Olivier Collard

OlivercollarddrixceaJe me définis volontiers comme un petit auteur de foires. Fortement ancrés dans le(s) terroir(s), mes livres sentent bon la nepita, le figatellu et le brocciu passu.


Ni star, ni académicien (encore mois les deux ensemble !) je crois tout simplement qu’un grain de passion suffit à déplacer des montagnes (de mercantilisme, de népotisme aussi).

Pour permettre à des personnages hauts en couleur de sortir enfin prendre l’air : ils étaient tellement à l’étroit, dans ce petit recoin de mon cerveau.

Et qui sait s’ils n’éveilleront pas en toi cette incessante métamorphose du sentiment et de l’émotion qui m’anime ?

 

Publications

 Pour toi c’était gratuit

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L’histoire : celle de René Blanchard, un reclus rattrapé par son passé. Et surtout par le Divisionnaire Lagarce, qui a bien la gueule de son nom. Et qui n’a semble-t-il qu’une idée en tête : embastiller Blanchard, ce prête-nom bien innocent… que tout semble pourtant accuser !
Seulement voilà, un évènement pour le moins inattendu vient ébranler la pègre azuréenne. Et contrarier l’implacable machine policière.
Dès lors, confrontés à une situation singulière et intrigante (ce pauvre Blanchard aurait-il un ange gardien ?), les protagonistes sortent peu à peu du rôle qui leur semblait dévolu. Jusqu’à leur ultime confrontation, à l’issue incertaine…
Un « polar », assurément. Mais pas une nième histoire de flic et de voyou. Tous les acteurs du triangle de Karpman y sont présents, et l’ambivalence des personnages les amène à jouer des rôles parfois inattendus.
Cet éloge de la candeur est agrémenté d’expressions régionales croustillantes à souhait, mais sans jamais verser dans le folklore : l’auteur a voulu dépeindre ce Pays et ces figures qu’il aime tant dans un souci d’indéniable justesse.

 Collard1drixcea
Commentaire de l’auteur : il y a sept ans, notre amour pour la corse nous a conduit, mon épouse et moi, à prendre un nouveau départ. Quelque temps plus tard, j’ai eu envie de dire mon amour pour la corse, non pas à la façon d’un roman noir qui s’appesantit sur tous les maux, réels ou imaginaires, dont peut souffrir une société souvent médiatisée, rarement comprise. A l’inverse de tous ces poncifs, je voulais écrire un truc ludique qui, tout en mettant à l’honneur la solidarité corse en action, décrirait avec humour et tendresse les figures de ce pays que j’aime tant. J’ignorais complètement où tout ça me mènerait, j’avais juste envie d’extérioriser ce que je ressentais.
Epuisé dès la première saison, cet ouvrage a d’abord fait l’objet d’un retirage chez Ixcéa avant de subir une cure de jouvence. Avec le recul, j’ai réalisé que j’en avais fait des caisses. C’était presque trop bien écrit pour du polar. Alors j’ai donné un coup de poing au récit. En coupant certaines scènes. Car cette histoire teint davantage de la fiction cinématographique que de la littérature classique. En un mot, je l’ai complètement réécrit. Mais en veillant à lui garder la fraîcheur d’un premier roman.

 

Vous souvenez-vous d’Antonella ?

