Il y a d’abord un silence puis un écho au silence qui fait trop de bruit.
Un regard vide.
Une bouche qui s’ouvre : aucun son ne sort.
Une main sur les lèvres qui retient un souffle.
Un soupir s’échappe, il s’élève et de nouveau le silence, en bas.
Loin dans les nuages, le soupir avance, s’envole, passe et repasse retenant son souffle, le pire.
Une image, deux images sur le sol, entre les pierres, sur le
béton : une trace apparaît.
Traces de rien,
traces de tout.
Traces des ancêtres disparus.
Subrepticement la trace se transforme en fissure, en fêlure mais
de qui donc, de quoi ? A quoi
pense-t-on ? A rien d’abord.
Mais sur la route … :
traces de roue,
trace de retenue, d’ancêtres
disparus ….
Trace d’un arrêt brutal : arrêt sur image ?
Quelles images ?
Celles de l’impossible horreur ? Non.
Celles de l’ univers onirique d’une petite fille au bord d’un ruisseau,
au milieu des bouleaux qui tressait des couronnes de fleurs ? Non.
Celles d’un brouillard glacé dans un hiver interminable qui se prolonge
une vie durant ? Non.
La vie traîne ses pieds ; les marques sur le chemin se glissent
dans un coin de l’ âme, fissurent ce qu’on croyait avoir déposé et drapé dans un respect infini. Le soupir revient, virevolte et se pose
à son tour, sur la peau d’un cœur qui
frappe de plus en plus fort comme une main qui secoue la porte au petit matin.
Résonance, caisse de résonance…Hurlement.
La trace se transforme en passage vers un coin de terre où enfin ils
reposent.
L'intégralité de la chronique d'Arlette Shleifer
Les commentaires récents