L'affaire Ida Renerel relancée
Pandôra, la boîte aux indices

The Ida Renerel'case (Livraison 2 -Saison 2)

Tventurinidr Idarenereldr Livre199_tventurinidr La disparue de la plaine aurait-elle  enfin un visage ? Il manque toujours un doigt à une main. L'intrigue se complique et la boite aux indices s'enrichit de vieux films en noir et blanc en VO sous titrée. Le feuilleton se poursuit...

Denticoni s’était retrouvé avec ce doigt coupé et des étuis de munitions à rajouter dans son procès verbal.

Heureusement, il avait emporté avec lui son paquet de bâtonnets ouatés et, en le vidant, le petit sac en plastique avait servi de réceptacle convenable. Pour s’éponger le front, il sortit le mouchoir avec les initiales de son pauvre père. Bâtonnet et mouchoir, les deux accessoires indispensables pour garder l’ouïe fine et son flair d’enquêteur.

Pour la vue, il disposait d’une paire de lunettes corrigeant sa myopie, seule excuse à présenter pour avoir négligé des indices importants. Il disposait maintenant d’une empreinte digitale et d’un ADN dans un seul doigt. Il restait à découvrir quelle identité se cachait dans les méandres digitaux et les serpentins d’Acide désoxyribonucléique. ..

Maintenant, il faisait des cauchemars. Il y a des jours où Denticoni se dit qu’il laisserait bien béton, mais ce ne sont que des défaillances passagères. Il suffit de laisser un peu de sable du temps s’écouler, d’y jeter dessus un bon verre d’eau de vie pour cimenter les fêlures et refaire la façade de son opiniâtreté de gendarme. Il faudrait cependant fortifier les fondations de son enquête pour ensuite, pierre après pierre, construire la clôture autour du coupable pour la transformer en prison. Mais quel coupable ? Quel crime ?…

Heureusement, une affaire insulaire, qui risquait de faire voler en éclat l’entente des cimentiers avec de nouvelles éclaboussures médiatiques, occupait la magistrature et sa hiérarchie, tout en mettant du liant dans l’histoire. Personne ne lui avait encore mis la pression pour que les investigations avançassent plus vite, à part, peut-être, un lecteur de polar qui confondait fiction et réalité… Même pas le Substitut Camesson.


Etienne Camesson cachait, derrière son dexième prénom " Ferdinand ", un secret de famille. Ferdinand était son trisaïeul, né à Boubers sur Canche dans le Pas de Calais et décédé à la prison de Riom, , sans domicile fixe.

Au palais de justice, ses collègues surnommait le juge aux grands pieds " le clown " ou bien " Jameson " , une allusion à son goût affirmé pour la boisson gaélique aux reflets cuivrés et aux effets d’une bonne cuite. Etienne, Ferdinand Camesson avait fait la plus grande partie de sa carrière dans des îles lointaines qui lui avaient donné le goût du " Kolé Séré" et des peaux noires. La biguine et ses béguins lui avaient valu des menaces de mort de la part de quelques maris jaloux. D’île en île, il s’était rapproché de la France pour se retrouver en Corse, où il avait trouvé charentaise à son pied puisque son épouse était native de Gardes-le-Pontaroux,.

" Quétou qu'olé ? " était la question que sa drôlesse lui posait de façon récurrente. Si ces mots de patois charentais lui rappelaient ses frasques antillaises, ils signifiaient en réalité " Qu’est-ce que c’est ? " car, en Corse, la Charentaise un peu sourde avait pris du sable dans les oreilles. Lorsque nous disons " à son pied ", nous devrions dire à ses pieds, puisqu’il s’agissait de sa greffière devenue son épouse. Nous ne mettrons pas un pied de plus car le reste est du domaine de la vie privée.. et depuis lors, ils eurent un caniche, un matou corse et, avec l’aide de la science, une fille.

Après le mariage, la justice était devenue une affaire familiale et notre juge faisait des rêves de grandeur. Il se voyait vêtu d’un habit bleu sur une robe rouge, et coiffé de son bonnet rond sur lequel une balance était cousue de fil d’or. Parfois la plume de Maât venait et voletait au dessus des plateaux de la balance lorsqu’il siégeait au tribunal d’Osiris…

Sous sa toque de magistrat, Camesson avait pu développer son esprit cartésien, mais, en Corse, c’était sa part d’irrationnel qui prenait le dessus, la part qui rêve. Pour l’heure notre porteur de mortier ( c’est ainsi que l’on désigne la toque d’un magistrat) était accaparé par l’affaire des cimentiers… Cette enquête ne semblait pas bâtie sur du sable sur lequel on avait pas semé : L’action judiciaire engagée n’était pas inutile.

