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Du bon usage de la force publique par Ugo Pandolfi

2_1206709953_cascade2 Reinhart Treder, 66 ans et sa compagne Michaëla ont été expulsés manu militari des grottes où ils vivaient depuis 25 ans à Pianottoli-Caldarello dans le sud de la Corse, dans les environs de Bonifacio. Les faits se sont déroulés le 4 avril au petit matin.
Honteux, lamentables, affligeants, les faits  !
Depuis, après l'AFP, le quotidien Le Monde et d'autres médias diffusent la nouvelle: un couple de troglodytes allemands...
Avec un tel titre, l'information devient presque rassurante et le recours à la force publique peut être justifiable. Pensez donc !

2_1206709873_presseplage2 Troglodytes, c'est une espèce sournoisement  dangereuse. Et en plus, y sont allemands. C'est pas tout: ils rejettent le progrès, s'éclairent à la bougie souligne le quotidien Le Monde qui n'a pas peur du poids des mots. Des bêtes en somme !
Un titre dans Le Post rétablit  la triste  réalité:  un couple de troglodytes (humains)...
A croire que ceux qui décident de l'emploi de la force publique ne comprennent rien aux efforts de l'Agence du Tourisme de la Corse: en 2008, la Corse est une réserve naturelle de vacances avec  2500 faces sur tout le territoire national durant le mois de mai. (sic)
L’Allemagne, second marché étranger pour la Corse, génère chaque année environ 130 000 visiteurs assure le portail officiel du tourisme en Corse quand il évoque  les gisements de touristes allemands pour la Corse.

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Voici les sites qui parlent de Du bon usage de la force publique par Ugo Pandolfi:

Commentaires

On ne parle bien que de ce qu'on connaît, le pathos est aisé, la vérité raide. Par pudeur quelque fois il vaut mieux se taire.(....)
Rousseau est moins romantique quand une enfant de onze ans vit dans les bois dans un abri de planche. J'en reste là. Manifestement dans les histoires, on n'aime qu'une version. Avant de parler, cessez de colporter de vagues rumeurs, il y avait un propriétaire, avec une maison sur ce terrain, et vingt ans de conflit, il y a aussi des services sociaux qui n'ont rien pu faire, stop. "Services aux voisins", qu'on arrête. La loi est la loi. Pour vous, pour moi, et des enfants ont souffert sur ce terrain là. La honte est de parler de ce qu'on ne connaît pas.

NDLR: L'article auquel répond l'auteur de ce commentaire qui souhaite garder l'anonymat, ne colporte pas de rumeurs. Il commente simplement et librement des faits. Les extraits de ce commentaire que nous publions après modération, les éclairent autrement.

J'ai trouvé un message sur le sujet dans le forum de la Maison de la Corse (Paris). C'est une prénommée Marie qui écrit:

Un couple de troglodytes allemands qui vivait en autarcie depuis 25 ans dans des grottes du sud de la Corse, a été expulsé pour permettre à la propriétaire du terrain de récupérer son bien, actuellement inconstructible.

La menace d'expulsion qui pesait depuis des mois sur Reinhart Treder, 66 ans et sa compagne Michaëla, installés à Pianottoli-Caldarel lo, à une quinzaine de km de Bonifacio, avait été amplement médiatisée en Allemagne et en Corse.

Depuis son installation dans l'île, ce couple d'un autre temps et hors du monde, résolument hostile au progrès, refuse les machines et vit comme au XIXe siècle: pas de commodités, pas de télévision ni d'électricité. La lumière est fournie par des lampes à pétrole et des bougies qu'il fabrique.

"Vendredi à O6h30 les gendarmes sont arrivés avec un huissier et des amis de la propriétaire équipés d'un bulldozer et de masses; ils nous ont laissé un peu de temps pour prendre quelques affaires et ont tout détruit", raconte Reinhart à l'AFP.

"Je ne comprends rien à cette femme, elle dit que son terrain est nu et elle fait détruire les cabanes que nous avions montées; je ne comprends pas non plus pourquoi les gendarmes ont protégé les destructeurs, laissé faire ce vandalisme mais interdit à nos amis et à la presse de pénétrer sur le terrain", ajoute-t-il.

Le sol est jonché d'éclats de verre. Tout ce que les deux troglodytes n'ont pas pu prendre ou ont oublié: baignoire, guitares... a été consciencieusement écrasé à la masse afin, visiblement, que rien ne puisse être récupéré.

Bertrand D'Ortoli, un avocat qui tente de les aider s'étonne: "j'avais déposé un recours devant un juge de Sartène; j'en avais informé le sous-préfet par téléphone et par voie d'huissier; il m'avait affirmé ne pas vouloir +pousser les feux+ et voilà que sans attendre la décision du juge, il ordonne l'expulsion" .

"Tout cela s'est fait dans une extrême brutalité, avec une main de fer, contre de pauvres gens alors que la justice fait preuve de beaucoup plus de mansuétude quand il s'agit de gens fortunés", ajoute-t-il en annonçant le dépôt d'un "recours indemnitaire" en faveur des deux expulsés.

