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La nuit de San Matteo: Un monde obscur et rude par Okuba Kentaro

Ok Un jour, bien plus tard, quand on cherchera dans les mémoires collectives, sinon dans les ouvrages d’érudition. Hein ? Qu’est-ce que je dis ? De toutes façons, tel que c’est parti il n’y aura plus jamais d’érudition. Juste des petits gars boutonneux spécialistes des jeux vidéos et des patches de survie.

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Libri aperti : et qui on est nous ? par Okuba Kentaro

Jeanpaul_et_ugo

Moins rapide que le Libecciu dans le Cap corse, mais plus prompt que la blonde  Marie Hélène Ferrari, Okuba Kentaro livre  sa version de  son voyage au bout de la route, à Barrettali, le 11 août dernier. Savoureux, le samouraï de la West Coast...

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Imre Kertrész, Philip K. Dick et Don Delillo par Okuba Kentaro

Kerteszdr Roman policier
Fondement de la terreur

« - Bien sûr, bien sûr. Sauf que… comment dirais-je… bref, à vrai dire je pensais que nous étions ici au service de la loi.
- Nous sommes au service du pouvoir, mon garçon, a rectifié Diaz. »

Il y a des thrillers, il y a des polars, il y a des séries noires. Roman policier se tient paradoxalement au-delà de ces genres et à leur origine la plus profonde. Il est l’expression d’un homme qui a connu Auschwitz et qui sait plus que tout autre, que l’on ne peut plus penser après ce point de rupture de l’histoire.
Après Auschwitz, on ne peut que s’égarer dans la froide passion de la logique, dans la course inutile et hallucinante de la maîtrise intellectuelle des êtres et des choses. La logique est la chose au monde la mieux partagée ; la logique est ce qui rend signifiant la pratique la plus irréaliste ; la logique est ce qui apporte un contrefort de certitudes aux options déviantes. Concevez le monde de manière logique et vous voudrez le changer pour une fin meilleure. Esthétique, performante, efficace, évaluable, logique donc.
La logique est essentiellement la pensée du bourreau. Seule la force absolue de l’abstraction et sa perfection inutile arrachent l’homme à ses pseudos sentiments, à ses illusions d’altruisme. La logique est le fondement du solipsisme, et partant celui de toute terreur implacablement exercée.
Dans un texte récent, Maurizio Matrone revendiquait pour tout policier le droit d’être révolutionnaire et anarchiste. Il serait celui qui, au service du pouvoir, saurait ne pas lui être inféodé. Kertész, sans obligatoirement annuler un tel rêve, le soumet à l’épreuve fatale de la réalité totalitaire. Dans un état sud-américain anonyme, car il importe toujours au romancier de prétendre parler d’un ailleurs, Kertész démonte avec minutie le parcours de dressage qui conduit un homme en armes à une bête sans cœur. Comble du raffinement, la folie y est vue à travers les yeux de celui-là même, l’inspecteur Antonio Martens, qui a pour mission de la combattre. Le piège de l’antihumanisme se referme automatiquement. Car la perdition des sentiments humains n’est que le résultat de la mise en œuvre réfléchie de la technique.
D’une certaine manière, Roman policier est la mise en  abîme du chef d’œuvre de Robert Merle, La mort est mon métier, une descente au cœur de la pensée d’un autre logicien, d’un pur technicien, commandant d’un camp de concentration, obsédé par ses objectifs de production de masse. Mais tandis que l’auteur français entrebâillait la porte sur l’obscurité palpable d’une conscience détachée de tout sentiment de culpabilité, Imre Kertész décrit un logicien qui renoue les fils avec son humanité et qui ne parvient pas à sortir du labyrinthe de la tragédie, Kertész parle d’un étranger, au sens camusien du terme, d’un être muré dans la contemplation hébétée de son insignifiance.

Imre Kertrész, Roman policier, traduction de Natalia Zaremba-Huzsvai et Charles Zaremba, Actes Sud, 2006

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Tagada, souvenirs, fusion et horreur par Okuba Kentaro

OknegDans les livraisons d' Okuba Kentaro, le pot-pourri des  meilleurs moments de lecture de ces dernières années,  . C’est fou, comme il dit, comme la Corse peut agir en profondeur sur l’hyperactivisme nippon...