Bien sûr, les ententes illicites ne sont pas des mystères et l’énigme posée par Ida Renerel est bien plus Holmesienne. Il s’agit d’un doigt coupé, non d’un nez. On aurait pu alors penser que Ida Renerel était devenue une nazimozze, cette fée corse sans nez, ou bien qu’elle avait fourré son nez là où il ne fallait pas , comme ,par exemple, une affaire d’entente illicite…

Lorsqu’il lisait la presse, notre adjudant Denticoni voyait des doigts coupés partout.

En Californie, une femme affirme avoir découvert un morceau de doigt dans son sandwich et en Ecosse, un chef cuisinier s’était coupé un doigt en ouvrant un avocat. Ce crétin de gendarme Olivieri n’arrêtait pas de chanter …

Oh oh oh jolie poupée

sur mon doigt coupé

oh oh oh jolie poupée

tu me fais chanter

Y'a des marteaux du stylo intellectuels

moi j'ai du style au marteau j'suis un manuel

j'tap' sur un clou j'me tap' sur les doigts

j'coup' un bout d'bois j'me coup' un bout d'doigt

heureus'ment j'ai tout prévu en pareil cas

sous la main j'ai du coton sparadrap

Oh oh oh jolie poupée

sur mon doigt coupé

oh oh oh jolie poupée

tu me fais chanter

oh oh oh jolie poupée

sur mon doigt coupé

oh oh oh jolie poupée

bobo pas pleurer…

Et si ce doigt n’était que le premier d’une série ? Aucune revendication n’était parvenue officiellement. Les deux messages anonymes pouvaient être des plaisanteries de mauvais goût ou l’œuvre d’un fou. La thèse de l’enlèvement n’était pas idiote puisqu’aucun corps n’avait été retrouvé…. Notre enquêteur enleva son képi pour donner plus d’espace à son crâne dans lequel les idées se trouvaient à l’étroit, lorsque le curé du village entra dans la gendarmerie. Le saint homme venait voir l’adjudant pour lui faire part de la peur collective de ses ouailles. L’affaire du doigt coupé alimentait toutes les conversations. Les rumeurs allaient bon train et nos villageois voyaient derrière tout cela la main du malin

Alors que Denticoni s’évertuait à rassurer notre curé qui ne pratiquait pas l’exorcisme, ce dernier sortit un livre de sa poche et lui fit la lecture du martyre de Saint Jacques l’Intercis : un extrait de La légende dorée de Jacques De Voragine, œuvre traduite par l’Abbé J-B M. RozeL'ABBÉ, Chanoine Honoraire de la cathédrale d'Amiens, aux éditions Edouard Rouveyre.

