont légitimes. Brutales peut être, la réalité l'est toujours, mais franches et incontournables. Avouons le ! Et reconnaissons avec elles qu'il ne serait peut être pas vain d'ouvrir de nouvelles portes, de dépasser le blog des potes, de dépoter la plante.

Serait-ce la saison ? A sa maniére,  sous la voute étoilée, au coeur de son village, Jean-Pierre Santini ne tente pas autre chose quand il s'efforce avec l'aide de Jean-Claude Loueilh de donner vie au débat sur la diversité des littératures de l'île.

Très franchement, écrit ma brutale correspondante,  faire  "grandir Corsicapolar dans le nuage" je n'en vois guére l'intérêt si ce qui y est proposé ne dépasse pas le simple stade du blog de potes qui mettent en ligne les photos de leur dernier pique-nique.

C'est la question qu'elle est bonne ! Merci, chére correspondante, de nous l'avoir posée. A chacun à présent de se mettre à écrire en n'oubliant jamais en effet  qu'écrire ce n'est pas se positionner au sens de se placer ou de se mettre en évidence. Mais plutôt prendre position, être partie prenante de son environnement, de la société où l'on évolue. Et cela dépasse le cadre des romans que l'on peut écrire.

Commentaires

Ferrari

pardon pour le placard, mais je n'étais au courant de rien, je ne sais que ce que j'ai vu dans le journal, que sa forge a été brûlée.pour l'arrière plan tous les éléments me font défaut.

Ugo

Des interrogations sur le contenu du blog Corsicapolar aux questions sur les évenements récents survenus à Palasca, nos nombreuses réactions attestent au moins que les auteurs de polars ne sont pas des passants en vacance qui se contentent de traverser le décor.Personne ici n'en douter.
La Corse, c'est par où, svp ? Telle était la question. J'en sais rien. Ou plutot, c'est dans tous les sens. A chaque écriture, chacun d'entre nous tente d'ouvrir, voire de forcer une porte, puis une autre. Certains, plus audacieux, polyphoniques, polysémiques, tentent même de multiplier les angles, d'entre ouvrir autant de portes qu'il y a de voix et de voies.
Cette discussion, heureusement, n'échappe pas à une telle ambition. Prétention ? A nous tous de le dire. A chacun d'y répondre à sa manière.

NB: sur les évenements de Palasca, l'un des forums du site nationaliste Unita Naziunale
contient diverses réactions dont une remettant en cause la notion de communauté de destin. Voir à cette adresse:
http://forucorsu.unita-naziunale.org/viewtopic.php?t=714


Santini Jean-Pierre

Comment à la lecture de vos commentaires en tirer le moindre enseignement puisque les faits qui les provoquent ne sont pas énoncés? Les visiteurs de Corsicapolar ne peuvent absolument pas comprendre de quoi il s'agit. Qu'est-ce qui a fait évènement autour de Martin Broomberg? La moindre des choses serait de reproduire ici, très exactement le texte de l'affichette qu'il a placardé sur les murs de Palasca. On pourait alors entamer une analyse sérieuse du contenu de ce texte.

