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Microcosmos, Shakespeare et les cousins

Truandsdrallocinefr Les cousins ont mis un contrat sur Claude Corti...C'est dit dans la bande annonce de Truands, le  film de Frederic  Schoendoerffer, sorti en janvier. Aprés Scénes de crimes et Agents secrets, le fils de Pierre Schoendoerffer tente une plongée, au coeur du grand bandistisme, dans l'Île de...France.

Mon ambition était de faire "Microscosmos chez les voyous" -explique, dans Allocine.fr, le réalisateur- pour permettre au spectateur d'approcher au plus près ce monde impénétrable, secret, dangereux. J'ai voulu développer une "intrigue shakespearienne" en la situant dans ce milieu avec la plus grande véracité.
N'est pas Martin Scorsese qui veut. Ereinté par la critique, jugé trash et gratuit, le film a tout de même retenu l'attention du Polar blog de Bastien Bonnefous, plus indulgent.

Commentaires

Ceccaldi

Je n’ai pas vu le film Truands, en dehors de la bande annonce. J’ai écouté une interview de Philippe Caubère qui joue le rôle à contre emploi de Claude Corti.

Pour ceux qui ne la sauraient pas, Philippe Caubère est un acteur qui vient du théâtre. Il est né à Marseille. Dans les années 1968, il a été d’abord comédien au TEX, Théâtre d'Essai d'Aix-en-Provence, en compagnie de Maxime Lombard. Dans les années 1970, ils sont montés à Paris et on les retrouve dans la troupe " Théâtre du Soleil ".

J’ai vu Philippe Caudère dans son premier film qui était étroitement lié au théâtre puisqu’il s’agit de celui d’Ariane Mnouchkine sur la vie de Molière. Il était à l’époque dans une troupe qui se produisait à la Cartoucherie de Vincennes, théâtre dont la directrice était Ariane Mnouchkine. C’est là que, en 1978, je l’ai vu dans Don Juan ou le festin de Pierre Molière avec le Théâtre du Soleil. Il était le metteur en scène et jouait Don juan alors que Lombard était un magnifique Sganarelle. Caubère était un Don juan de Molière inspiré aussi par celui de Tirso de Molina dont la pièce est intitulé " Le baiseur de Séville ". J’ai vu de la commedia dell’arte interprétée avec des nezs de Carnaval par des acteurs dont le jeu rappelait parfois les Marx Brothers. Le rideau se levait sur un effet comique assuré : le pet de Sganarelle. A partir d’un classique, Caubère montrait un spectacle burlesque et très drôle, dans un décor étonnant.

J’ai retrouvé un entretien de Caubère sur la préparation de son rôle et en voilà un extraits : " …j’ai repris un clown que j’avais improvisé avec Ariane au cours de L’Âge d’or, complètement fasciste, qui dévastait tout sur son passage ; un personnage sans morale. J’avais l’idée de m’en servir pour Dom Juan. Mais finalement, je ne suis jamais parvenu à faire le joint entre les deux. En fait, j’avais une idée très, trop intellectuelle du personnage. Je voyais une sorte de Mick Jagger, un peu coq de village, un peu androgyne, comme un serpent. Et je me suis débrouillé comme j’ai pu avec ces images ".

A l’époque, cette version de Don Juan a fait scandale chez les puristes mais a remporté un franc succès chez les autres et notamment auprès des jeunes scolaires amenés par des enseignants séduits par la mise en scène originale et le jeu des acteurs. Connaissant la pièce dans le registre classique, je n’étais pas le seul à rire sans complexe.

Tout cela, bien sûr, remonte à un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître… et, pour en venir à " Truands " , j’irai voir le film, car un acteur tel que Philippe Caudère, a du s’embarquer dans un film dérangeant et donc attaqué par les gens que cela dérange. Cela ne signifie pas qu’il est forcément mauvais. Bastien Bonnefous écrit que Schoenderffer a réussi son pari : montrer la violence telle qu'elle est, abjecte et en même temps grotesque. Il ajoute « Il reconnaît y être allé franco, sans faux semblant, avec un seul but : montrer ce milieu tel qu'il est, sans le mythifier, dans toute sa violence dégueulasse. Et au final, que voit-on ? Des types, ces grands truands dont on lit rarement les noms dans les journaux, qui ont dans une main leur bite, dans l'autre leur calibre, et pas grand chose entre. Leur cerveau a été vidé de toute culture générale et remplacé par un tiroir-caisse ». A notre époque, comment s’offusquer du réalisme trop violent de certaines scènes dans une fiction, alors que la violence fait partie d’une actualité quotidienne ( et souvent diffusée aux heures de grande écoute )..

Nous n’allons pas rappeler la filmographie de Philippe Caubère mais il faut signaler " ARAGON – L'AN 2000 N'AURA PAS LIEU " de 1998 : deux spectacles conçus d'après l'œuvre poétique de Louis Aragon filmés par Bernard Dartigues aux Iles du Frioul ( face à la Bonne mère ). Il existe le DVD. Philippe Caudère a dit sur ce film : " Rien ne m’empêchera d’adorer et de célébrer ce poète et cet homme, son engagement vital, sa capacité d’amour, de haine, de mépris, de courage, d’amertume et de désespoir. Son génie. Rien. Il y a tout là-dedans : la guerre de 14, le surréalisme, la Révolution d’Octobre, la guerre de 40, la Résistance, le communisme, la désillusion, la vieillesse, la solitude, et bien sûr partout : l’amour. Tout ce qui m’intéresse dans la vie (à part peut-être le sexe…) est là, formulé dans la plus belle langue imaginable. Aragon, c’est la tragédie du 20ème siècle ".

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