" … Alors, les bourreaux lui coupèrent le pouce de là main droite; et Jacques s'écria : " Jésus de Nazareth, mon libérateur, recevez ce rameau de l’arbre de votre miséricorde; car, celui qui cultive la vigne en coupe le sarment, afin qu'elle pousse de plus beaux jets et qu'elle produise avec plus d'abondance. " Le bourreau lui dit : " Si tu veux obéir, je puis encore t'épargner, et je te donnerai des médicaments. " Jacques répondit: " N'as-tu pas vu un cep de vigne? Quand on coupe les sarments, le noeud qui reste produit de nouvelles branches, à chaque taille, quand le temps est venu et que la terre commence à s'échauffer; si donc on taille la vigne à différentes époques, pour qu'elle produise des jets, à combien plus forte raison le chrétien fidèle en donnera-t-il, lui qui est enté sur la véritable vigne qui est le Christ? " Alors, le bourreau vint lui couper le second doigt. Et le bienheureux. Jacques dit : " Recevez, Seigneur; ces deux rameaux qu'a plantés votre droite. " Il coupa encore le troisième, et saint Jacques dit : " Délivré d'une triple tentation, je bénirai le Père, le Fils et le Saint-Esprit, et avec les trois enfants préservés dans la fournaise, je vous confesserai, Seigneur, et en union avec le choeur des martyrs, je chanterai des cantiques à votre nom, ô Jésus-Christ ! " Le quatrième doigt fut coupé aussi, et Jacques dit: " Protecteur des enfants d'Israël, qui avez béni jusqu'à la quatrième génération, recevez de votre serviteur le témoignage de ce quatrième doigt, comme ayant été béni en Juda. " Quand le cinquième doigt fut coupé, il dit : " Ma joie est, complète. " Alors, les bourreaux lui dirent : " Epargne maintenant ta vie ne meurs as, ni ne te contriste point d'avoir perdu une main ; car il y en a beaucoup qui n'en ont plus qu'une, et qui possèdent beaucoup de richesses et d'honneurs. " Le bienheureux Jacques répondit : " Quand les bergers se mettent à tondre leurs troupeaux, enlèvent-ils seulement la toison de droite, et laissent-ils celle qui est à gauche? Et moi qui suis un homme raisonnable, dois-je moins dédaigner d'être tué pour Dieu ? " Alors ces impies s'approchèrent et coupèrent le petit doigt de la main gauche, et Jacques dit : " Vous, Seigneur, vous étiez grand, et vous avez voulu vous faire tout petit et chétif pour nous; c'est pour cela. que je vous rends le corps et. l’âme, que vous avez créés et rachetés de votre propre sang. " On coupe ensuite le septième doigt, et il dit : " Sept fois le jour, j'ai célébré les louanges du Seigneur. " On coupe le huitième, et il dit : " Le huitième jour, fut circoncis Jésus, et le huitième jour, on circoncit l’hébreu, afin de l’admettre aux cérémonies légales; faites donc, Seigneur, que l’esprit de votre serviteur se sépare de ces incirconcis qui conservent leur souillure, afin que je vienne à vous et que je voie votre face, Seigneur. " On coupe ensuite le neuvième doigt, et il dit : " A la neuvième heure, le Christ rendit l’esprit sur la croix; ce qui me fait confesser votre nom et vous rendre grâces par la douleur de ce neuvième doigt. " On coupe le dixième; et il dit : Le nombre dix est celui des commandements... Alors, quelques-uns de ceux qui étaient là lui dirent : " O vous, qui avez été autrefois notre ami intime, faites votre déclaration seulement devant le consul, et vous vivrez ; car, quoique vos mains soient coupées, il y a cependant de très habiles médecins qui pourront guérir vos douleurs. " Jacques leur dit : " Loin de moi une si infâme dissimulation ! car quiconque, ayant mis sa main à la charrue, regarde derrière soi, n'est point propre au royaume de Dieu. ". Alors, les bourreaux indignés s'approchèrent et lui coupèrent le pouce, du pied droit, et Jacques dit : " Le pied du Christ a été percé, et il en est sorti du sang. " On coupe le second doigt du pied, et il dit: " Ce jour est grand pour moi, en comparaison de tous les autres de ma vie ; car aujourd'hui, j'irai vers le Dieu fort. " Ils coupèrent aussi le troisième, qu'ils jetèrent devant lui ; alors. Jacques dit en souriant : " Va, troisième doigt, rejoindre tes compagnons,; et de même qu'un grain de froment rapporte beaucoup de fruits, de même aussi, au dernier jour, tu reposeras avec tes compagnons. " On coupe le quatrième, et il dit : "Pourquoi es-tu triste, ô mon âme, et pourquoi te troubles-tu ? Espère en Dieu, car je lui rendrai encore des actions de grâce; il est mon Sauveur et mon Dieu." On coupe le cinquième, et il dit " Je puis dire maintenant au Seigneur qu'il m’a rendu digne d'être associé à ses serviteurs. " Alors ils prirent le pied gauche, et en coupèrent le petit doigt, et Jacques dit : " Petit doigt, console-toi, car le petit et le grand ressusciteront également; si un petit cheveu de la tête ne périra pas, pourquoi serais-tu séparé de tes compagnons ? " On coupe le second, et Jacques dit : " Détruisez cette vieille maison, car on m’en prépare une plus belle. " On coupe le troisième, et, Jacques dit: " L'enclume s'endurcit sous les coups. " On coupe encore le quatrième, et il dit : " Fortifiez-moi, Dieu de vérité, parce que mon âme se fie en vous et que j'espérerai à l’ombre de vos ailés, jusqu'à ce que l’iniquité soit passée. " On coupe . aussi le cinquième, et il dit : " Voici, Seigneur, que je, m’immole pour vous vingt fois. " Alors ils lui prirent le pied droit et le coupèrent ; Jacques dit : " J'offre ce présent au roi du ciel, pour l’amour de qui j'endure ces tourments. " Ils coupèrent ensuite le pied gauche, et le bienheureux Jacques dit : " C'est vous, Seigneur, qui faites des merveilles ; exaucez-moi et me sauvez. " Ils coupèrent la main droite, et il dit : " Que vos miséricordes me viennent en aide, Seigneur! " A la gauche, il dit : " C'est vous, Seigneur, qui opérez des merveilles. " Ils coupèrent le bras droit, et il dit : " O mon âme, louez le Seigneur. Je louerai le Seigneur pendant ma vie; je célébrerai la gloire de mon Dieu, tant que je vivrai. " Après quoi, ils coupèrent le bras gauche, et il dit " Les douleurs de la mort m’ont. environné ; au nom du Seigneur, j'en serai vengé. " Alors ils s'approchèrent., et coupèrent la jambe droite en la sciant jusqu'aux reins. Le bienheureux Jacques, accablé par une douleur inexprimable, s'écria : " Seigneur Jésus-Christ, aidez-moi, car les gémissements de la mort m’ont environné. " Puis, il dit aux bourreaux : " Le Seigneur me recouvrira d'une nouvelle chair, que vos blessures ne sauront souiller." Les bourreaux étaient épuisés, parce que, depuis la première heure du jour , jusqu'à la neuvième, ils avaient sué à le trancher. Enfin ils prirent sa jambe gauche, et la coupèrent jusqu'aux reins. Alors saint Jacques s'écria : " Souverain Seigneur, exaucez un homme à demi mort ; vous êtes le . maître des vivants et des morts. Des doigts, Seigneur, je n'en ai plus pour les lever à vous; des mains non plus, pour les étendre vers vous ; mes pieds sont coupés et rues genoux sont abattus, je ne puis plus les fléchir devant vous ; je suis comme une maison qui a perdu ses colonnes et qui va crouler. Exaucez-moi, Seigneur J.-C., et ôtez mon âme de prison. " Après ces mots, un des bourreaux s'approcha et lui coupa la tète… "

