La fichue habitude de Paul Milleliri de se raconter des histoires
L'interview du mois publié sur le site des éditions Albiana est consacrée à l'écrivain Paul Milleliri. L'auteur de Malmaison, Le grain de sable, Les oubliés de l'Empire et Pauline B livre avec un bel et méchant humour clinique quelques confidences sur les histoires qu'il a la fichue habitude de se raconter. L'écriture ? Si l'on en croit Paul Milleliri: un tic peut être...une façon d'utiliser les mots pour oublier d'autres maux... A découvrir.





J’ai lu l’interview de Paul Milleliri. Quel pessimisme au premier abord !… mais aussi quel humanisme derrière son humour, sa modestie et sa pudeur !
Nous conseillons à ceux qui ne l’ont pas encore lu son roman « Malmaison » dont l’action se déroule au XIXème siècle. Pour vous en convaincre sans déflorer le sujet, nous vous livrons deux courts passages du premier chapitre :
« Mai 1821. La vie fait la lie de nos rêves et le lit de nos cauchemars. J’ai rêvé l’autre nuit que je revenais à Malmaison. Au matin, je me suis éveillée, moite d’une sueur aigrelette, la bouche sèche ; avec au cœur le sentiment d’un bonheur aussi malsain qu’étrange et à l’esprit, revenus du tréfonds de moi-même, des souvenirs que je croyais y avoir enfoui à jamais… »
Poursuivons notre lecture en allant vers la dernière partie de ce premier chapitre...
« Pourquoi alors m’en venir rabouiller le passé ? Pourquoi rouvrir de vieilles blessures ? Fouiller des plaies pour en extraire un plomb qui s’accordait à vivre en paix avec des chairs meurtries ? Je ne sais. Mais j’ai pris le partie de conter cette histoire. Assurément il y a chez moi une part de déraison qui ne décroît pas avec l’âge... Comme un épi rebelle, un poil follet… Souvent, hélas, l’esprit n’a pas de cœur et le cœur n’a pas d’esprit... Et ce constat, je ne suis pas loin de penser que ces traits soient communs à tous les êtres humains… »
A vous d’ouvrir la boîte à malice!...
En vous souvenant que "malice" ,dans son sens fort, signifie l'aptitude et l'inclination à faire le mal. Vous y entendrez d'étranges hurlements et y rencontrerez Bonaparte, Joséphine, le sinistre Fouchet et d'autres.
Comment choisir un roman chez un libraire ? On lit la 4ème page de couverture et on feuillette le début… C’est ce que j’ai fait avant de l’acheter et je n’ai pas été déçu. Malmaison est dans la lignée des excellents thrillers historiques comme "Le Parfum" de Suskind, "Le Club Dumas, ou, L'ombre de Richelieu" ou "Le tableau du Maître flamand" de Arturo Pérez-Reverte… pour n’en citer que quelques uns.
Rédigé par: Jean-Paul | 13 avril 2008 at 19:53