Avec tous les soucis que
vous avez en ce moment – fruits plus chers que la viande, vos propres
enfants qui vendent des barrettes de shit pour vous payer vos vacances au
camping de La Molle Vague Mazoutée, vos RTT qui ont fait bye bye – je me doute qu’il vous faut un remontant
ad hoc, un truc capable de vous émoustiller le regard comme un cocker devant
une poubelle toute fraîche du mois.
Et bien je l’ai
cette nouvelle ahurissante propre à vous sortir de votre coma azuréen, ce
spleen de la plage qui plonge le vacancier rouge coquelicot dans la
consternation la plus décatie en découvrant sa peau carbonisée et son chéquier
itou.
Tenez-vous bien, nous
sommes le seul pays au monde où l’on peut se marier avec un mort (ou une
morte) ! Il suffit pour cela de demander l’autorisation au
président. Si si ! Alors là, ça m’en a bouché un coin venant de chez
nous…
En France on vous
embête à n’en plus finir – c’est le terme – quand on a
décidé de mourir dans la dignité mais par contre, une fois de l’autre côté,
on vous marie sans vous demander votre consentement, voilà le genre d’injustice
propre à faire bondir les asticots dans le parc à os !
Remarquez, ce truc là,
ouvre des perspectives parfaitement réjouissantes à l’écrivain ou au
metteur en scène : pensez, une seule cérémonie et le tout orchestré en
grande pompe funèbre, pas de robe pour la mariée, mais à la place un superbe
cercueil laqué noir comme un Steinway, lequel fera bien plus d’usage
qu’un stupide morceau de tissu. Et ensuite la romantique lune de miel dans
un cimetière près de Verdun, les témoins/revenants qui s’acharnent à
enlever la jarretière et arrachent la jambe de la mariée, la scène
d’amour mortifère sur le caveau, bref tout ça est à creuser…
Bon, dommage Michael
Jackson a déjà popularisé le genre et on ne fera pas trois ventes avec un
produit périmé… Il faut envisager autre chose… Pourquoi ne pas
essayer de faire de l’argent avec cette immoralité ? Si on peut se
marier avec une morte, tous les célibataires de ce pays devraient envisager une
union avec la défunte célibataire la plus célèbre du 20ème siècle : Diana. Vous vous voyez en beau
père du prince Edwards ? La classe ! Westminster, la Reine qui
envisage déjà de changer l’Habeas corpus afin qu’une morte puisse
divorcer d’un vivant puis la cérémonie de mariage, le canon de Pachelbel
et les autres, les vrais… Ensuite vous deviendrez le prince qu’on
sort en ville, le nec plus ultra de la décadence urbaine, enfoncé le père Max Mosley, le gentil président de la FIA surpris dans une orgie
sadomasochiste lors de laquelle il se faisait so…
euh brutaliser par cinq prostituées costumées en soldats allemands. Imaginez un
peu votre arrivée à Buckingham palace en Ferrari rouge 599 GTB Fiorano suivi de la Mercedes reconstituée du pont de
l’Alma…
Il reste toutefois une
catégorie de morts sur laquelle notre majesté Nicolas pourrait se pencher, je
veux parler de la terrible congrégation des morts politiques qu’il a
largement contribué à créer. Est-ce qu’on ne pourrait pas marier le Modem
et le PS ? Qui sait, un enfançon pourrait naître et qu’elle surprise
si celui-là était vraiment de gauche !





Il est moooooort
Il est moooort le soleil! ^^
Oups... Je sors...
==================>>>
Rédigé par: Christelle | 18 août 2008 at 13:53
Pour la scène d’amour et les fiançailles post-mortem, avant Michael Jackson, il y a eu Théophile Gauthier…
Extrait du texte « La morte amoureuse » ( 1836)
[…/…]
La nuit s’avançait, et, sentant approcher le moment de la séparation éternelle, je ne pus me refuser cette triste et suprême douceur de déposer un baiser sur les lèvres mortes de celle qui avait eu tout mon amour.
Ô prodige! un léger souffle se mêla à mon souffle, et la bouche de Clarimonde répondit à la pression de la mienne : ses yeux s’ouvrirent et reprirent un peu d’éclat, elle fit un soupir, et, décroisant ses bras, elle les passa derrière mon cou avec un air de ravissement ineffable. « Ah ! c’est toi, Romuald, dit-elle d’une voix languissante et douce comme les dernières vibrations d’une harpe ; que fais-tu donc ?