Denticoni était resté muet alors que l’angoisse l’envahissait à l’idée de recevoir un cadavre en kit. L’homme d’église lâcha, avant de retourner dans sa maison de Dieu : "  Il ne faut surtout pas prendre cette histoire à la légère. Mon petit doigt me l’a dit… " Denticoni avait été à deux doigts de pousser un juron… C’est ainsi que s’acheva la rencontre entre le sabre et le goupillon.

Les bonus de la boite aux indices

Trois éléments audiovisuels sont parvenus aux enquêteurs durant la saison 2. Dans l'ordre d'apparition à l'écran:

Bonus 1 dans lequel  on découvre le vrai visage de la femme disparue et que les sous titres  ne sont pas toujours fidéles à  la version originale

Bonus 2 dans lequel on n'apprend pas grand chose sauf qu'il y a des auteurs qui remplacent leur manque d'imagination par un usage récurrent des nouvelles magies du web 2.0

Bonus 3 dans lequel Ida trouve mignon le gendarme Denticoni et où le substitut Camesson menace de refiler l'enquête au SRPJ.

A suivre.....

 © Cepa Miveco et Mico Vepace - Corsicapolar - Mars 2007 (Version 2.2 chronologique  et intégralement correcte à ce jour) La livraison est assurée chaque fois que de besoin afin de faciliter la lecture des commentaires plus ou moins délirants qui traduisent le caractère fantasque de leur auteur. La fidélité des livraisons par rapport aux originaux mis en ligne en temps réel est scrupuleusement contrôlée. Toutes réclamations concernant ces livraisons doivent être adressées au secrétariat de la rédaction du blog Corsicapolar. Celui-ci n'assure cependant aucun SAV, ni dépannage en cas  d'incompréhension ou de confusion du lecteur. Les scripteurs de la saison 1 et de la saison 2 tiennent à remercier tous ceux qui ont eu le courage et la patience de les lire jusqu'ici.

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