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Bien plus qu’un coup de fouet par Okuba Kentaro

Paulcartadr Sur l’échiquier des étoiles
Impressionnant

Ne vous laissez pas impressionner défavorablement par la présentation. Même s’il y a de quoi. Malgré son format imposant, j’ai plongé dans le livre de Paul Carta avec l’étonnement  et le ravissement d’un vieillard précautionneux dans un bain public peuplé de jeunes filles nues et rebondies. Bien plus qu’un coup de fouet revigorant, aux effets souvent temporaires (combien de bouquins aux premières pages étourdissantes et qui s’enlisent lamentablement), Sous l’échiquier des Etoiles a été un véritable plaisir de lecture, un retour aux sources du véritable roman d’aventures et d’action. En 2082, Eric Delonges, grand maître international d’échecs, est réveillé de la cryogénisation dans laquelle il s’était réfugié, quelques quatre-vingts ans plus tôt, à la suite du deuil accidentel de sa femme et de sa petite fille. Il a été rappelé à la vie sur l’ordre de  l’ONU, cette organisation, si fragile et peu écoutée à son époque, devenue depuis la force politique mondiale. En raison d’un toute petite nouveauté diplomatique :la Terre a été intégrée, un peu contre son gré, à la Confédération
galactique, une alliance culturelle, technique et commerciale qui rassemble 31 races extra-terrestres. La Terre, n’ayant pas prouvé son niveau de technologie en matière de déplacement planétaire, est acceptée à titre  provisoire, et plusieurs des autres races lorgnent sur cette planète peuplée de petits animaux. L’Onu se propose de renverser l’image négative des humains en gagnant le premier tournoi d’échec intergalactique. Un véritable programme de réanimation et d’entraînement a donc été monté pour Eric, afin de réactiver ses capacités de compétiteur. Pourra-t-il se motiver suffisamment pour cet objectif ? Carta a le don des histoires, le sens du suspense, le génie des personnages. Et puis il manie avec aisance le langage scientifique, notamment celui de la psychothérapie comportementale, pour rendre plausible l’épisode important du retour d’Eric à la réalité contemporaine : l’auteur est capable de faire ressentir, presque physiquement, les nouvelles données perceptibles et les nouveaux concepts de ce monde futur. Il a même la prétention de rendre l’intrigue de plus en plus palpitante, et ce en commentant des parties d’échec, en faisant pénétrer le lecteur dans les arcanes de ce combat virtuel, pour lui communiquer le sens de la stratégie et le goût de la victoire.Pour tous ceux qui croient que le pat est le terme générique pour les spaghettis, ce sera donc une grande révélation. Surtout, Carta ne se contente pas de faire comprendre le jeu de l’intérieur, il explique également la psychologie particulière des grands maîtres, leurs faiblesses, leurs tics de personnalité. Il présente ici un champion particulièrement humain, couvert de blessures, refusant de les avouer, un homme meurtri qui doute toujours du sens de son existence. Or, ce championnat qui lui apparaissait comme si étrange et détaché de ses préoccupations profondes va devenir l’axe même de sa reconstruction personnelle. Sur un certain point, ce très grand livre de Carta produit les mêmes effets sur son lecteur : il le rend plus intelligent et ouvert aux autres. Ce n’est pas donné à tout le monde d’avoir un tel talent. A recommander vivement.

Paul Carta,  L’échiquier des étoiles. Gens una sumus l’intégrale, Melis édition, 2006, 24.9 €

Les bons coups de Tonton Ok par Okuba Kentaro

Ok Comme je participe à grand peine à Corsicapolar (c’est fou comme la Corse peut agir en profondeur sur l’hyperactivisme nippon), j’ai concocté à votre attention, subtils lecteurs, un pot-pourri, comme vous dîtes si joliment, de mes meilleurs moments de lecture de ces dernières années. Vous découvrirez ici des textes assez inattendus côtoyant des poids-lourds de la catégorie. Dans tous les cas, si vous avez la veine perverse du lecteur de fond, vous serez agréablement payé en retour de vos investissements.
Bon, vous me faîtes un résumé pour la semaine prochaine, et je déciderai ensuite si je vous octroie l'honneur de continuer à me lire. Noirement...

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