Reinhart Treder est arrivé à Pianottoli-Caldarel lo en novembre 1982. Il dort quelques temps dans des ruines avant d'être pris en sympathie par un paysan, Simon, qui le laisse s'installer sur un de ses terrains, une colline parsemée de grottes et d'abris formées par de gros rochers.

Avec sa compagne, il débroussaille le maquis, plante, cultive, élève quelques animaux et fait du troc avec ses voisins auxquels il donne un coup de main pour les récoltes et les gros travaux.

A la mort du propriétaire auquel il verse un petit loyer, les héritiers décident de les laisser tranquilles, avant de tenter de les chasser.

Leur bail verbal est ignoré des juges. Ils sont condamnés par toutes les instances mais, persuadés de leur bon droit, ils ne songent pas à contester les jugements.

Dépourvus de tout, ils n'ont rien pour vivre. La Mutualité sociale agricole a refusé de les affilier jugeant leur exploitation trop petite et les services sociaux leur refusent le RMI au motif qu'ils sont agriculteurs.

"Je retournerai sur cette colline, je n'ai nulle part d'autre où aller", affirme Reinhart qui campe depuis vendredi sur la parcelle de terre d'un ami.

"Pourquoi un tel acharnement, ce terrain est situé dans le couloir d'atterrissage de l'aéroport de Figari, il est en principe définitivement inconstructible" , s'interroge Me D'Ortoli.

la leçon de terminologie était brillante et les subtilités de la philosophie plaisantes (de nature à relativiser la détresse humaine), mais ce n'est pas précisémenbt ce qu'éveille en moi une telle nouvelle. Pleine de zones d'ombre j'en conviens mais pas très réjouissante pour ceux qui en sont victimes. Ravi en tous cas que l'adversité envers les plus démunis puisse inpirer des élans littéraires dignes d'un sujet du bac. Reste à savoir si cette expulsion musclée est digne de l'hospitalité corse...
Laquelle est pourtant bien réelle. Pour combien de temps encore ?

Troglodyte vient du latin troglodyta, lui-même du grec ancien τρωγλοδύτης, de τρώγλη : « caverne », et δύειη : « pénétrer dans », « plonger »...

Troglophile désigne l'attrait non exclusif pour l'habitat troglodytique

Troglobie désigne un mode de vie exclusivement troglodytique

Trogloxène désigne une occupation troglodytique occasionnelle, principalement à des fins de refuge temporaire.

Donc, pour nos troglodytes humains allemands, il s’agit de troglobie : un mode de vie que l’on trouve dans la fiction du règne platonique des idées autonomes.

A travers le message de soutien, il reste des zones d’ombres. Pour quelle raison sont-ils expulsés ? Sur quelle base juridique ? Qui est le demandeur ? La demande est-elle légitime ou s’agit-il d’un abus du droit? Faut-il supprimer l’expulsion en elle-même ?…

Alors dans le rôle de Glaucon, j’interroge Platon sur le mythe de la caverne et à la fin il me dit :

Platon :

…dans le monde intelligible, l'idée du bien est perçue la dernière et avec peine, mais on ne la peut percevoir sans conclure qu'elle est la cause de tout ce qu'il y a de droit et de beau en toutes choses; qu'elle a, dans le monde visible, engendré la lumière et le souverain de la lumière; que dans le monde intelligible, c'est elle-même qui est souveraine et dispense la vérité et l'intelligence; et qu'il faut la voir pour se conduire avec sagesse dans la vie privée et dans la vie publique.


Glaucon :

Je partage ton opinion, autant que je le puis.

Platon :

Eh bien ! partage là encore sur ce point, et ne t'étonne pas que ceux qui se sont élevés à ces hauteurs ne veuillent plus s'occuper des affaires humaines, et que leurs âmes aspirent sans cesse à demeurer là-haut. Mais quoi, penses-tu qu'il soit étonnant qu'un homme qui passe des contemplations divines aux misérables choses humaines ait mauvaise grâce et paraisse tout à fait ridicule, lorsque, ayant encore la vue troublée et n'étant pas suffisamment accoutumé aux ténèbres environnantes, il est obligé d'entrer en dispute, devant les tribunaux ou ailleurs, sur des ombres de justice ou sur les images qui projettent ces ombres, et de combattre les interprétations qu'en donnent ceux qui n'ont jamais vu la justice elle-même......


Ils dérangeaient qui, ces miséreux ?

Je connais des ermites qui vivent aux fins fonds des Pyrennées, dans une vallée à l'ubac (là où le soleil pointe à peine le bout de son nez), ils ne sont pas chez eux car ils n'ont pas un flèche mais jusqu'à présent personne leur a cherché des poux.

Et quand ce sont des Omar Bongo qui bétonnent les côtes, ou des Mylène Farmer qui se réservent les meilleurs coins, on fait quoi ?
On leur envoie les gorilles ???

Avec toutes cette arrogance, ces convoitises, jalousies, et autres mesquineries, c'est l'hospitalité corse qui en prend un coup.
Une honte !!!

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