Elisabeth

Merci Ugo d'avoir complété (ou plutôt commencé à compléter, car elle sera longue) la liste de tout ce et de tous ceux sans lesquels je me refuse à imaginer la Corse un jour.
En postant, hier, je me demandais : allez, qui rebondira sur Martin Broomberg ? Et te voilà ! L'incendie de la forge de Martin Broomberg, et plus encore la tentation à présent de certains "fratelli" de lui imposer silence -en prétendant par dessus le marché s'exprimer là en mon nom et dans mon intérêt- me consterne et m'irrite. Comment se revendiquer de Paoli, et revendiquer pour lui le titre d'homme des Lumières, en oubliant fort à propos qu'un autre homme des Lumières qui fut de ses relations disait en substance "Je déteste vos idées, mais je suis prêt à mourir pour que vous puissiez les exprimer". Oui, bon, Voltaire a écrit bien des choses, et s'est souvent contredit. Et il est mort de vieillesse et non en exposant sa carcasse souffreteuse aux coups des censeurs de tout poil. Il n'empêche.
Si j'ai choisi hier de parler des bergers et non du forgeron, c'est tout simplement parce que la solidarité au sein d'une tribu (en l'occurrence corsicapolar) ce n'est pas seulement partager le pain et le vin du Cap aux heures euphoriques. Danielle était de ceux qui ont fêté à Coti la naissance de l'association, du blog. Mais j'ai cru comprendre que cet été, elle n'a pu être des vôtres, se plonger un peu dans ce bain amical, ravigotant. Et peut-être en avait-elle envie, besoin.
La rentrée pointe son museau blafard et comme le disait l'autre, "bientôt nous plongerons dans les froides ténèbres, adieu vives clartés de nos étés trop courts."
Au moins avez-vous, pour affronter les rigueurs de l'hiver qui se profile, les souvenirs de cet été festif, cordial à plus d'un titre. Raison de plus pour dire aux copains qui se gèlent, loin du feu, "hé ! on est là et on t'a gardé une place au chaud" Alors voilà, il y a, dans mon cœur, une place au chaud pour Danielle que je n'ai vu qu'une fois, mais donc j'ai aimé la droiture, la liberté de parole et avec qui il fait bon y compris ne pas être toujours d'accord en tout. Et à qui je pense au moins une fois par semaine, en allant au marché, rendre visite à mon fournisseur officiel de fromages. Et lorsque j'achète un chèvre de Danielle, tant pis (!) si cela vous prête à sourire, ce que je ramène chez moi, ce n'est pas seulement (même si aujourd'hui c'est déjà beaucoup) un vrai fromage, un fugitif plaisir du palais. C'est l'histoire d'une passion, d'une décision, d'un apprentissage de la Corse, du métier de bergère et de traditions dont on se réempare pour en exprimer le meilleur, d'épreuves qu'ils faut surmonter, d'une solitude qu'il faut apprivoiser. Une histoire d'amour, de persévérance et de courage.
Eccu ! Avà, dite a vostra !

Ferrari