9782953127911 Blanchard. René Blanchard. Vous savez, celui par qui le scandale arriva. Il y a quelque temps déjà, ce pathétique prête-nom eut la désagréable surprise d’être rattrapé par son passé.
Et accessoirement par le divisionnaire Lagarce (qui a bien la gueule de son nom).
Comme quoi un malheur n’arrive jamais seul. Malgré tout, les choses auraient pu tourner plus mal pour le fantoche si son mystérieux « ange gardien » ne l’avait pas sorti de la mouscaille. Pour cette fois, le « sérial-looser » s’en était plutôt bien sorti. Presque malgré lui.
Et sans jamais se départir de son incorrigible candeur.
Source d’interminables tracas dans la jungle des affaires, sa naïveté lui valut – et contre toute attente – une relative clémence de la part des magistrats, peu habitués à voir
un nigaud pareil fricoter avec la pègre. Bref, avec son air « c’est la faute à pas d’chance », le pantin – flanqué d’une avocate commise d’office aussi timorée qu’empotée – avait fini par engourdir même ses plus sévères détracteurs.
Qui reconnurent que le malheureux s’était fourvoyé, mais à son insu, dans la pire des culpabilités. Celle des autres, évidemment...
Au nombre des « autres », figurait « le grand Arno ». Un individu affable, connu pour sa générosité naturelle. Cet escroc au grand cœur, toujours prêt à proposer une bonne gâche à tous les nécessiteux qui venaient frapper à sa porte, avait le chic pour s’embarquer dans des
plans foireux. Et pas seulement lui, mais tous ceux qui lui faisaient confiance. Des paumés, des marginaux, des barjots en tous genre – tout ce que la fracture sociale produit de sportif et de sain – faisaient son affaire. Pourvu évidemment que les larbins soient encore dans la force de l’âge. Et accessoirement pas trop regardants.
Ceci dit, les inemployables – qui ont aussi besoin de gameller – se payent rarement le luxe de pinailler. En échange d’un salaire de misère, agrémenté d’un semblant de reconnaissance, ils deviennent les lampistes les plus réglos qui soient. L’archétype du sous-fifre qui endosse sans broncher. Qui ne rechigne pas à porter le béret en cas de coup dur. Et qui excelle dans le rôle de bouc émissaire. Comme ce pauvre René Blanchard.
Que dire de plus alors ?
Arno, le cynisme fait homme ?
Que ça ne soit jamais le cas !
Et d’abord, c’est pas une manière de parler d’un mort. Encore moins quand il est regretté. C’est qu’il en avait sorti plus d’un de la mouise, le grand Arno. Sous ses airs de mafioso, c’était un sentimental. D’accord, ce beau parleur avait la fâcheuse manie d’embobiner tous ceux qui restaient un peu trop pendus à ses lèvres.
Mais qui oserait le lui reprocher ?
Certainement pas ses anciennes recrues.
D’une manière ou d’une autre, ils auraient fini par mal tourner. Alors…
Alors même s’ils croupissent au château – et pour un bon moment – les margoulins se souviennent de l’époque où ils croquaient. Et ils en bavent encore. Conscients que si leur route n’avait pas croisé celle du grand Arno, jamais ils n’auraient eu l’occasion de mener la grande vie, comme tous ces gens qui sont bien nés. Mais grâce à leur mentor, au moins ils ont pu jouer dans la cour des grands. Travailler avec de grosses sommes. Juste pour la frime. Car ce diable de Arno avait su donner une dimension inespérée à leur misérable existence de cloportes. C’est vous dire s’il était apprécié. Remarquez, ça l’a pas empêché de se faire dessouder. Mais par qui, et pourquoi ?
Les mauvaises langues vous diront que ce fieffé menteur avait fini par faire les frais d’une vengeance personnelle. Pour ne rien vous cacher, les soupçons se sont d’abord portés sur un certain René Blanchard, son pantin de l’époque. Car l’innocent n’avait rien trouvé de mieux que de coller ses grosses mimines pleines de doigts sur l’arme du crime. Un Beretta 92, que le suspect – on le savait de source sûre – avait dérobé à la victime quelque temps auparavant. Bref, le Commissaire Divisionnaire Lagarce croyait tenir là le suspect idéal. Aujourd’hui pourtant, avec le recul, on sait que le dénommé Blanchard, ce sous-fifre sans envergure, n’y était pour rien. Le mode opératoire, terriblement audacieux, accréditant plutôt la thèse du grand banditisme. Le tueur s’introduisit au domicile de la victime sans laisser la moindre trace d’effraction. Puis il lui déroba son automatique et l’attendit le plus tranquillement du monde. Au nez et à la barbe de sa légitime, trop affairée pour remarquer quoi que ce soit d’anormal. A propos, vous souvenez-vous d’Antonella ?
La belle toscane, Blanchard la connaissait de réputation. Comme flambeuse de première, on faisait pas mieux. On la disait aussi femme de tête. Encore que…
Du vivant de son mari, au moins cette redoutable prédatrice avait la correction de rester dans l’ombre. En attendant son heure. Mais à présent que la veuve noire était sortie de son cocon, plus rien ne semblait la retenir.
Ne venait-elle pas d’embarquer son lampiste préféré dans un abominable jeu de dupe ?
Dans une embrouille douteuse et léonine à la fois ?
Irrésistiblement douteuse, et redoutablement léonine.
Tout le portrait de la belle Antonella Nicoli.
Qui vient juste de se volatiliser. Laissant au fantoche de service le soin de payer les violons du bal…