Je t’ai attendu si longtemps, que je suis morte; mais maintenant nous sommes fiancés, je pourrai te voir et aller chez toi. Adieu, Romuald, adieu! je t’aime; c’est tout ce que je voulais te dire, et je te rends la vie que tu as rappelée sur moi une minute avec ton baiser; à bientôt.»
Sa tête retomba en arrière, mais elle m’entourait toujours de ses bras comme pour me retenir. Un tourbillon de vent furieux défonça la fenêtre et entra dans la chambre ; la dernière feuille de la rose blanche palpita quelque temps comme une aile au bout de la tige, puis elle se détacha et s’envola par la croisée ouverte, emportant avec elle l’âme de Clarimonde. La lampe s’éteignit et je tombai évanoui sur le sein de la belle morte.
Quand je revins à moi, j’étais couché sur mon lit, dans ma petite chambre du presbytère, et le vieux chien de l’ancien curé léchait ma main allongée hors de la couverture. Barbara s’agitait dans la chambre avec un tremblement sénile, ouvrant et fermant des tiroirs, ou remuant des poudres dans des verres. En me voyant ouvrir les yeux, la vieille poussa un cri de joie, le chien jappa et frétilla de la queue; mais j’étais si faible, que je ne pus prononcer une seule parole ni faire aucun mouvement. J’ai su depuis que j’étais resté trois jours ainsi, ne donnant d’autre signe d’existence qu’une respiration presque insensible. Ces trois jours ne comptent pas dans ma vie, et je ne sais où mon esprit était allé pendant tout ce temps; je n’en ai gardé aucun souvenir. Barbara m’a conté que le même homme au teint cuivré, qui m’était venu chercher pendant la nuit, m’avait ramené le matin dans une litière fermée et s’en était retourné aussitôt. Dès que je pus rappeler mes idées, je repassai en moi-même toutes les circonstances de cette nuit fatale. D’abord je pensai que j’avais été le jouet d’une illusion magique; mais des circonstances réelles et palpables détruisirent bientôt cette supposition. Je ne pouvais croire que j’avais rêvé, puisque Barbara avait vu comme moi l’homme aux deux chevaux noirs et qu’elle en décrivait l’ajustement et la tournure avec exactitude. Cependant personne ne connaissait dans les environs un château auquel s’appliquât la description du château où j’avais retrouvé Clarimonde.
[…/…]
« La grande courtisane Clarimonde est morte dernièrement, à la suite d’une orgie qui a duré huit jours et huit nuits. Ç’a été quelque chose d’infernalement splendide. On a renouvelé là les abominations des festins de Balthazar et de Cléopâtre. Dans quel siècle vivons-nous, bon Dieu !…
[…/…]
Après avoir porté la lumière de la lanterne sourde sur les inscriptions de plusieurs tombeaux, nous arrivâmes enfin à une pierre à moitié cachée par les grandes herbes et dévorée de mousses et de plantes parasites, où nous déchiffrâmes ce commencement d’inscription :
Ici gît Clarimonde
Qui fut de son vivant
La plus belle du monde.
[…/…]
Pour lire tout le récit aller à l’adresse ci-dessous :
http://72.30.186.56/search/cache?ei=UTF-8&p=amour+d%27une+morte+po%C3%A8me&rd=r1&fr=yfp-t-501&u=fr.wikisource.org/wiki/La_Morte_amoureuse&w=amour+d%27une+morte+mortes+poeme+poemes&d=ARjmZBg5RJdL&icp=1&.intl=fr
Rédigé par: Frère Romuald | 16 août 2008 at 16:50
Denis a raison et je suis bien placée pour le savoir... Les hommes préfèrent les mortes mais pas n'importe lesquelles. Ils choisissent souvent les mortes Adèles. Je suis très morfondue que Denis n'en ait pas fait mention.
Est-ce intentionnel? S'agit-il de régime? Préfère-t-il les mort'fines? Shit!... Heu! Chut! Il faut dire qu'il se shoote au Coca ligth... D'aucuns affirment que, au temps où il pédalait encore, il était dopé à l'extrait de cacahouète en suppo.
La morte Adèle lui donne une mornifle pour son oubli . Elle ne se gène pas pour morigéner ce mort moniste qui n'est pas sensible à son parfum de la myrte.
Rédigé par: Morte Adèle | 16 août 2008 at 10:28