J’ai lu avec attention tous ces mots-maux- commentant le texte d’Ugo. Il se trouve que je me suis impliquée affectivement dans ce qui arrive a Broomberg, un peu plus on va dire, que dans la polémique du lait et des fromages, car j’ai contribué à son prix, en tant que présidente de jury, sur la biennale de Quenza où les qualités artistiques et poétiques de son œuvre ont créé une véritable émotion. En outre, un autre atelier de sculpture avait été cambriolé quelques temps auparavant ! la destruction de l’œuvre d’une vie est un des évènements les plus terrifiants qui peuvent survenir à un créatif, Victor Hugo pleura une semaine parce que je Juliette Drouet avait détruit ses lettres d’amour, voyez le rapport. J’en ai donc été comme tous, indignée et au-delà. Ceci posé, c’est vrai que l’histoire des fromages est dérangeante, mais l’est-elle plus que celle de la charcuterie corse qui sort de chez cochonnou ? Pardon je ne parle pas de toute la charcuterie corse, bien, sûr, mais d’une certaine marque. Ce que je voudrais dire ici est d’un autre ordre. L’écriture si elle se base sur des émotions que nous vivons, sur notre environnement, si elle me permet –ici je ne peux parler qu’en mon nom-de créer des personnages tels que Pierucci , l’écriture est un monde quasiment totalement dissocié de ma propre vie. Que je puise sans ma vie de quoi nourrir ce monde parallèle est une certitude, mais il me serait parfaitement impossible de parler ex abrupto avec la voix de Pierucci. Schize mal accomplie sans doute, au secours Freud ! Le fait est que si le P4 fait mention de ces choses, moi, le montreur de marionnettes, avec ma voix, je ne sais parler de rien. Je m’indigne, je m’émeus, je joute, mais je suis tout simplement incapable de rendre perméable cette barrière entre ce qui est écrit et ce que je dis. Nous sommes, enfin je ,suis bien consciente que ma petite personne n’intéresse nimu, le problème est que je ne sais pas parler au nom de Pierucci de réalités qui lui tiennent à lui pourtant bien à cœur. Peut-être fallait- il pour que je puisse dire les choses la voix d’un personnage à qui j’accorde plus de valeur et de considération qu’à moi ?
Un dernier point, les échanges « déjeuner sur l’herbe » sont intervenus après une saison somme toute chargée, nous nous sommes laissés aller à un rire for « the Happy Fews » avec le sentiment d’être un peu, ce jour là des rescapés ! vous noterez que Martine et Xavier ont sur leur propre blog commenté l’affaire aussi, car elle avait créé une émotion. Mais ce fut, je crois très ponctuel, et n’était pas le principe du blog à la base. Je crois qu’il ne faut rien exclure, le monde doit aller au blog, et le blog au monde, même si de temps en temps le monde se résume à un carré de gazon. Ce carré aura eu le mérite de nous faire écrire et réagir, c’est déjà cela ! non ?
Je reviens sur les fromages, il y aura toujours du bon fromage et du fromage sans goût, du bon saucisson, et un autre qui ne sera qu’une copie, est- ce que d’une certaine façon la médiocrité ne permet pas à l’excellence de se dégager ? Le grotesque met le sublime en valeur, c’est encore Hugo qui le dit ! quoi de plus grotesque que ces fromages qui n’auront de corse que le prix des taxes de leur importation, tandis que les sublimes autres enchanteront la papille par leur magnificence. Rien de tel qu’un mauvais livre, pour en apprécier un bon !
Mais bon, ce n’est que l’avis d’une blonde.

