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Déjà plus de onze romans publiés aux éditions Jigal
Né le 8 juillet 1947 à Marseille.
A l'âge de 19 ans, comme tous les jeunes gens, je fus appelé
sous les drapeaux, je m'y rendis mais sans trop me presser. J'arrivai à la
caserne souriant, bronzé et on me mit au trou. Mi-figue Mirador j'y croupis
quelques mois en compagnie du silence et des puces.
Un beau matin le désir me vint d'être amoureux. Je m'évadai de ce cachot.
Déserteur. Muni de faux papiers je franchis le frontière, courus l'Europe, me livrai
aux menus travaux et misères de la route, séjournai à Istanbul. Je revins deux
ans plus tard caresser ma langue maternelle.
A Marseille on m'embaucha dans un Hôpital Psychiatrique comme auxilliaire
puis infirmier. Pendant 7 ans j'observai les étranges contorsions de la folie.
Ayant un peu perdu là toute notion du bien et du mal j'écrivis deux pièces de
théâtre que je jouai dans le Sud de la France. Sans m'en rendre compte je
glissai du théâtre à l'écriture romanesque et là tout me servit: ce que j'avais
vu dans les prisons militaires, sur les routes, à l'asile. j'entamai alors le
grand voyage immobile.
Je savais qu'un jour Rimbaud avait dit: " En avant, Route! "
Il
ne me restai plus qu'à faire le plein de mon stylo.
Des chemins noirs à Lettre à mes tueurs, la bibliographie de René Fregni est une impressionnante cavale contre la mort.
Dans sa rubrique A tu per tu, le site italien Thriller Magazine a publié en 2005 un entretien avec Gianni Biondillo conduit par le romancier Luca Crovi: Quattro chiacchiere su Quarto Oggiaro
Chirurgien ophtalmologue de profession, Giorgio Todde exerce à Cagliari, en Sardaigne, où il est né. Il écrit depuis l'age de vingt ans. Tous les jours.
«Enfant, lorsque, en vacances, je regardais un coucher de
soleil, j'étais pris immédiatement à la gorge par l'angoisse la
plus douloureuse. J'ai compris plus tard que c'était mon rapport
avec la mort, la perte du corps qui était en jeu. Et c'est encore
comme ça, même si maintenant je vais mieux. Le paysage est tout
pour moi, parce qu'il est, après le mamelon maternel, la deuxième
attache identitaire. Le reste vient après. Je suis pessimiste, car
les êtres humains s'habituent à tout, aux banlieues les plus dures,
aux camps de concentration, aux dépaysements les plus inhumains. Un
peuple qui sauve son fromage de brebis et détruit le paysage est un
peuple qui mérite de disparaître. Dans mes romans, je ne décris
jamais le paysage, parce que, j'en suis convaincu, on ne peut pas
le faire. Tu peux parler de ce qu'on ressent, mais notre langue n'a
pas les moyens de rendre ce qu'on voit. Le paysage nous englobe et
nous repousse à la fois, nous laissant anéantis sur son seuil,
comme vidés de notre propre substance humaine.»
(citation extraite de l'article de Jean-Baptiste Marongiu, Les mains sardes, in Libération du 22 février 2007)
Le site, eddyburg.it, de l'urbaniste Edoardo Salzano, receuille les chroniques de Giorgio Todde que l'auteur tient réguliérement dans le journal La Nuova Sardegna.