Quand vous êtes un peu
observateur, c’est toujours une expérience captivante de se retrouver au milieu
des auteurs, on a l’impression d’étudier diverses peuplades sorties ipso facto
d’une évolution parallèle à l’humanité ordinaire.
L’auteur de l’Olympe et l’auteur bouseux
Aujourd’hui nous
étudierons l’auteur de l’Olympe et les ignobles auteurs bouseux, à ces derniers
nous consacrerons très peu, en effet ces gens-là sont des êtres infamants qui déshonorent
la littérature…
L’auteur de l’Olympe
fait pratiquement les mêmes choses que les autres humains. Entre deux
dédicaces, il mange et il baise, à ceci près qu'il se regarde dans la glace en
faisant crac-crac en s’imaginant à Stockholm recevant
le prix Nobel de Littérature. Je ne saurais affirmer avec certitude que les
spermatozoïdes ou les ovules des auteurs de l’Olympe sont supérieurs aux
autres, ils se reproduisent pourtant plus vite que les autres. La preuve ?
À chaque salon du livre, ils sont plus nombreux.
L’auteur de l’Olympe ignore
l’art de l’inexprimé, en effet il affirme toujours haut et fort que ses écrits
sont les meilleurs, la supposition qu’il n’en soit pas ainsi ne rentre pas dans
les probabilités des circuits de son activité neurologique. L’auteur de
l’Olympe ignore le doute, ainsi il prévient d'abord sa victime, souvent une
femme (qu’il vient d’accrocher du regard et qu’il ne lâchera pas avant d’avoir
fourgué son dernier chef d’œuvre) de l’inutilité de se défendre :
– Vous savez que je
vais vous vendre un livre, voilà le meilleur roman de toute cette assemblée, il
vous le faut, repartir sans serait une grave erreur !
Après quoi il assomme
sa proie à coup d’arguments massues alignant les salves tels les panzers en
juin 40 puis il attend que l’infortunée martyre l’applaudisse en sortant son
portefeuille.
À la fin de la séance
de dédicaces, si vous demandez à l’auteur de l’Olympe s’il est content de lui,
il vous rira au nez en déclarant :
– Y a que des connards
ici, que des fauchés, la semaine dernière à Veston-sur-Mesure
dans le 78, j’en ai vendu 106 en deux heures ! on
ne m’y reprendra plus !
L’auteur type de
l’Olympe, le mètre étalon du genre, habite Paris, il fume comme Gainsbourg, il
joue le dandy trash. Parcours : Khâgne,
Hypokhâgne plus grosse tête enflée et surtout relation tous azimuts dans le
marigot parisien. Il arrive parfois que l’auteur génial de l’Olympe doive
s’asseoir à côté d’un bouseux de province, par exemple d’un type bien sous tout
rapport, mais qui n’a pas eu la chance de naître à Paris dans l’Olympe de la
littérature. L’auteur s’offusque qu’on le place à côté d’un paysan, ne répond
pas à son bonjour enjoué, lui tourne la tête durant toute la dédicace, c’est à
dire 5 heures en tout alors qu’il se trouve seulement à 30 cms
de celui-ci. Il faut dire que l’auteur de province, surtout le
Marseillais/Corse, se néglige, oubliant de changer ses bottes pleines de
bouses, il s’exprime en employant des mots biscornus et cela avec un accent immonde
du sud.
De toute façon, il faut
lutter contre la propension des provinciaux à vouloir devenir auteur, il n’y a
rien à y objecter, les grosses maisons d’édition sont à Paris, les vrais
auteurs aussi et d’ailleurs ils ne se fréquentent qu’entre eux, pourquoi alors laisser
le droit aux bouseux d’écrire ?





Pourquoi nous avoir dissimulé si longtemps la vérité sur l'Odyssée littéraire et sur les habitants de l'Olympe? Pourquoi ne pas nous avoir révélé la vraie nature d'Homère le jacobin, aède de parade et journaliste alcoolique?
Ulysse Blémont-Cerli rompt l’homerta. Voici enfin des révélations incontestables (et courageuses) sur le vrai déroulement du voyage d’Ulysse Blemont-Cerli dans les salons littéraires après que la rancune des Dieux le renvoya dans l'espace de la Méditerranée. L'auteur a reconstitué les événements avec minutie.
Ulysse Blemont-Cerli, abandonné tout l’été sur une plage méditerranéenne, époque heureuse pour la majorité des Français, douloureuse pour le mari de Pénélope, persécuté par le patron de l'Atlantide littéraire. Athéna, heureusement, veille sur lui, mais aussi Marius, enfant du pays, qui lui accorde son amitié.
Rédigé par: Marius Aïoli | 26 août 2008 at 11:45