Ugo

Un auteur comme Didier Daeninckx l'exprime et le démontre parfaitement: cette différence entre le journalisme et le romancier, c'est la trace, la mémoire, l'histoire qui la font. Aussi trouvera t on, plus tard, chez l'un ou l'autre de nos auteurs de polars corses, l'histoire d'un fromager menacé, d'une bergére ruinée, d'un forgeron incendié, d'un sculpteur rejeté, d'un restaurateur racketé, d'une romancière inquiétée. C'est pour cela que comme Elisabeth, en tant que citoyen, je ne veux pas d'une Corse où il n'y aurait plus de Danielle Piani, bergére et auteure, à Calcatoggio, où il n'y aurait plus de Martin Broomberg, forgeron et sculpteur, à Palasca, où il n'y aurait plus de Lucien Benvenuti,restaurateur et de Marie Ferranti, romanciére, à Saint Florent. Et vous ? Cette dernière question ce n'est pas seulement à chacun de nous de la poser, c'est à tout un chacun. Non ?

Elisabeth

Bonsoir à vous trois, Ugo, Jean-Paul et Olivier. Nous voilà donc quatre ? Autant vous prévenir d'emblée : personne n'a jamais réussi à m'apprendre à jouer à la belote !
Le mieux est donc d'échanger, débattre autour des questions que soulève Ugo.
Si je me place du point de vue du lecteur, ('voyez de qui je parle ? ce type -ou cette nana- qui n'écrit pas, lui, mais qui connaît déjà vos livres, les apprécie et cherche à retrouver ici un peu de leur ambiance, de leur petite musique, ou qui, ne les connaissant pas, arrivé là au hasard des méandres de la toile, est malgré tout curieux et attend que vous le séduisiez, le fassiez rire ou lui tordiez un peu le cœur, bref que vous suscitiez le déclic qui l'amènera à vouloir lire plus de vous !)je me sens en effet un brin à la ramasse.
Je débarque chez des gens qui ont l'air, a priori, de s'apprécier, ou au moins de se respecter, se frittent un peu la tronche à l'occasion, mais toujours en y mettant les formes (c'est rare et donc appréciable), ont un joli vernis de culture (incollables sur les bons mots et les puissantes pensées des pensionnaires de la Pléiade ! Plus forts que le Dictionnaure des citations !), sont super-contents de faire des choses ensemble (et ils ont bien raison !) et se le disent (et ils ont encore raison).
Par contre, ils ont un peu l'air de se tamponner du fait que d'autres que leurs pareils puissent les lire. C'est simple, j'ai pas l'impression d'être un blog à vocation européenne mais d'être tombé par hasard sur l'intranet du cénacle de Madame de Bargeton !
Cela dit, on ne peut pas leur faire ce reproche que l'on fait si souvent aux insulaires, si repliés sur leur identité, si hermétiques à ce qui se passe dans le vaste monde, si focalisés sur les problèmes qui concernent leur putain de caillou ! Comme si ailleurs il n'y avait pas de problème ! Non, là, vraiment c'est un plaisir : ils s'intéressent à tout, partout ! Aux expos à Bécon-les-Bruyères, à la convention Holmes d'Issoubly-sous-l'Huys, aux misères que fait la justice à de jeunes auteurs (Catherine Fradier, Charles Baudelaire…) La Corse, c'est bien simple : ils n'en parlent jamais ! Elle est au cœur de leurs romans, bon. Mais il faut croire qu'une fois ôtée leur casquette d'auteur, le sujet les gonfle copieux. A moins qu'ils ne vivent dans une bulle depuis laquelle ils créent tout, ex nihilo, et dont ils ne sortent qu'à l'occasion des signatures et des festivals où ils se retrouvent tous, enfin !
Quoi qu'il en soit, ce n'est pas sur ce blog que je retrouverai un peu de ce qui m'a tant amusé ou ému dans leurs bouquins, un peu de cette Corse que je connais… Ou que je ne connais pas du tout, pas plus que leurs livres, mais que je ne demanderais qu'à découvrir… si c'est pas trop leur demander de s'apercevoir que je suis là, et que je n'ai aucune clé qui me permette de rire avec eux de leur dernière beuverie ponctuée de joutes littéraires.
Je caricature, là ? Certes.
Lorsqu'un lecteur dit aimer un auteur, ce n'est pas tant lui qu'il aime que ses œuvres, ce qu'il y a vu ou cru y voir, le plaisir qu'elles lui procurent. C'est égoïste, avide, insatiable un lecteur. Pas avide de vous connaître, même s'il est curieux de votre physionomie, de quelques menus détails de votre vie, surtout s'ils ont quelque lien avec vos romans. Non,il est avide de vos livres, des mondes qu'ils lui ouvrent : il veut plus ! encore ! A peine a-t-il dévoré en une nuit ce que vous avez mis des mois à écrire qu'il réclame déjà la suite. Comment ça dans six mois ou un an ? Peu importe votre fatigue, vos soucis, il veut bien y compatir un instant ou se réjouir un temps du bonheur qui vous éloigne de votre table de travail, mais faut pas bourrer non plus ! Plus que votre vie, il veut la suite, ou à défaut quelques lignes qui le replongent dans le bain de vos romans, histoire de patienter jusqu'au prochain opus.
C'est pouquoi je fais le pari que ce que l'on vient chercher ici, c'est moins l'affirmation que le polar corse existe et que ses auteurs se sont rencontrés et ligués que les silhouettes, familières ou intriguantes de Difrade, de l'ingénieur Pandolfi -ou bientôt de Desanti- de Pierucci, d'Agostini and co. C'est eux qu'on piste, espère. Leurs mots, leur univers, leurs émotions, leurs réactions.
On veut trouver ou retrouver dans vos écrits blogueurs,au fil d'échanges, sérieux ou délirants, un peu du monde de ces personnages qu'on aime ou qu'on sera tenté d'aimer. Retrouver ou découvrir la Corse, revue et commentée, non par un pingouin du JT de 20 h, mais par des auteurs qui puisent dans le quotidien, s'emparent du réel et transforment, créent.