 

Antonelladrolivierollardedlyxea_1Commentaire de l’auteur : après l’éloge de la candeur, j’ai voulu écrire quelque chose de complètement différent. Une histoire qui, tout en continuant d’exploiter le thème du prête-nom (un thème méjugé, quasiment inédit dans le noir) pousserait à son paroxysme toute l’ambiguïté qu’il recèle (et d’abord ça veut dire quoi, être fourvoyé dans la culpabilité d’autrui ?) Cet ouvrage établit le règne des faux semblants, des contre-évidences parfois. Tout en proposant, dans son premier niveau de lecture, une invitation voyage qui permettra au lecteur de s’immerger dans la corse de l’intérieur. Cette corse authentique, quasiment intemporelle (préservée des affres de la modernité). Où toute une société puise ses racines. Comme le précédent, cet ouvrage a été complètement réécrit avant d’intégrer la collection « cursinu ».

 

Corbeaux morts

9782953127928 Il existe, accrochée aux contreforts granitiques du Massif Central, perdue entre la Marche et la Combrailles, une province oubliée, théâtre d’une singulière rencontre de la terre et de l’eau. Un pays de mélancoliques frimas, où même quand il ne pleut pas le sol reste gorgé d’humidité. Il existe une contrée enclavée – mais elle est millénaire – qu’un exceptionnel foisonnement de verdure préserve des affres de la modernité. Une terre de mystères, méjugée parfois. Mais dont les originaires comme les « rapportés » (ces néo-ruraux en quête d’authenticité) auraient vraiment de quoi être fiers. Oui, être fiers ! Nonobstant l’insolente prospérité de la Chiraquie  voisine, où, paraît-il, même les vicinales sont dotées d’un épais tapis de macadam…Ici, on ne parle pas beaucoup. Pas à n’importe qui, en tous cas. Ou alors, il faut montrer patte blanche. Inspirer confiance. Passer la douane. Pour enfin s’entendre dire : « finissez d’entrer ». Ou mieux encore : « chabatz d’entrar », comme on dit dans la langue du pays.

Chabatz d’entrar… Un aphorisme légendaire, symptomatique d’une région où jadis l’hospitalité faisait loi, et qui résonne aujourd’hui encore comme un précieux sésame. Une parole de bienvenue que le Commissaire Lagarce – chargé de débouérer l’affaire – serait bien avisé de prendre au pied de la lettre. Sans quoi son récent limogeage – synonyme de sérénité pour sa hiérarchie, mais d’ennui assuré pour un teigneux comme lui – pourrait bien lui passer le goût des aventures flicardières. Tout le contraire, à priori, de cette enquête champêtre.
Seulement voilà, ces hautes terres recèlent plus d’un mystère. Sur ce point, je vous ai déjà prévenus…

Dernier_collard Commentaire de l’auteur : à l’heure où le label « polar corse » commence à devenir un argument commercial, j’ai préféré prendre la tangente plutôt que de surfer sur cette vague providentielle, mais qui aboutit parfois à une surexploitation de clichés dévalorisants pour la corse. Ne souhaitant donc pas verser dans le roman noir, et encore moins m’approprier ce qui ne me revient pas, j’ai placé l’action en « terrain neutre ». Une région méjugée de la sphère occitane, mais qui illustre bien ce qui risque d’arriver lorsque des nécessités politiques ont d’abord conduit le pouvoir à minorer une langue, avant de tenter de l’exhumer, comme pour mieux la confiner dans les oubliettes du folklore. Tout ça sur fond de spéculation immobilière exacerbée. Bref, ce véritable « polar limousin » (ben oui ça existe) en dira long sur la corse. Et peut-être bien plus qu’il n’y paraît. Il n’y a guère que la médiocrité des élites qui peine à trouver son pendant. Encore que…