Avant de terminer, une chose… En juillet dernier, a éclaté une polémique sur l'importation de lait par des fromagers. C'est légal. Mais n'est-ce pas prendre le consommateur pour une bille, lui qui, lorsqu'il achète un fromage corse, voit en pensée non un camion citerne rempli de lait débarquant du cargo, mais des troupeaux montant en estive, quelque part vers l'Onda, par exemple ?
La crainte des bergers, et elle est fondée, c'est celle d'une Corse mondialisée où l'on produira un jour du fromage corse, avec des étiquettes se référant à la Corse, ses traditions, ses chèvres et ses brebis si typiques… alors qu'il n'y aura plus en Corse ni bergers, ni chèvres, ni brebis. Vous en pensez quoi, vous ? Qu'en penseraient vos flics, si d'aventure ils enquêtaient autour de ce sujet (un FLNC a menacé les fromagers) ?
Non, je pose la question parce que, dans la famille Corsicapolar, il y a quelqu'un qui s'appelle Danielle Piani. Et si on ne la voit et ne la lit guère c'est que, outre qu'elle n'a pas internet, mener de front l'écriture d'un polar, les soins d'un troupeau de cent chèvres, la confection d'un fromage et d'un brocciu à damner un saint plus quelques archanges, c'est fou ce que ça vous accapare !
Moi, je veux pas d'une Corse où il n'y aurait plus de Danielle Piani, auteur et bergère !
Et vous ?

Eric

Saine interrogation. Depuis que ce blog existe, j'ai bien souvent éprouvé lors de mes passages, certes sporadiques et absolument pas tournés vers la participation active, l'impression étrange de débarquer dans une soirée privée sans carton d'invitation ni vêture appropriée. En quelque sorte de me voir assigner de facto le rôle du gueux qui se gêne presque à regarder les beaux esprits s'esbaudir au souvenir de leur dernière saucisson-party ou disserter doctement sur des textes obscurs. Mais je cherchais en vain des réactions, des réflexions sur la Corse, sa vie, sa société, son actualité, son histoire récente ou ancienne, en bref tout ce qui nourrit un polar, et qui le différencie d'un autre qui se bornera à utiliser quelques clichés en guise de décor plaqué sur une intrigue lambda.
Peut-être était-ce là une impression trompeuse, mais il semblerait que j'étais loin d'être le seul à en être le jouet.
Peut-être fallait-il ce coup de pied au cul qu'on devine affectueux pour que les plumes se délient?
Ci vole a sperala.

olivier

Cette dernière réflexion m'alerte. Si des visiteurs ne voient pas l'intérêt d'une telle vitrine car ils la jugent - à tort ou à raison - trop égoïste, j'ai bien peur qu'à terme cette initiative géniale et nécessaire ne dérive vers un esprit de clan. De nature à exacerber les égos, mais sans réelle plus-value pour le lecteur.


Pourtant, il me plait à penser que dans "corsicapolar", il n'y a pas que ça. Le festival, de par sa conception même, n'était-il pas une formidable occasion d'aller à la rencontre du lecteur ?
Pour moi, ça n'avait rien d'un "bienvenue au club". C'était au contraire ouvert sur le monde et l'invitation d'auteurs venant d'autres horizons est là pour le démontrer. Tout comme la convivialité véhiculée par les organisateurs, et relayée par tous ceux qui étaient là pour partager une passion, mais pas simplement entre eux.
Nous n'avons peut-être pas su communiquer de la meilleure façon qui soit autour de cet évènement mémorable. Enfin je pense.

Jean-Paul

Ouvrir de nouvelles portes, dépasser le blog des potes, dépoter la plante "Corsicapolar" pour que la jeune pousse trouve son terreau corse...
Je suis d'accord avec Ugo et sa correspondante dont la sévérité m'apparaît bienveillante.
Donc, une mise au point salutaire pour que Corsicapolar ne s'enlise pas. A tous de passer le cap... de répondre à l' éveil des consciences polardeuses qui nous vient du Cap corse...
Un petit bonjour d'Aiacciu...

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